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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 09:00

 

 

 

 

NOUVELLE LUNE

 

 

 

L’ongle de la lune repousse.

 

Le soleil a disparu. On se retourne : la lune est là. Elle suivait, sans rien dire, modeste et patiente imitatrice.

 

La lune exacte est revenue. L’homme attendait, le cœur comprimé dans les ténèbres, si heureux de la voir qu’il ne sait plus ce qu’il voulait lui dire.

 

De gros nuages blancs s’approchent de la pleine lune comme des ours d’un gâteau de miel.

 

Le rêveur s’épuise à regarder la lune sans aiguilles et qui ne marque rien, jamais rien.

 

On se sent tout à coup mal à l’aise. C’est la lune qui s’éloigne et emporte nos secrets. On voit encore à l’horizon le bout de son oreille.

 

 

 

 

Jules RENARD

Histoires naturelles

 


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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 00:05

 


Sous-titre

RENARD, CAPUS & VIRGINIE, un lien pas si étrange que cela.



Nous poursuivons la publication d'extraits arbitrairement choisis

dans le Journal de Jules RENARD.

 

 

 

Le Journal de Jules Renard est un concentré de traits vifs, acérés, parfois violents comme nous l'avions lu  ici (c'était le 6 octobre dernier) à l’encontre d’Edmond Rostand mais où la cruauté pèche par excès de timidité et tente de cacher une voix plus tendre. N’écrit-il pas «  Quelle manie de dire des mots d’esprit aux gens quand on voudrait les embrasser » ? Ne s’autoflagelle-t-il pas, lui l’immense travailleur, quand il écrit « Le travail pense, la paresse songe. » ?

 

Dans un tout autre registre, il est un blog de haute tenue, repris il s'entend dans notre courte liste des blogs recommandés, pour lequel nous requerrons une attention toute particulière en raison de l'immense travail qui y est régulièrement effectué et relaté par Virginie. Virginie y donne en ce moment le fruit de son étude sur Charles DARWIN. Précipitez-vous : c'est ici

 

Alors, quel lien existe-t-il entre Jules RENARD et VIRGINIE ?

Réponse en ligne 18 de cet extrait !

 

 

 

Liste CAPUS. Vingt livres à emporter dans une île déserte 

 

1) Candide - Voltaire

2) Le Mariage Forcé. 1/4 de grosses farces - Molière,

3) Le Barbier de Séville. Le Mariage de Figaro - Beaumarchais,

4) Robinson Crusoë - Daniel Defoe,

5) Gulliver - Swift,

6) Histoire Universelle - Bossuet,

7) Les Brigands - Schiller,

8) Falstaff - Shakespeare,

9) Mme Bovary - Flaubert,

10) Eugénie Grandet. Un ménage de garçons - Balzac,

11) Musset,

12) La Légende des Siècles - Hugo,

13) Précis d'histoire contemporaine - Michelet,

14) Un volume de Dumas,

15) Un volume de Labiche, un d'Augier,

16) Traduction de "L'Ecclésiaste" par Ernest Renan,

17) Un volume de Jules Verne,

18) Origine des Espèces - Darwin,

19) (Pas lu, pour la surprise.)

20) Les Fables de La Fontaine.

 

Jules RENARD

Journal

5 avril 1893

 


   

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 05:25

 

 

rostand.jpg

Edmond ROSTAND. Décidément, Jules RENARD l'appréciait peu !

 

 


1er février.

 

Chantecler. 131 et 133, dans un petit coin. A Cyrano et à L'Aiglon, pour la répétition générale et pour la première, nous avions des places au premier rang. C'est l'échelle de la gloire.

 

Rostand est surtout un indifférent littéraire. Nous sommes tout au moins ses confrères : il ne nous lit pas.

 

L'artificiel lui suffit au point qu'il se passionne pour lui comme si c'était la vérité.

 

Il ne recherche pas, mais il accepte.

