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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 12:50

(info. provisoire pour Louna)

 

 

Pyrame et Thisbé (en grec ancien Πύραμος καὶ Θίσϐη / Púramos kaì Thísbê) sont deux amants légendaires de la mythologie grecque et romaine. Leur histoire, issue de la matière orientale, est à l'intersection du mythe et du romanesque.



Mythe
Les noms de Pyrame et Thisbé sont mentionnés pour la première fois par Hygin, qui rapporte simplement leur suicide. Mais c'est Ovide qui, dans ses Métamorphoses, donne le premier leur légende : Pyrame et Thisbé sont deux jeunes Babyloniens qui habitent des maisons contiguës et s'aiment malgré l'interdiction de leurs pères. Ils projettent de se retrouver une nuit en dehors de la ville, sous un mûrier blanc. Thisbé arrive la première, mais la vue d'une lionne à la gueule ensanglantée la fait fuir ; comme son voile lui échappe, il est déchiré par la lionne qui le souille de sang. Lorsqu'il arrive, Pyrame découvre le voile et les empreintes du fauve : croyant que Thisbé en a été victime, il se suicide. Celle-ci, revenant près du mûrier, découvre le corps sans vie de son amant et préfère se donner la mort à sa suite.






« Ô vous, parents trop malheureux ! Vous, mon père, et vous qui fûtes le sien, écoutez ma dernière prière ! Ne refusez pas un même tombeau à ceux qu'un même amour, un même trépas a voulu réunir ! Et toi, arbre fatal, qui de ton ombre couvres le corps de Pyrame, et vas bientôt couvrir le mien, conserve l'empreinte de notre sang ! Porte désormais des fruits symboles de douleur et de larmes, sanglant témoignage du double sacrifice de deux amants ! »

— Ovide, (trad. G. T. Villenave).

 

C'est de là que viendrait la couleur rouge des mûres d'après Ovide. De fait, dans la tradition latine, le terme de Pyramea arbor (« arbre de Pyrame ») était parfois utilisé pour désigner le mûrier.


Plusieurs récits de l'Antiquité tardive (Nonnos ou le roman chrétien des Recognitiones) rapportent une version sensiblement différente de celle d'Ovide. Situant la scène en Cilicie, ils montrent Thisbé se suicidant la première lorsqu'elle se découvre enceinte (par peur de ses parents), suivie par Pyrame ; les deux amants sont ensuite métamorphosés, Pyrame en fleuve et Thisbé en source. De fait, un fleuve nommé Pyrame coule en Cilicie, cette attestation toponymique semblant montrer que cette version de la légende remonte à une tradition plus ancienne et mieux établie que celle donnée par Ovide.


Évocations artistiques


John William Waterhouse, Thisbé, 1909, collection privée. Thisbé écoute Pyrame qui lui parle à travers la faille du mur

 

 

La légende de Pyrame et Thisbé a inspiré de nombreuses œuvres. La plus célèbre est sans doute Roméo et Juliette de William Shakespeare (1595), qui en reprend librement l'intrigue. Shakespeare a également utilisé ce thème dans Le Songe d'une nuit d'été, où il est joué dans une version parodique pour le mariage de Thésée, duc d'Athènes, et Hippolyte, reine des Amazones.


Au XVIIe siècle, plusieurs tragédies françaises ont été composées sur le thème des amants malheureux : ainsi de Jean Puget de La Serre, Pradon, et surtout Théophile de Viau avec Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé (1621), très appréciée en son temps.


En 1897, Edmond Rostand fait dire à son Cyrano de Bergerac dans la fameuse tirade du nez (acte I, scène 4) :


Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître ! »

 

En référence à l'extrait de la tirade de Thisbé lors de la mort de son amant dans la pièce de Théophile de Viau : « Ah voici le poignard qui du sang de son maître / S'est souillé lâchement. Il en rougit, le traître ! »


Elle inspira également des opéras :


Pyrame et Thisbé, tragédie lyrique en cinq actes et un prologue de François Francœur et François Rebel sur un livret de Jean-Louis Ignace de La Serre (1662-1756) représentée pour la première fois en 1726, reprise et remaniée en 1740, 1759 et 1771.
Piramo e Tisbe de Johann Adolph Hasse, représenté en 1768.
Piramo e Tisbe de Giuseppe Francesco Bianchi.
Piramo e Tisbe de Gaetano Andreozzi.
Piramo e Tisbe de Venanzio Rauzzini.
Piramo e Tisbe de Vincenzo Righini.
Piramo y Tisbe de Luis Mison.

