Jeudi 9 août 2012 4 09 /08 /Août /2012 06:46

 

La colombe poignardée et le jet d'eau


 

Apoll.-Colombe-.jpg

 

 


 

Le poème :

 


Douces figures poignardées, Chères lèvres fleuries

Mia Mareyette Lorie et toi Marie

Où êtes-vous Ô jeunes filles !

Mais près d’un jet d’eau qui pleure et qui prie

Cette colombe s’extasie

Tous les souvenirs de naguère jaillissent vers le firmament

Et vos regards en l’eau dormant meurent mélancoliquement

Ô mes amis partis en guerre

Où sont-ils Braque et Max Jacob Derain aux yeux gris comme l’aube ?

Où sont Raynal Billy Dalyse dont les noms se mélancolisent

Comme des pas dans une église

Où est Grémnitz qui s’engagea.

Peut-être sont-ils morts déjà.

De souvenirs mon âme est pleine

Le jet d’eau pleure sur ma peine.

Ceux qui sont partis à la guerre au Nord se battent maintenant

Le soir tombe Ô sanglante mer

Jardins où saignent abondamment

le laurier rose fleur guerrière.      

 

Guillaume Apollinaire

Calligrammes

sous titre, Poèmes de la paix et de la guerre.

 

 

 


 

Guillaume Apollinaire meurt à 38 ans (1880-1918).

Dans le recueil Calligrammes, il s’aventure dans cette nouvelle forme poétique qu’est le calligramme.

Le dessin formé en haut du poème représente la colombe poignardée, où il évoque ses amours perdues en raison de la guerre. Il cite Mia, Mareye, Yette, Lorie, Annie et Marie.

Le dessin éclaboussant le bas du poème évoque la dispersion de tous ses amis proches, Braque, Derain, Jacob etc…

 




Par nuageneuf - Publié dans : APOLLINAIRE Guillaume
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