 

Est-il plus tranquille ? Touche-t-il la gloire ? Ne souffre-t-il pas du moindre succès d'un autre ?

 

Il peut marcher tout le temps sur un tapis, mais il est obligé de vivre la bouche dans l'air, à tous les miasmes.

 

Servitude. Etre l'obligé d'un homme qui se conduit comme une fripouille.

 

Certains menteurs ont un tel besoin de mentir qu'on a pitié d'eux et qu'on les aide.

 

Je connais quelques vers de Chantecler, dit Capus. Ils sont beaux et stupides : beaux quand Guitry me les dit, stupides quand je les écoute.

 

 Jules RENARD 

1er février 1910. 

 

 

 

autographe-rostand.jpeg

Pas rancunier, E.ROSTAND !...

 

(fac-similé d'une correspondance de ROSTAND à RENARD)    

 

 


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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 05:34

AVERTISSEMENT

« Les personnages et/ou les situations de cet extrait étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »


 

 

22 janvier.

 

 

Garde-toi de sourire quand un marchand de papier, avec lequel tu fais affaire, risque un mot d'esprit, sur la poésie.

 

 

Jules Renard

Journal, année 1893 

 

 

 

 

 


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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 04:58

 

 

 

Nous poursuivons la publication d'extraits arbitrairement choisis

dans le Journal de Jules RENARD.

 

 

Dédicace spéciale à Les mots et les Marées.    

 

 

9 août 1887.

 

Au bord de la mer

 

La mer monte, prend les rochers un à un, ensevelit celui-ci, lèche celui-là, écume sur cet autre et montre à travers son vert de bouteille, comme autant de monstres fantastiques pétrifiés, aux chevelures de varech.

 

Les crabes, galets marchant.

 

Sur le sable blanc surgit un phare comme un parfait au café sur une nappe.

 

Les rochers sont habités par les baigneuses qui trouvent le moyen de sortir, en costume de bain, de leur peignoir, sans que le curieux y voie goutte de chair.

 

Les trois-mâts : chênes mobiles, végétation de la mer.

 

Flocons d'écume. Il semble que le flot éclate comme un pétard sourd et lointain dont on ne verrait que la fumée.

 

L'odeur d'un coquillage putréfié suffit pour accuser toute la mer.

 

Des Chimères mordant leur queue en fleur de lys. 

 

 

 

      Jules RENARD

Journal, 1887

 

 

 

Edouard-ADAM.jpg

Les trois-mâts : chênes mobiles, végétation de la mer.

 

Edouard ADAM

Amiral Cécilie,

(1er quart du 20e) Musée d'Histoire de Saint-Malo

 


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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 06:20

 

 

 

 

 

 Nous poursuivons la publication d'extraits arbitrairement choisis

dans le Journal de Jules RENARD.

 

 

 

 

9 février.


Dès qu'on dit à une femme qu'elle est jolie, elle se croit de l'esprit. 

 

27 février.

 

Qu'est-ce que la vie quand elle n'est vue que par des yeux qui ne sont pas des yeux de poètes ?

 

 


...à suivre, bien entendu...


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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 07:10

 

 

       Nous poursuivons la publication d'extraits arbitrairement choisis

dans le Journal de Jules RENARD.


 

      Ce jour de février 1905, nous découvrons un Jules Renard surprenant,

léger, badin...romantique même. Amoureux ? 

 

 

 

 

11 février

 

 

Rêve. Alors, je me sentis tout à coup l'âme d'un collégien, et je vous dis :

 

- Nous avons une classe de mathématiques, ce soir. Elle m'ennuie. Je n'irai pas. Je resterai avec vous.

 

Oh ! votre joli sourire !

 

Je m'éveillai et fis de vains efforts pour maintenir votre image qui s'effaçait.

 

Vous avez acheté une boîte où il y avait des cerises, elles étaient jolies, mais la boîte ne faisait pas bien. Alors, vous avez mis sur les cerises le noeud de votre chapeau.

