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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 05:00

 

 

 

 

Je n'ai plus très envie

 

 


Je n'ai plus très envie

D'écrire des poésies

Si c'était comme avant

J'en ferais plus souvent

Mais je me sens bien vieux

Je me sens bien sérieux.

Je me sens consciencieux

Je me sens paresseux.

 

 

Boris VIAN

 

 

relire Vian sur Nuageneuf 

 

Boris-Vian.jpg

 

Boris Vian meurt le 23 juin 1959. Il a 39 ans.

 

 


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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 06:04

 

 

 

 

 

A privatif

 

 

Les jambes, tous les prophesseurs de fysique le savent bien

C'est le première chose qu'on écarte

Quant aux bras, des femmes très distinguées

S'en passent (depuis fort longtemps)

Et, ma foi, elles ont raison.

D'un point de vue économique et social

Ça élimine les bracelets, les bagues

Les tatouages sur le biceps

Les bas nylon et les robes nioulouque.

Et l'on devrait rendre obligatoire

Par arrêté municipal

L'usage de la femme-tronc pour les pauvres.

 

 

 

Boris Vian,

Barnum's Digest, 1948

 

 

 

 

 

 

Deux Odalisques 

MATISSE

Deux Odalisques, 1928

 

 

 

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 05:46

 

 

 

 

Elle s'appelle Marie-France, elle a tout juste vingt ans...

 

 

 

 

 

Elle s'appelle Marie-France, elle a tout juste vingt ans

Et elle vient d'épouser un inspecteur des finances

Un jeune homme très brillant, qui a beaucoup d'espérances

Mais depuis son mariage, chacun dit en la voyant :

Bourrée de complexes

Elle a bien changé

Faut la faire psychanalyser

Chez un docteur pour la débarrasser

De ses complexes à tout casser

Sinon elle deviendra cinglée

Elle s'ennuie tout le jour dans son bel appartement

Et pour passer le temps, elle élève dans sa baignoire

Des têtards et le soir quand son mari est rentré

Elle préfère s'enfermer avec ses invertébrés

Bourrée de complexes

Elle est dérangée

Il n'y a rien à espérer

Il n'y a vraiment qu'à la laisser crever

Tout ça pas' qu'elle a épousé

Un coqu'licot déjà fané

Elle s'est inscrite au Racing pour y apprendre à nager

Les têtards tôt ou tard ont fini par l'inspirer

Et là-bas un beau soir, elle a enfin rencontré

Un sportif, un mastard, un costaud bien baraqué…mais…

Bourré de complexes

Et tout a changé

Car il est v'nu vivre chez eux

Et l' coqu'licot soudain s'est senti mieux

Ayant repris toute sa vigueur

Il a enlevé le maître nageur.

Adieu les complexes

Finis les complexes

Elle a changé d' sexe

Tout est arrangé...

 

Ce qui est assez parisien !

 

 

Boris VIAN

 

 

 

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 10:00

 

 

 

 

SI LES POÈTES ÉTAIENT MOINS BÊTES

 

 

Si les poètes étaient moins bêtes

Et s’ils étaient moins paresseux

Ils rendraient tout le monde heureux

Pour pouvoir s’occuper en paix

De leurs souffrances littéraires

 

 

Ils construiraient des maisons jaunes

Avec des grands jardins devant

Et des arbres pleins de zoizeaux

Des mirliflûtes et des lizeaux

Des mésongres et des feuvertes

Des plumuches, des picassiettes

Et des petits corbeaux tout rouges

Qui diraient la bonne aventure

 

 

Il y aurait de grands jets d’eau

Avec des lumières dedans

Il y aurait deux cents poissons

Depuis le crousque au ramusson

De la libelle au pépamule

De l’orphie au rara curule

Et de l’avoile au canisson

 

 

Il y aurait de l’air tout neuf

Parfumé de l’odeur des feuilles

On mangerait quand on voudrait

Et l’on travaillerait sans hâte

À construire des escaliers

Des formes encor jamais vues

Avec des bois veinés de mauve

Lisses comme elle sous les doigts

 

 

Mais les poètes sont très bêtes

Ils écrivent pour commencer

Au lieu de s’mettre à travailler

Et ça leur donne des remords

Qu’ils conservent jusqu’à la mort

Ravis d’avoir tellement souffert

On leur donne des grands discours

Et on les oublie en un jour

Mais s’ils étaient moins paresseux

On ne les oublierait qu’en deux.

