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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 06:39

 

 

 

Femme et chatte

 

Elle jouait avec sa chatte,

Et c'était merveille de voir

La main blanche et la blanche patte

S'ébattre dans l'ombre du soir.

 

Elle cachait - la scélérate ! -

Sous ces mitaines de fil noir

Ses meurtriers ongles d'agate,

Coupants et clairs comme un rasoir.

 

L'autre aussi faisait la sucrée

Et rentrait sa griffe acérée,

Mais le diable n'y perdait rien...

Et dans le boudoir où, sonore,

Tintait son rire aérien,

Brillaient quatre points de phosphore.

 

 

 

Paul Verlaine

Poèmes saturniens

Caprices, 1866

1er poème de la section Caprices

 

 

 

 

Les Chats de Léonor FINI


 

le-chat-199x300 

 

 

 

fini0505021

 

 

L.FINI-chats.jpg 

 

 

leonor-fini-chats.JPG 

 

 

 

leonor-fini-Psyche.JPG

 

Léonor FINI

Psyché, 1975

 


 


Leonor-Fini-copie-1.JPG

Léonor FINI

Photo

 

 

 

 


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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 11:16

 

 

Une grande dame

 

Belle "à damner les saints", à troubler sous l'aumusse

Un vieux juge ! Elle marche impérialement.

Elle parle - et ses dents font un miroitement -

la suite est ici (clic-clic)

 


 

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 09:25

 

C'est l'heure exquise

 

La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée…

O bien-aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…

Rêvons : c’est l’heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…

C’est l’heure exquise.

 


Paul Verlaine

La Bonne Chanson - Chant VI -1870-

 

 

 

cezanne_baigneuses_ng_max.jpg

 

C’est l’heure exquise...

 

 

 

Illustration : Paul Cézanne - Baigneuses - (peint de 1894 à 1905)

 



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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 04:57

 

 

 

Green

 

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches

Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.

Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches

Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

 

J'arrive tout couvert encore de rosée

Que le vent du matin vient glacer à mon front.

Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée

Rêve des chers instants qui la délasseront.

 

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête

Toute sonore encor de vos derniers baisers;

Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête.

Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

 

Paul Verlaine  

Romances sans paroles

 

 


 

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 05:05

 

 

Pour les plus jeunes de nos lecteurs

 

 

 

 

70eme anniversaire du débarquement du 6 juin 1944

 

 

 

 

 speakers

 

 

 

Chanson d'automne

 

 

Les sanglots longs

Des violons

                  De l'automne

Blessent mon coeur

D'une langueur

                  Monotone.


Tout suffocant

Et blême, quand

                  Sonne l'heure,

Je me souviens

Des jours anciens

                  Et je pleure,


Et je m'en vais

Au vent mauvais

                  Qui m'emporte


Deçà, delà

Pareil à la

                  Feuille morte.

 

 

Paul VERLAINE 

Poèmes saturniens1866

 

 

 

 

 



Note : Les premiers vers de ce poème annoncent sur la BBC  l’approche du débarquement : le premier vers le 4 juin, le second le 5 juin.

 

Le poème est rythmé en 4/4/3 : Les san-glots longs (4) des vi-o-lons (4) de l'au-tomne (3) et ainsi de suite, lui donnant une résonance musicale. Les mots sont simples, sans artifices comme ceux d'une chanson populaire. Charles Trénet a mis ce poème en musique mais en le modifiant légèrement comme suit (modifications en rouge) :

 

 

Les sanglots longs des violons de l'automne

Bercent mon coeur d'une langueur monotone.

Tout chancelant et blême quand sonne l'heure

Je me souviens des jours anciens et je pleure

Et je m'en vais au vent mauvais qui m'emporte

De ci , de là, pareil à une feuille morte.

 

Pour la petite histoire, c'est le vers modifié par Trénet qui a été lu à la BBC le 5 juin :

"Bercent mon coeur d'une langueur monotone. Et non blessent, comme l'écrit Verlaine. " 

 

 

6-6-44.jpg

 Debarquement-44.jpg

 

On illustrera ces photos avec un poème de Claudec, Forget me not

Forget me not

 

Toi qui foules insouciant la dune faite tombe,

Ô passant souviens-toi ! Honore l'hécatombe !

à ces jeunes soldats morts pour toi par milliers,

Songe à dédier la fleur que caresse le vent

Et qui témoigne, là, abreuvée de leur sang.


 

 

 


 

 

NB : il semble que cette vidéo de Charles Trenet ne puisse être mise en ligne.

On la trouvera donc en cliquant ici :

 


 

 

La musique est de Charles Trenet.

A la fin de la vidéo, on découvre, assis dans le public, Guy Béart, Georges Brassens et Juliette Gréco.

