Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 17:30

 

Insondable Jean Tardieu, aux poèmes parfois légers mais aussi foncièrement angoissés et sombres.

C’est cette part d'ombre qu'il interroge dans ses ouvrages et qui le rend si troublant. N’a-t-il pas traduit d'autres immenses « torturés de l'âme et des sentiments » comme Goethe ou Hölderlin ? 

Dans ce poème acide, il s'amuse à rapprocher le poète de l'artisan, ou bien à faire de la poésie un travail manuel (le recueil Poèmes pour la main droite fait écho aux Concertos pour la main gauche). On se ravit de la légèreté et la malléabilité du vers libre, les effets comptés et surtout la chute angoissante du poème. 

 

...Où il est question d'outils...

Soupir poétique et musical, nécessaire

quand des bruits de barbes s'entendent

chaque jour un peu plus fort. L.A. 

 

 

 

Outils posés sur une table

 

Mes outils d'artisan

sont vieux comme le monde

vous les connaissez   (lire la suite clic-clic)

 

Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article
13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 06:09

 

 

 

 

 

 


 

À deviner

 

 

 

 

— Est-ce que c'est une chose ?

 

— Oui et non.

 

— Est-ce que c'est un être vivant ?

 

— Pour ainsi dire.

 

— Est-ce que c'est un être humain ?

 

— Cela en procède.

 

— Est-ce que cela se voit ?

 

— Tantôt oui, tantôt non.

 

— Est-ce que cela s'entend ?

 

— Tantôt oui, tantôt non.

 

— Est-ce que cela a un poids ?

 

— Ça peut être très lourd ou infiniment léger.

 

— Est-ce que c'est un récipient, un contenant ?

 

— C'est à la fois un contenant et un contenu.

 

— Est-ce que cela a une signification ?

 

— La plupart du temps, oui, mais cela peut aussi n'avoir aucun sens.

 

— C'est donc une chose bien étrange ?

 

 

— Oui, c'est la nuit en plein jour, le regard de l'aveugle, la musique des sourds, la folie du sage, l'intelligence des fous, le danger du repos, l'immobilité et le vertige, l'espace incompréhensible et le temps insoutenable, l'énigme qui se dévore elle-même, l'oiseau qui renaît de ses cendres, l'ange foudroyé, le démon sauvé, la pierre qui parle toute seule, le monument qui marche, l'éclat et l'écho qui tournent autour de la terre, le monologue de la foule, le murmure indistinct, le cri de la jouissance et celui de l'horreur, l'explosion suspendue sur nos têtes, le commencement de la fin, une éternité sans avenir, notre vie et notre déclin, notre résurrection permanente, notre torture, notre gloire, notre absence inguérissable, notre cendre jetée au vent...

 

— Est-ce que cela porte un nom ?

 

— Oui, le langage.

 

 

Jean Tardieu

Margeries

poèmes inédits 1910-1985

Gallimard, 1986, p. 297-298.

 

 

 

 

La-cle-des-songes-1930-Magritte.jpg 

 

René MAGRITTE

La clé des songes, 1930   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article
30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 11:22

 

 

 

 

tardieu.JPG 

      En 1947, Jean Tardieu publie un premier recueil destiné particulièrement aux enfants : "Il était une fois, deux fois, trois fois ... ou La table de multiplication en vers" (Gallimard), illustré par Élie Lascaux, dans lequel on trouve mise en scène, la table de multiplication. Extrait :

 

Il était une fois, deux fois, trois fois...

Les aventures d’une famille de chats

 

 

 

Le chat brun, dans le salon

A beau tourner en rond,

Ça ne fait qu’un seul chat brun,

Une fois un, un.

 

 

Le chat fait la grimace,

Car il est furieux

De voir un autre chat dans la glace !

Une fois deux, deux.

 

 

Chat et chatte, heureux comme des rois,

Regardent leur petit qui boit,

Une fois trois, trois.

 

 

Les chats font semblant de se battre

Une fois quatre, quatre…

 

 

Puis, grimpés sur le toit de zinc,

Une fois cinq, cinq.

 

 

Ils pourchassent les souris,

Une fois six, six.

 

 

Et sautent après les alouettes,

Une fois sept, sept…

 

 

Sur le toit, ils passent la nuit,

Une fois huit, huit…

 

 

Alors que leur bon lit d’étoffes,

Une fois neuf, neuf,

 

 

En bas, les attend chez Clarisse,

Une fois dix, dix.

 

 

 

 

JEAN TARDIEU 

 

 


 

 

 

Pot à chat Elie Lascaux 1956 

      Elie LASCAUX

Pot à chat, 1956

 

Elie Lascaux (1888-1968) est un peintre naïf français.

