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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 05:20

 

 

 

Chez moi

Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son oeil brille
Quand Papa le peint en blanc.

Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or,
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

Chez moi, dit le petit garçon
Vit un empereur chinois.
Il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

Iroquois! dit la petite fille.
Tu veux te moquer de moi.
Si je trouve mon aiguille,
Je vais te piquer le doigt!

              


René de Obaldia

 

Innocentines, Poèmes pour enfants et quelques adultes.

 

 

 


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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 05:33

2844774magritte.jpg

René Magritte 

Dessin d'une femme qui fait une balade à cheval dans la forêt !

 


 

Nous avons déjà donné plusieurs poèmes tirés des Innocentines.

Voici de courts extraits notés, repris dans un entretien que de Obaldia donna à François Busnel en 2008.

 

R.de Obaldia : La littérature rime avec aventure. Il faut qu’écrire soit une nécessité. Les surréalistes posaient la question : « Pourquoi écrivez-vous ? » C’était une grande question. On peut renverser la question et demander : « Pourquoi n’écrivez-vous pas ? » C’est encore autre chose... À  la question « Pourquoi écrivez-vous ? », certains affirmaient : « J’écris pour être riche, pour être célèbre. » François Mauriac répondait à peu près : « J’écris pour emmerder ma famille. » André Breton déclarait : « J’écris pour faire des rencontres. » Je prends cette formule à mon compte. Borges disait : « J’écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps. » C’est superbe, ça ! J’ai écrit pour communiquer, pour dire des choses sans penser que je pourrais avoir de l’argent, parce que c’était naturel chez moi, parce que c’était une nécessité.

 

F.Busnel : Lorsque, en des temps sans doute plus durs que d’autres, vous avez été fait prisonnier de guerre et que vous avez passé quatre ans au stalag, vous avez écrit les Innocentines. Mais il s’agit de pièces très gaies, pas du tout tragiques. Dans la littérature des camps, c’est assez inédit...

R.de Obaldia  C’était un camp de discipline en Pologne. Je n’avais rien pour écrire. C’était en 1942, un moment de barbarie totale. J’avais besoin de revenir à une certaine virginité, à une certaine innocence. C’est pour cela que j’ai eu l’idée d’écrire ce premier poème pour enfants, Innocentines, sur des sacs d’engrais. Face à la sauvagerie, aux abominations, j’ai voulu revenir à une source même de la vie, de l’émerveillement, de l’étonnement, de l’innocence. Vous vous demandez pourquoi je n’ai pas écrit quelque chose de tragique ? C’était un besoin qu’on ne peut pas expliquer.

 

 



 

Dans sa dernière émission télévisée de la saison, le 27 mai 2010, François Busnel (La Grande Librairie) avait réuni sur la scène du Théâtre du Rond-Point de nombreux comédiens qui lurent des textes de leurs choix. De Obaldia était présent et lut Coq au vin, que voici in extenso :

 

 

Coq au vin

 

Au cours d’un grand dîner, la marquise, sans cause apparente, rendit son coq au vin sur le plastron de l’ambassadeur. L’assemblée voulut ne rien remarquer : elle était composée de nombreux diplomates.


Jusqu’ici, la marquise, jeune et singulièrement troublante, abreuvait de joie l’ambassadeur. Comment ce dernier aurait-il soupçonné que d’une bouche aussi divine, d’une telle voix de cristal, pussent jaillir des quartiers de coq, arrosés de ce liquide violet et généreux ?


Cela va attirer des complications avec la Russie, pensa le Turc qui faisait face à la marquise. Et, de satisfaction, il lissa sa fine moustache. L’Angleterre, voisin de la beauté et heureux pendant de l’ambassadeur, ramena son genou à bâbord. Son désir de coloniser la marquise se trouva quelque peu refroidi. Wang-Wei-Tchou en profita pour soulever la question de l’Antarctique. Les points de vue échangés témoignèrent de l’intelligence des hommes d’Etat, ainsi que de leur amour réciproque pour les Esquimaux.