 

 

 


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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 05:11

Nu-dans-l-eau-Dali-1925-.jpg

 Salvador DALI -

Nu dans l'eau, 1925

 

 

J'ai presque peur, en vérité,

 

 

 

J'ai presque peur, en vérité,

Tant je sens ma vie enlacée

À la radieuse pensée

Qui m'a pris l'âme l'autre été,

 

Tant votre image, à jamais chère,

Habite en ce coeur tout à vous,

Mon coeur uniquement jaloux

De vous aimer et de vous plaire ;

 

Et je tremble, pardonnez-moi

D'aussi franchement vous le dire,

À penser qu'un mot, un sourire

De vous est désormais ma loi,

 

Et qu'il vous suffirait d'un geste,

D'une parole ou d'un clin d'oeil,

Pour mettre tout mon être en deuil

De son illusion céleste.

 

Mais plutôt je ne veux vous voir,

L'avenir dût-il m'être sombre

Et fécond en peines sans nombre,

Qu'à travers un immense espoir,

 

Plongé dans ce bonheur suprême

De me dire encore et toujours,

En dépit des mornes retours,

Que je vous aime, que je t'aime !

 

 

Paul Verlaine

 La Bonne chanson – texte XV - 1872

 

 

 

 

 


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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 10:01

 

 

 

 

L'heure exquise

La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée ...

Ô bien-aimée.

L'étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure ...

Rêvons, c'est l'heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l'astre irise ...

C'est l'heure exquise.

 

Paul VERLAINE

 

lune.JPG

La lune blanche... 

 


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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 06:12

à Sainte Cécile, patronne des musiciens

 

 

à P.F. & O.C.,  

 à J.S.B., W.A.M. & F.C.,

à J.B.C. & E.S.,

à D.J., R.C., J.P.,T.J. & M.L.,

à C., C. & C.

    

 

 Sempé-Lesmusiciens3

©J.J.Sempé

 

 

Sempé-Lesmusiciens1 

 ©J.J.Sempé                                 

 

 

 

 

 

 

À Charles Morice

 

 

De la musique avant toute chose,

Et pour cela préfère l'Impair

Plus vague et plus soluble dans l'air,

Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

 

 

Il faut aussi que tu n'ailles point

Choisir tes mots sans quelque méprise

Rien de plus cher que la chanson grise

Où l'Indécis au Précis se joint.

 

 

C'est des beaux yeux derrière des voiles

C'est le grand jour tremblant de midi,

C'est par un ciel d'automne attiédi

Le bleu fouillis des claires étoiles!

 

 

Car nous voulons la Nuance encor,

Pas la Couleur, rien que la nuance!

Oh! la nuance seule fiance

Le rêve au rêve et la flûte au cor !

 

 

Fuis du plus loin la Pointe assassine,

L'Esprit cruel et le Rire impur,

Qui font pleurer les yeux de l'Azur

Et tout cet ail de basse cuisine !

 

 

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !

Tu feras bien, en train d'énergie,

De rendre un peu la Rime assagie.

Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

 

 

Ô qui dira les torts de la Rime ?

Quel enfant sourd ou quel nègre fou

Nous a forgé ce bijou d'un sou

Qui sonne creux et faux sous la lime ?

 

 

De la musique encore et toujours !

Que ton vers soit la chose envolée

Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée

Vers d'autres cieux à d'autres amours.

 

 

Que ton vers soit la bonne aventure

Eparse au vent crispé du matin

Qui va fleurant la menthe et le thym...

Et tout le reste est littérature.

 

 

 

Paul VERLAINE

 


Le titre de ce poème est Art Poétique, 1874 

treizième pièce de Jadis et Naguère



 

 

chasin.jpg 

 

 


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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 09:56

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 10:05

dali-femme-a-la-tete-de-fleur-1937-.jpg

 

DALI

Femme à la tête de fleur, 1937             

 

 

 

 

 

À Madame X... en lui envoyant une Pensée

 

Au temps où vous m’aimiez (bien sûr ?)

Vous m’envoyâtes, fraîche éclose,

Une chère petite rose,

Frais emblème, message pur.

 

Elle disait en son langage

Les « serments du premier amour » :

Votre cœur à moi pour toujours

Et toutes les choses d’usage.

 

Trois ans sont passés. Nous voilà !

Mais moi j’ai gardé la mémoire

De votre rose, et c’est ma gloire

De penser encore à cela.

 

Hélas ! si j’ai la souvenance,

Je n’ai plus la fleur, ni le cœur !

Elle est aux quatre vents, la fleur.

Le cœur ? Mais, voici que j’y pense,

 

Fut-il mien jamais ? entre nous ?

Moi, le mien bat toujours le même,

Il est toujours simple. Un emblème

À mon tour. Dites, voulez-vous

 

Que, tout pesé, je vous envoie,

Triste sélam, mais c’est ainsi,

Cette pauvre négresse-ci ?

Elle n’est pas couleur de joie,

 

Mais elle est couleur de mon cœur ;

Je l’ai cueillie à quelque fente

Du pavé captif que j’arpente

En ce lieu de juste douleur.

 

A-t-elle besoin d’autres preuves ?

Acceptez-la pour le plaisir.

J’ai tant fait que de la cueillir,

Et c’est presque une fleur-des-veuves.

 

 

 

 

Paul Verlaine                                                        

Amour, 1873

 

 


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