 

 

 


Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article
22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 05:53

 

 

 


Monsieur interroge Monsieur

 

 

-Monsieur pardonnez-moi

de vous importuner

quel bizarre chapeau

vous avez sur la tête !

 

 

-Monsieur vous vous trompez

car je n'ai plus de tête

comment voulez-vous donc

que je porte un chapeau !

-Et quel est cet habit

dont vous êtes vêtu ?

 

 

-Monsieur je le regrette

mais je n'ai plus de corps

et n'ayant plus de corps

je ne mets plus d'habit

 

 

-Pourtant lorsque je parle

Monsieur vous répondez

et cela m'encourage

à vous interroger :

Monsieur quels sont ces gens

que je vois rassemblés

et qui semblent attendre

avant de s'avancer ?

 

 

-Monsieur ce sont des arbres

dans une plaine immense

Ils ne peuvent bouger

car ils sont attachés

Monsieur Monsieur Monsieur

au-dessus de nos têtes

Quels sont ces yeux nombreux

qui dans la nuit regardent ?

 

 

-Monsieur ce sont des astres

Ils tournent sur eux-mêmes

et ne regardent rien

 

 

-Monsieur quels sont ces cris

quelque part on dirait

on dirait que l'on rit

on dirait que l'on pleure

on dirait que l'on souffre ?

 

 

-Monsieur ce sont les dents

les dents de l'océan

qui mordent les rochers

sans avoir soif ni faim

et sans férocité

 

 

-Monsieur quels sont ces actes

ces mouvements de feux

ces déplacements d'air

ces déplacements d'astres

roulements de tambour

roulements de tonnerre

on dirait des armées

qui partent pour la guerre

sans avoir d'ennemi ?

 

 

-Monsieur c'est la matière

qui s'enfante elle-même

et se fait des enfants

pour se faire la guerre

 

 

-Monsieur soudain ceci

soudain ceci m'étonne

Il n'y a plus personne

pourtant moi je vous parle

et vous vous m'entendez

puisque vous répondez !

 

 

-Monsieur ce sont les choses

qui ne voient ni entendent

mais qui voudraient entendre

et qui voudraient parler

 

 

-Monsieur à travers tout

quelles sont ces images

tantôt en liberté

et tantôt enfermées

Cette énorme pensée

Où des figures passent

Où brillent des couleurs ?

 

 

-Monsieur c'était l'espace

et l'espace

se meurt


 

Jean TARDIEU

Monsieur Monsieur

 

 

 

 

Lire une vingtaine de poèmes de Jean TARDIEU (clic-clic)


Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article
25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 05:33

 

 

 

 

 

 


 

À deviner

 

 

 

 

— Est-ce que c'est une chose ?

 

— Oui et non.

 

— Est-ce que c'est un être vivant ?

 

— Pour ainsi dire.

 

— Est-ce que c'est un être humain ?

 

— Cela en procède.

 

— Est-ce que cela se voit ?

 

— Tantôt oui, tantôt non.

 

— Est-ce que cela s'entend ?

 

— Tantôt oui, tantôt non.

 

— Est-ce que cela a un poids ?

 

— Ça peut être très lourd ou infiniment léger.

 

— Est-ce que c'est un récipient, un contenant ?

 

— C'est à la fois un contenant et un contenu.

 

— Est-ce que cela a une signification ?

 

— La plupart du temps, oui, mais cela peut aussi n'avoir aucun sens.

 

— C'est donc une chose bien étrange ?

 

 

— Oui, c'est la nuit en plein jour, le regard de l'aveugle, la musique des sourds, la folie du sage, l'intelligence des fous, le danger du repos, l'immobilité et le vertige, l'espace incompréhensible et le temps insoutenable, l'énigme qui se dévore elle-même, l'oiseau qui renaît de ses cendres, l'ange foudroyé, le démon sauvé, la pierre qui parle toute seule, le monument qui marche, l'éclat et l'écho qui tournent autour de la terre, le monologue de la foule, le murmure indistinct, le cri de la jouissance et celui de l'horreur, l'explosion suspendue sur nos têtes, le commencement de la fin, une éternité sans avenir, notre vie et notre déclin, notre résurrection permanente, notre torture, notre gloire, notre absence inguérissable, notre cendre jetée au vent...

 

— Est-ce que cela porte un nom ?

 

— Oui, le langage.

 

 

Jean Tardieu

Margeries

poèmes inédits 1910-1985

Gallimard, 1986, p. 297-298.