La France restera toujours fidèle à sa tradition chevaleresque, claironna le général Beauchamp de Bompierre de Prepucet. C’est à cet instant qu’une deuxième vague de coq au vin atteignit le Turc, un peu trop souriant, en pleine ceinture.


L’on craignit pour les Dardanelles. L’Amérique étala ses pieds sur la table. Un hobereau donna de la crête. Plus éthérée que jamais, la marquise souriait à tous et se jeta sur la glace à la vanille. L’Angleterre prit nettement le large. Tout de même, la paix fut sauvegardée dans le monde quelques mois encore.

 

René De Obaldia  

Les richesses naturelles


 

 Obaldia

René de Obaldia.

... 95 ans et l'oeil pétillant !

 


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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 05:53

 

 

 

à toutes les Marina    

 

 

 

     Chez moi

 

Chez moi, dit la petite fille

On élève un éléphant.

Le dimanche son œil brille

Quand papa le peint en blanc

 

Chez moi, dit le petit garçon

On élève une tortue.

Elle chante des chansons

En latin et en laitue.

 

Chez moi, dit la petite fille

Notre vaisselle est en or.

Quand on mange des lentilles

On croit manger un trésor.

 

Chez moi, dit le petit garçon

Nous avons une soupière

Qui vient tout droit de Soissons

Quand Clovis était notaire.

 

Chez moi, dit la petite fille

Ma grand-mère a cent mille ans.

Elle joue encore aux billes

Tout en se curant les dents.

 

Chez moi, dit le petit garçon

Mon grand-père a une barbe

Pleine pleine de pinsons

Qui empeste la rhubarbe.

 

Chez moi, dit la petite fille

Il y a trois cheminées

Et lorsque le feu pétille

On a chaud de trois côtés.

 

Chez moi, dit le petit garçon

Passe un train tous les minuits.

Au réveil mon caleçon

Est tout barbouillé de suie.

 

Chez moi, dit la petite fille

Le pape vient se confesser.

Il boit de la camomille

Une fois qu’on l’a fessé.

 

Chez moi, dit le petit garçon

Vit un Empereur chinois.

Il dort sur un paillasson

Aussi bien qu’un Iroquois.

 

Iroquois ! dit la petite fille

Tu veux te moquer de moi !

Si je trouve mon aiguille

Je vais te piquer le doigt !

 

Ce que c’est d’être une fille !

Répond le petit garçon.

Tu es bête comme une anguille

Bête comme un saucisson.

 

C’est moi qu’ai pris la Bastille

Quand t’étais dans les oignons.

Mais à une telle quille

Je n’en dirai pas plus long !

 

 

René de Obaldia

Innocentines

 

 

Le poème récité avec talent, fougue et ironie par Téa et Enzo,

élèves de l'école Charles Péguy à Hérouville.

 

 

 

 

 

 

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 05:53

 

 

Dimanche

 



Charlotte
fait de la compote

Bertrand
suce des harengs

Cunégonde
se teint en blonde

 

Epaminondas
cire ses godasses

Thérèse
souffle sur la braise

Léon
peint des potirons

Brigitte
s'agite, s'agite

Adhémar
dit qu'il en a marre

La pendule
fabrique des virgules

Et moi dans tout cha ?
Et moi dans tout cha ?

 

Moi, ze ne bouze pas
Sur ma langue z'ai un chat

 

 

René de Obaldia 

 

 

 

chat--regard.jpg

 

Moi, ze ne bouze pas
Sur ma langue z'ai un chat

 

 

*   *   *     

 

 

cat.jpg

 

Et moi dans tout cha ?
Et moi dans tout cha ?

 

Photo hardiment chapardée chez pjjp44 !