 

 

Boris VIAN

Cantilènes en gelée

 

 

 

(...) Et l’on travaillerait sans hâte

À construire des escaliers

Des formes encor jamais vues (...)

 

 

 

 Escher.jpg

 

 

Escher-1.jpg

 

 

Escher-2.jpg

 

 

 

Gravir un escalier sans fin

 

Le graphiste néerlandais Maurits Cornelis Escher (1898 - 1972) a introduit des illusions optico-géométriques dans ses tableaux. Ses œuvres traduisent les contradictions en matière de perspective avec le nombre infini d'archétypes à trois dimensions que toute image à deux dimensions peut receler.

 

Le premier dessin d'Escher  présenté ci-dessus intitulé «Montée et descente d'escaliers» montre des moines montant et descendant des escaliers sans fin. Il a choisi des moines pour illustrer l'expression néerlandaise «Travail de bénédictin», synonyme de travail inutile. L'illusion d'optique utilisée par Escher consiste en un mélange de vues de la droite et de la gauche (ou par en haut et par en bas).

 

 


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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 12:50

 

 

 

 

 

 

 

 

Chanson galante

 

 

 

Je voudrais te renverser                            groseilles

Où tu sais

Un pot de khonfiture

De groseilles de saison

Ma lison

Bien rouges et bien mûres.

 

 

 

 

A coups de langue mutins

Le matin

Je prélèverai ma dose

Et tu prendras en retour

Mon amour

Ta ration de gyraldose.

 

 

 

Boris VIAN

 

 

 

Gyraldose--.jpeg

 

 


 

Modigliani, l'unique...

 

Modigliani1916-Nu-couche-sur-coussin-bleu.jpg

 

Nu couché sur coussin bleu, 1916

 

 

 

 


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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 05:07

 

 

 

 

 

Un poète

 

Un poète

C'est un être unique

A des tas d'exemplaires

Qui ne pense qu'en vers

Qui n'écrit qu'en musique

Sur des sujets divers

Des rouges ou des verts

Mais toujours magnifiques.

 

 

Boris VIAN

 

 

 

 

rouge-et-vert.jpg

... Des rouges ou des verts ...

 

 

 

 


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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 05:02

 

 

 

 

Y'a du soleil dans la rue

 

 

Y'a du soleil dans la rue

J'aime le soleil mais j'aime pas la rue

Alors je reste chez moi

En attendant que le monde vienne

Avec ses tours dorées

Et ses cascades blanches

Avec ses voix de larmes

Et les chansons des gens qui sont gais

Ou qui sont payés pour chanter

Et le soir il vient un moment où la rue devient autre chose

Et disparaît sous le plumage

De la nuit pleine de peut-être

Et des rêves de ceux qui sont morts

Alors je descends dans la rue

Elle s'étend là-bas jusqu'à l'aube

Une fumée s'étire tout près

Et je marche au milieu de l'eau sèche

De l'eau rêche de la nuit fraîche

Le soleil reviendra bientôt.

 

 

 

 

Boris VIAN

Je voudrais pas crever

 

 

 

 

Gala.JPG

Y'a du soleil dans la rue ...

 

 

DALI

La main de Dali retirant la Toison d'Or en forme de nuage pour montrer Gala l'Aurore, complètement nue, très très loin derrière le soleil, 1977

 

 


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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 05:18

 

 

Poisson d'Avril

 

Un poisson d'avril

Est venu me raconter

Qu'on lui avait pris

Sa jolie corde à sauterla-statue-du-poisson-S.DALI.jpg

 

C'était un cheval

Qui l'emportait sur son coeur

Le long du canal

Où valsaient les remorqueurs

 

Et alors un serpent

S'est offert comme remplaçant

Le poisson très content

Est parti à travers champs

 

Il sauta si haut

Qu'il s'est envolé dans l'air

Il sauta si haut

Qu'il est retombé dans l'eau.