 

Ah ! Je ne me souviens plus. Si ! Attendez.

 

Et puis, je ne me rappelle pas. C'est le réveil. Vous mourez de mon réveil.

 

Oui, oui ! Ca ne veut rien dire, mais c'était du bonheur doux et fin comme la lumière.

 

Je donnerais bien des jours de réveil pour une nouvelle nuit de ce soleil-là.

 

Oh ! vous étiez plus jolie que vous n'êtes, plus jeune, plus fraîche, plus fine. Vous marchiez à peine, et votre voix n'avait pas de son. Seul je l'entendais.

 

Vous m'avez répondu par un sourire qui se fondait avec la gaieté des choses.

 

Je vous donne rendez-vous dans mon prochain rêve. Dites, vous viendrez ?

 

Je ne me souviens plus. Si vous croyez que c'est facile !

 

 


...à suivre, bien entendu...

 

 

 


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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 07:42

 

 

   Nous poursuivons la publication d'extraits arbitrairement choisis

dans le Journal de Jules RENARD.

 

 

 

 

5 janvier. 


Ses gestes surtout le distinguaient. Il prenait des mots à même sa bouche et, les enlevant, les faisait miroiter un moment entre ses doigts, comme des bagues. 


 

7 janvier.

Docquois me dit : 


-- Ce que vous faites, ce sont des feuilles qui tombent d'un arbre. Ceux qui ne comprennent pas se demandent où est l'arbre. 


Lire toujours plus haut que ce qu'on écrit. 


Le sourire est le commencement de la grimace. 


 

11 janvier. 


La volupté du mensonge. 


Quand il fait l'éloge de quelqu'un, il lui semble qu'il se dénigre un peu. 


Il s'endettait, dans la mesure de ses ressources. 


Dévisager les gens pour se faire l'oeil.

 

 

 

 


...à suivre, bien entendu... 


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 08:09

 

Nous poursuivons la publication d'extraits choisis arbitrairement

dans le Journal de Jules RENARD.

 

24 janvier 1893

 

 

 

Écrire sur un ami, c'est se fâcher avec lui.

 

 

Il s'apprêtait à dire : « Je viens de la part de Monsieur Un tel », mais il vit une mine si rébarbative qu'avant d'être assis, il se releva, se couvrit et dit, tournant le dos :

 

- Je m'en vais de la part de Monsieur Un tel.

 

 

L'assassin se lava les mains et fit des bulles de savon.

 

 

Le pays du rêve où l'on plaindrait les gens heureux.

 

 

Toute sa vie il fut assis sur un strapontin.

 

 

Le monde m'a blessé la vue, et je vais devenir aveugle.

 

 

Le grincheux :

 

- Votre couvert est toujours mis.

 

- J'aime mieux que vous me fixiez un soir, tenez ce soir, si vous voulez.

 

 

 


...à suivre, bien entendu... 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 07:03

 

 

Nous poursuivons la publication d'extraits choisis arbitrairement

dans le Journal de Jules RENARD.

 

 

 

 

Sans date.

 

La phrase lourde, et comme chargée de fluides électriques de Baudelaire. 

 

Nous sommes las d'avoir fauché tant de désirs dans le beau champ de notre amour.

 

Sur les moissons, le soleil flambait moins que nous.

 

Vois-tu, madame, il faut dormir. Nous sommes partis ce matin. Tu sommeillais un peu de reste et je te disais : Il en reste.

 

Gais comme un couple qui s'épouse.

 

Dans la poussière des moutons nous allions comme dans un nuage.

 

Je te contais sur tous les tons. Les meules nous semblaient en or, tout exprès pour notre sieste.

 

Mais ta bouche s'ouvrait encore,  et je te disais : Il en reste.

 

Mes deux mains lasses, mes deux mains gourdes

Ont moissonné toute ta chair,

L'haleine mêlée à l'haleine.

 

Appelons la femme un bel animal sans fourrure dont la peau est très recherchée.

 

 

 


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