 


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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 08:07

 

 

 

Fantasmes de Demoiselles. Femmes faites

ou défaites cherchant l'âme soeur.

 

 

 

C’est un recueil de 51 annonces émises par des créatures féminines en quête d’une âme soeur est jubilatoire ! Fantasmes de Demoiselles est le dernier ouvrage publié par René de Obaldia (2006), prince de la fantaisie, auteur de pièces inclassables et délicieuses, comme Du Vent dans les branches de Sassafras ou Les Jumeaux étincelants, d'ouvrages comme Tamerlan des Cœurs... Et bien sûr Innocentines.

 Ce petit bijou de drôlerie et…de connaissance des femmes, porte pour sous-titre Femmes faites ou défaites cherchant l'âme sœur ; ce sont des petites annonces sous forme de madrigaux ou de poèmes hurluberlus et bien difficile sera celle qui n'y trouvera son grain à moudre.

 

 

Un extrait ci-dessous :

 

 


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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 08:05

 

 

Cherche un homme qui n'existe pas

 

Cherche un homme qui n'existe pas 

Beau 

Mais pas trop 

Doux et rude 

Paillard bien que prude 

Religieux et mécréant 

Peau de vache et bon enfant 

Fleurant le soufre et la lavande 

Végétarien aimant la viande. 

Voyageur et casanier 

Désinvolte et cavalier : 

A toutes les heures qui sonnent 

S'occupant de ma personne 

Aux grands, aux petits soins 

Surtout quand j'ai le rhume des foins 

Me procurant belle aisance 

Sans éprouver de repentance 

Point jaloux de mes soupirants 

Allons plus loin : de mes amants 

Tant il bénit mon existence! 

Faisant semblant d'être ailleurs 

Quand il m'attend chez le coiffeur 

M'amenant toujours au théâtre 

Quand c'est Antoine et Cléopâtre. 

Toujours chic, même débraillé 

Même complètement déshabillé 

Froid 

Comme Saint Eloi 

Chaud 

Quand il le faut. 

Prônant le pour et le contraire 

Trois mailles à l'endroit trois mailles à l'envers 

N'importe quoi pour me plaire. 

 

Bon. De ce pas 

Je vais aller me promener au bois 

Si quelquefois... quelquefois 

Je rencontre un homme qui n'existe pas.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 06:58

 

 

 

J'ai trempé mon doigt dans la confiture

turelure

Ca sentait les abeilles

Ca sentait les groseilles

Ca sentait le soleil

J'ai trempé mon doigt dans la confiture

Puis je l'ai sucé

Comme on suce les joues de bonne grand-maman

Qui n'a plus mal aux dents

Et qui parle de fées...

Puis je l'ai sucé

Sucé

Mais tellement sucé

Que je l'ai avalé.

 

René de Obaldia in  Les innocentines

 

 Obaldia.jpeg

 

obaldia.png 

 

 

L'atelier de René de Obaldia

Dimanche après-midi, sur France Inter, Vincent Josse rendait visite à René de Obaldia en son appartement parisien. Il sonne. Obaldia lui ouvre. Josse : - Vous fumez !... Obaldia : - Oui, je fume, je bois, je respire, je vis !...Mais écoutons donc l'émission. Elle dure une trentaine de minutes. Voici le lien :

  

http://www.franceinter.fr/emission-l-atelier-l-atelier-de-rene-de-obaldia

 

 


Après avoir rappelé que René de Obaldia a 93 ans...voici de courts extraits d'un entretien qu'il donna à François Busnel il y a quelques temps :

 

R.De Obaldia La littérature rime avec aventure. Il faut qu’écrire soit une nécessité. Les surréalistes posaient la question : « Pourquoi écrivez-vous ? » C’était une grande question. On peut renverser la question et demander : « Pourquoi n’écrivez-vous pas ? » C’est encore autre chose... À  la question « Pourquoi écrivez-vous ? », certains affirmaient : « J’écris pour être riche, pour être célèbre. » François Mauriac répondait à peu près : « J’écris pour emmerder ma famille. » André Breton déclarait : « J’écris pour faire des rencontres. » Je prends cette formule à mon compte. Borges disait : « J’écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps. » C’est superbe, ça ! J’ai écrit pour communiquer, pour dire des choses sans penser que je pourrais avoir de l’argent, parce que c’était naturel chez moi, parce que c’était une nécessité.