 

 

 

 

La-cle-des-songes-1930-Magritte.jpg 

 

René MAGRITTE

La clé des songes, 1930   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article
28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 04:56

 

 

 

 

Ce qui va et vient 

 

 

 

D'où (lentement) vient ce qui vient ?

D'où émerge ce qui s'élève ?

D'où sort vivement ce qui veut,

ce qui veut être et veut être visible ?


J'assiste je ne sais pas

qui voit qui est vu qui gronde qui se tait

qui demeure qui se disperse

brille par ici s'éteint là-bas

 

Ce qui veut être

est-ce moi qui ne suis plus ?

Ce qui est tenu n'est pas entendu

Ce qui devait venir n'est pas venu

Ce peu de chose n'est rien.

 

Mais l'ombre et la lumière (que je connais bien)

tournent autour l'un de l'autre

formant au regard maints objets pleins

par exemple le silence d'une plante

par exemple le poids d'une pierre

ou un simple mouvement

qui va qui s'éloigne qui revient

pendant que je me tiens debout

 

Quelquefois je marche et ne dis rien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article
24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 08:50

 

 

 

 

 

 

Nous restons où nous sommes

Nous restons où nous sommes arrivés.

 

Pourtant nous ne restons pas là où nous sommes

Nous ne restons pas où nous sommes arrivés.

 

Là où nous sommes tantôt nous restons, tantôt non.

Là où nous ne sommes pas arrivés, tantôt nous restons

tantôt nous ne restons pas (nous partons).

 

Là où nous sommes venus il se peut

Que nous restions il se peut que nous ne restions pas.

 

Là où tu es venu, resteras-tu?

Ne cesseras-tu de partir, au lieu d'arriver, de rester?

Ne finiras-tu pas d'arriver

et tantôt de rester et tantôt de partir?

 

Toi qui restes, penses-tu ne jamais partir?

Toi qui pars, saurais-tu, pourrais-tu rester ou revenir?

Est-il possible à la fois de rester de partir,

de ne pas rester de ne pas partir?

 

Tout est dissemblable tout se ressemble

ce qui part ce qui reste

ce qui est ce qui n'est pas

Ce que l'on dit a trop de sens n'a pas de sens.

 

 

Jean TARDIEU

Formeries

1976

 

 

Jean-Tardieu.jpg

Né à Saint-Germain-de-Joux (Ain) le 1er novembre 1903, Jean Tardieu fait ses études à Paris. Il devient rédacteur aux Musées nationaux, puis aux Editions Hachette jusqu'en 1939. Après la guerre il entre à la Radiodiffusion française. Traducteur de Goethe et de Hölderlin, il a reçu le Grand Prix de la Société des gens de lettres en 1986. Il meurt le 27 janvier 1995 à Créteil.

 


Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article
11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 05:15

 

 

Oradour

 

 

Oradour n'a plus de femmes

Oradour n'a plus un homme

Oradour n'a plus de feuilles

Oradour n'a plus de pierres

Oradour n'a plus d'église

Oradour n'a plus d'enfants

 

 

Plus de fumée plus de rires

Plus de toîts plus de greniers

Plus de meules plus d'amour

Plus de vin plus de chansons.

 

 

Oradour, j'ai peur d'entendre

Oradour, je n'ose pas

Approcher de tes blessures

De ton sang de tes ruines,

je ne peux je ne peux pas

Voir ni entendre ton nom.

 

 

Oradour je crie et hurle

Chaque fois qu'un coeur éclate

Sous les coups des assassins

Une tête épouvantée

Deux yeux larges deux yeux rouges

Deux yeux graves deux yeux grands

Comme la nuit la folie

Deux yeux de petits enfants:

Ils ne me quitteront pas.

Oradour je n'ose plus

Lire ou prononcer ton nom.

 

 

Oradour honte des hommes

Oradour honte éternelle

Nos coeurs ne s'apaiseront

Que par la pire vengeance

Haine et honte pour toujours.

 

 

Oradour n'a plus de forme

Oradour, femmes ni hommes

Oradour n'a plus d'enfants

Oradour n'a plus de feuilles

Oradour n'a plus d'église

Plus de fumées plus de filles

Plus de soirs ni de matins

Plus de pleurs ni de chansons.

 

 

Oradour n'est plus qu'un cri

Et c'est bien la pire offense

Au village qui vivait

Et c'est bien la pire honte

Que de n'être plus qu'un cri,

Nom de la haine des hommes

Nom de la honte des hommes

Le nom de notre vengeance

Qu'à travers toutes nos terres

On écoute en frissonnant,

Une bouche sans personne,

Qui hurle pour tous les temps

 

 

Jean TARDIEU

 Septembre 1944

 

 


Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 05:08

 

 

 

 

 

                                                  À deviner

 

 

 

— Est-ce que c'est une chose ?