 

Boris VIAN

 

 

 

 

Illustration

Salvador DALI.

Statue du poisson       

 

 

 

 

 

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 06:17

 

 

 

 

Le grand passage

 

 

À Brenos

 

 

 

Le seuil de l’immortalité

Est assez haut, en pierre, avec des plantes

On ne s’apercevait pas du tout qu’on le passait

Mais de l’autre côté

Des tripotées

D’oiseaux sans ailes ni sans eaux

Poussaient des cris d’échiran…

 

 

11 avril 1946

 

 

Boris VIAN (1920-1959) *

Cantilènes en Gelée.

 

*  1920 - 1959 !

Il faut le re-re-voir écrit pour y croire. 39 ans !...

 

 

 

 

 

Van-Gogh-copie-1.jpg

 

Vincent VAN GOGH, 1853-1890 *

Champ de Blé aux Corbeaux

juillet 1890

 

 

*  1853 - 1890 !

Il faut le re-re-voir écrit pour y croire. 37 ans !...

 

 


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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 06:07

 

Bon anniversaire, monsieur Vian !

 

VIAN.jpeg

 

Boris Vian est né le 10 mars 1920 à Ville-d'Avray (Hauts- de-Seine)

et décédé le 23 juin 1959 à Paris. Il a 39 ans.

 

 

 

 


« Pourquoi sont-ils si méprisants ? demanda Chloé. Ce n’est pas tellement bien de travailler…

– On leur a dit que c’était bien, dit Colin. En général, on trouve ça bien. En fait, personne ne le pense. On le fait par habitude et pour ne pas y penser, justement.

– En tout cas, c’est idiot de faire un travail que des machines pourraient faire.

– Il faut construire des machines, dit Colin. Qui le fera ?

– Oh ! Évidemment, dit Chloé. Pour faire un œuf, il faut une poule, une fois qu’on a la poule, on peut avoir des tas d’œufs. Il vaut donc mieux commencer par la poule.

– Il faudrait savoir, dit Colin, qui empêche de faire des machines. C’est le temps qui doit manquer. Les gens perdent leur temps à vivre, alors, il ne leur en reste plus pour travailler.

– Ce n’est pas plutôt le contraire ? dit Chloé.

– Non, dit Colin. S’ils avaient le temps de construire les machines, après ils n’auraient plus besoin de rien faire. Ce que je veux dire, c’est qu’ils travaillent pour vivre au lieu de travailler à construire des machines qui les feraient vivre sans travailler.

– C’est compliqué, estima Chloé.

– Non, dit Colin. C’est très simple. Ça devrait, bien entendu, venir progressivement. Mais, on perd tellement de temps à faire des choses qui s’usent…

– Mais, tu crois qu’ils n’aimeraient pas mieux rester chez eux et embrasser leur femme et aller à la piscine et aux divertissements ?

– Non, dit Colin. Parce qu’ils n’y pensent pas.

– Mais est-ce que c’est leur faute si ils croient que c’est bien de travailler ?

– Non, dit Colin, ce n’est pas leur faute. C’est parce qu’on leur a dit : « Le travail, c’est sacré, c’est bien, c’est beau, c’est ce qui compte avant tout, et seuls les travailleurs ont droit à tout. » Seulement, on s’arrange pour les faire travailler tout le temps et alors ils ne peuvent pas en profiter.

– Mais, alors, ils sont bêtes ? dit Chloé.

– Oui, ils sont bêtes, dit Colin. C’est pour ça qu’ils sont d’accord avec ceux qui leur font croire que le travail, c’est ce qu’il y a de mieux. Ça leur évite de réfléchir et de chercher à progresser et à ne plus travailler.

– Parlons d’autre chose, dit Chloé. C’est épuisant, ces sujets-là. Dis-moi si tu aimes mes cheveux…

– Je t’ai déjà dit… »

Il la prit sur ses genoux. De nouveau, il se sentait complètement heureux.

« Je t’ai déjà dit que je t’aimais bien en gros et en détail.

– Alors, détaille », dit Chloé, en se laissant aller dans les bras de Colin, câline comme une couleuvre.

 

 

Boris VIAN

L'écume des jours

Chapitre XXV

 

 

 



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