 

F.Busnel : Lorsque, en des temps sans doute plus durs que d’autres, vous avez été fait prisonnier de guerre et que vous avez passé quatre ans au stalag, vous avez écrit les Innocentines. Mais il s’agit de pièces très gaies, pas du tout tragiques. Dans la littérature des camps, c’est assez inédit...


R.De Obaldia  C’était un camp de discipline en Pologne. Je n’avais rien pour écrire. C’était en 1942, un moment de barbarie totale. J’avais besoin de revenir à une certaine virginité, à une certaine innocence. C’est pour cela que j’ai eu l’idée d’écrire ce premier poème pour enfants, Innocentines, sur des sacs d’engrais. Face à la sauvagerie, aux abominations, j’ai voulu revenir à une source même de la vie, de l’émerveillement, de l’étonnement, de l’innocence. Vous vous demandez pourquoi je n’ai pas écrit quelque chose de tragique ? C’était un besoin qu’on ne peut pas expliquer.

 

 

 


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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 23:53

Dimanche

Charlotte
fait de la compote

Bertrand
suce des harengs

Cunégonde
se teint en blonde

 

Epaminondas
cire ses godasses

Thérèse
souffle sur la braise

Léon
peint des potirons

Brigitte
s'agite, s'agite

Adhémar
dit qu'il en a marre

La pendule
fabrique des virgules

Et moi dans tout cha ?
Et moi dans tout cha ?

 

Moi, ze ne bouze pas
Sur ma langue z'ai un chat

René de Obaldia
 

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 16:33

2844774magritte.jpg

Illustration : René Magritte. Dessin d'une femme qui fait une balade à cheval dans la forêt !

 


 

Nous avons déjà donné plusieurs poèmes tirés des Innocentines.

Voici de courts extraits notés, repris dans un entretien que De Obaldia donna à François Busnel en 2008.

 

R.De Obaldia : La littérature rime avec aventure. Il faut qu’écrire soit une nécessité. Les surréalistes posaient la question : « Pourquoi écrivez-vous ? » C’était une grande question. On peut renverser la question et demander : « Pourquoi n’écrivez-vous pas ? » C’est encore autre chose... À  la question « Pourquoi écrivez-vous ? », certains affirmaient : « J’écris pour être riche, pour être célèbre. » François Mauriac répondait à peu près : « J’écris pour emmerder ma famille. » André Breton déclarait : « J’écris pour faire des rencontres. » Je prends cette formule à mon compte. Borges disait : « J’écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps. » C’est superbe, ça ! J’ai écrit pour communiquer, pour dire des choses sans penser que je pourrais avoir de l’argent, parce que c’était naturel chez moi, parce que c’était une nécessité.

 

F.Busnel : Lorsque, en des temps sans doute plus durs que d’autres, vous avez été fait prisonnier de guerre et que vous avez passé quatre ans au stalag, vous avez écrit les Innocentines. Mais il s’agit de pièces très gaies, pas du tout tragiques. Dans la littérature des camps, c’est assez inédit...

R.De Obaldia  C’était un camp de discipline en Pologne. Je n’avais rien pour écrire. C’était en 1942, un moment de barbarie totale. J’avais besoin de revenir à une certaine virginité, à une certaine innocence. C’est pour cela que j’ai eu l’idée d’écrire ce premier poème pour enfants, Innocentines, sur des sacs d’engrais. Face à la sauvagerie, aux abominations, j’ai voulu revenir à une source même de la vie, de l’émerveillement, de l’étonnement, de l’innocence. Vous vous demandez pourquoi je n’ai pas écrit quelque chose de tragique ? C’était un besoin qu’on ne peut pas expliquer.