 

— Oui et non.

 

— Est-ce que c'est un être vivant ?

 

— Pour ainsi dire.

 

— Est-ce que c'est un être humain ?

 

— Cela en procède.

 

— Est-ce que cela se voit ?

 

— Tantôt oui, tantôt non.

 

— Est-ce que cela s'entend ?

 

— Tantôt oui, tantôt non.

 

— Est-ce que cela a un poids ?

 

— Ça peut être très lourd ou infiniment léger.

 

— Est-ce que c'est un récipient, un contenant ?

 

— C'est à la fois un contenant et un contenu.

 

— Est-ce que cela a une signification ?

 

— La plupart du temps, oui, mais cela peut aussi n'avoir aucun sens.

 

— C'est donc une chose bien étrange ?

 

— Oui, c'est la nuit en plein jour, le regard de l'aveugle, la musique des sourds, la folie du sage, l'intelligence des fous, le danger du repos, l'immobilité et le vertige, l'espace incompréhensible et le temps insoutenable, l'énigme qui se dévore elle-même, l'oiseau qui renaît de ses cendres, l'ange foudroyé, le démon sauvé, la pierre qui parle toute seule, le monument qui marche, l'éclat et l'écho qui tournent autour de la terre, le monologue de la foule, le murmure indistinct, le cri de la jouissance et celui de l'horreur, l'explosion suspendue sur nos têtes, le commencement de la fin, une éternité sans avenir, notre vie et notre déclin, notre résurrection permanente, notre torture, notre gloire, notre absence inguérissable, notre cendre jetée au vent...

 

— Est-ce que cela porte un nom ?

 

— Oui, le langage.

 

 

Jean Tardieu

Margeries, poèmes inédits 1910-1985

Gallimard, 1986, p. 297-298.

 

 

* * *

 

Le langage selon DALI


Dali-Living-still-Life-1956.JPG

 

DALI

Living Still Life

Nature morte vivante

1956

 


Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article
23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 06:39

 

 

 

Jean Tardieu est originaire du Jura. Poète de l'ombre et de la lumière, découvrons-le au travers de ces courtes lignes. 

Nous voulons nous étourdir à force de lampes et de bruit. Tous nos livres, toutes nos actions ne sont remplis que du fracas des jours. Pourtant ce qui nous gouverne - instincts, imagination, rêves, passions, pouvoir créateur - plonge dans une ombre sans contrôle. Nous implorons, nous espérons la lumière, alors que, par un effet contradictoire, cette obscurité qui nous terrifie nous alimente puissamment.
 Mais il y a autre chose. Cette nuit si terrible apparaît bénéfique si nous l'embrassons, les yeux ouverts, dans la vérité du regard.

 

Jean Tardieu 

Obscurité du Jour, 1974

 

 

 

 

 

 

 

Voyage avec Monsieur Monsieur

 

 

Avec Monsieur Monsieur

je m'en vais en voyage.

Bien qu'ils n'existent pas

je porte leurs bagages

Je suis seul ils sont deux.

 

Lorsque le train démarre

je vois sur leur visage

la satisfaction

de rester immobiles

quand tout fuit autour d'eux.

 

Comme ils sont face à face

chacun a ses raisons.

L'un dit : les choses viennent

et l'autre : elles s'en vont.

 

Quand le train les dépasse

est-ce que les maisons

subsistent ou s'effacent ?

Moi je dis qu'après nous

ne reste rien du tout.

 

Voyez comment vous êtes !

lui répond le premier,

pour vous rien ne s'arrête

moi je vois l'horizon

des champs et des villages

longuement persister.

Nous sommes le parage

nous sommes la fumée...

 

C'est ainsi qu'ils devisent

et la discussion

devient si difficile

qu'ils perdent la raison.

Alors le train s'arrête

avec le paysage

alors tout se confond.

 


Jean Tardieu

Le fleuve caché, 1968

 

 

 

Caillebotte_-Le-pont-de-l-Europe-1876.jpg

Gustave Caillebotte

Le pont de l'Europe, 1876

 

 

 

Monet--La-Gare-St.Lazare-1877.jpg

Claude Monet

La gare St Lazare, 1877

 

NB : du pont de l'Europe, on surplombe la gare St Lazare.

 

 

 

Relire d'autres textes et poèmes de Jean Tardieu ici

 

 


Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans TARDIEU Jean
commenter cet article

Présentation

  • : nuageneuf.over-blog.com
  • : Poésie, Poésie pour enfant, Poésie pour la jeunesse, Textes classiques et modernes, Mémoire de la Shoah,
  • Contact

Recherche

Pages