 


 

Dans sa dernière émission télévisée de la saison, le 27 mai 2010, François Busnel (La Grande Librairie) avait réuni sur la scène du Théâtre du Rond-Point de nombreux comédiens qui lurent des textes de leurs choix. De Obaldia était présent et lut Coq au vin, que voici in extenso :

 

 

Coq au vin

 

Au cours d’un grand dîner, la marquise, sans cause apparente, rendit son coq au vin sur le plastron de l’ambassadeur. L’assemblée voulut ne rien remarquer : elle était composée de nombreux diplomates.

Jusqu’ici, la marquise, jeune et singulièrement troublante, abreuvait de joie l’ambassadeur. Comment ce dernier aurait-il soupçonné que d’une bouche aussi divine, d’une telle voix de cristal, pussent jaillir des quartiers de coq, arrosés de ce liquide violet et généreux ?

Cela va attirer des complications avec la Russie, pensa le Turc qui faisait face à la marquise. Et, de satisfaction, il lissa sa fine moustache. L’Angleterre, voisin de la beauté et heureux pendant de l’ambassadeur, ramena son genou à bâbord. Son désir de coloniser la marquise se trouva quelque peu refroidi. Wang-Wei-Tchou en profita pour soulever la question de l’Antarctique. Les points de vue échangés témoignèrent de l’intelligence des hommes d’Etat, ainsi que de leur amour réciproque pour les Esquimaux.

La France restera toujours fidèle à sa tradition chevaleresque, claironna le général Beauchamp de Bompierre de Prepucet. C’est à cet instant qu’une deuxième vague de coq au vin atteignit le Turc, un peu trop souriant, en pleine ceinture.

L’on craignit pour les Dardanelles. L’Amérique étala ses pieds sur la table. Un hobereau donna de la crête. Plus éthérée que jamais, la marquise souriait à tous et se jeta sur la glace à la vanille. L’Angleterre prit nettement le large. Tout de même, la paix fut sauvegardée dans le monde quelques mois encore.

 

René De Obaldia  in « Les richesses naturelles »


 

Note : Revoir La Grande Librairie  et entendre De Obaldia lire ce texte ? Cliquez icilink

 

 

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 13:59

Bien difficile de choisir entre « Une dame très très morte », « Yous pique angliche », « Le col du fémur », « Berceuse de l'enfant qui ne veut pas grandir », « Ouiquenne », « Julot-Mandibule », « Antoinette et moi » , alors voici :

Manège

 

Les chevaux de bois sont pas tous en bois

Les petits cochons vont pas tous en rond.

 

La dernière fois

Le cheval de bois

Que j'avais monté

Voulait m'renverser.

J'ai pris son oreille

Je lui ai mordu

Le sang de l'oreille

Je lui ai tout bu.

Alors il m'a dit :

"Pourquoi tu m'fais mal ?

Je n'suis qu'un cheval

Tu n'es pas gentil."

Et il m'a promis

Que quand je voudrais

Il m'emporterait

Jusqu'au Paradis !

 

Le petit cochon

Aux yeux de mouton

Que j'avais monté

Un beau jour d'été

Voulait s'échapper

Des autres cochons.

Il courait si vite

Qu'il faillit me tuer,

Ça sentait les frites

De tous les côtés !

Mais j'tirai si fort

Sur sa queue en or

Qu'elle me resta

Entre les dix doigts.

Je l'ai rapportée

L'soir à la maison,

Ça sert aux dîners

Comme tir'bouchon.

 

Les chevaux de bois sont pas tous en bois

Les petits cochons vont pas tous en rond.

 

René de Obaldia  in « Innocentines »

 

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