 

 

Et des tableaux :


Pyrame et Thisbé, huile sur bois de Hans Baldung Grien, vers 1530, Berlin, Staatliche Museen ;
Pyrame et Thisbé, huile sur toile de Nicolas Poussin, 1651, Francfort, Stadel Kunstinstitut ;
Pyrame et Thisbé, tableau d'Andrea Boscoli aux Offices de Florence ;
Pyrame et Thisbé, tableau de Gregorio Pagani, Galeria degli Uffizi, Florence.
Thisbe, tableau de John William Waterhouse, 1909, coll. privée.

 

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 17:04

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(…)

ROXANE

Aujourd'hui...

Vos mots sont hésitants. Pourquoi ?

CYRANO, parlant à mi-voix, comme Christian

C'est qu'il fait nuit,

Dans cette ombre, à tâtons, ils cherchent votre oreille.

ROXANE

Les miens n'éprouvent pas difficulté pareille.

CYRANO

Ils trouvent tout de suite ? oh ! cela va de soi,

Puisque c'est dans mon coeur, eux, que je les reçois ;

Or, moi, j'ai le coeur grand, vous, l'oreille petite.

D'ailleurs vos mots à vous descendent : ils vont plus vite,

Les miens montent, Madame : il leur faut plus de temps !

ROXANE

Mais ils montent bien mieux depuis quelques instants.

CYRANO

De cette gymnastique, ils ont pris l'habitude !

ROXANE

Je vous parle en effet d'une vraie altitude !

CYRANO

Certes, et vous me tueriez si de cette hauteur

Vous me laissiez tomber un mot dur sur le coeur !

ROXANE, avec un mouvement

Je descends !

CYRANO, vivement

Non !

ROXANE, lui montrant le banc qui est sous le balcon

Grimpez sur le banc, alors, vite !

CYRANO, reculant avec effroi dans la nuit

Non !

ROXANE

Comment... non ?

CYRANO, que l'émotion gagne de plus en plus

Laissez un peu que l'on profite...

De cette occasion qui s'offre... de pouvoir

Se parler doucement, sans se voir.

ROXANE

Sans se voir ?

CYRANO

Mais oui, c'est adorable. On se devine à peine.

Vous voyez la noirceur d'un long manteau qui traîne,

J'aperçois la blancheur d'une robe d'été

Moi je ne suis qu'une ombre, et vous qu'une clarté !

Vous ignorez pour moi ce que sont ces minutes !

Si quelquefois je fus éloquent...

ROXANE

Vous le fûtes !

CYRANO

Mon langage jamais jusqu'ici n'est sorti

De mon vrai coeur...

ROXANE

Pourquoi ?

CYRANO

Parce que... jusqu'ici

Je parlais à travers...

ROXANE

Quoi ?

CYRANO

...le vertige où tremble

Quiconque est sous vos yeux !... Mais ce soir, il me semble...

Que je vais vous parler pour la première fois !

ROXANE

C'est vrai que vous avez une toute autre voix.

CYRANO, se rapprochant avec fièvre

Oui, tout autre, car dans la nuit qui me protège

J'ose être enfin moi-même, et j'ose...

Il s'arrête et, avec égarement.

Où en étais-je ?

Je ne sais... tout ceci, -pardonnez mon émoi,-

C'est si délicieux... c'est si nouveau pour moi !

ROXANE

Si nouveau ?

CYRANO, bouleversé, et essayant toujours de rattraper ses mots

Si nouveau... mais oui... d'être sincère

La peur d'être raillé, toujours au coeur me serre...

ROXANE

Raillé de quoi ?

CYRANO

Mais de... d'un élan !... Oui, mon coeur

Toujours, de mon esprit s'habille, par pudeur

Je pars pour décrocher l'étoile, et je m'arrête

Par peur du ridicule, à cueillir la fleurette !

ROXANE

La fleurette a du bon.

CYRANO

Ce soir, dédaignons-la !

ROXANE

Vous ne m'aviez jamais parlé comme cela !

CYRANO

Ah ! si, loin des carquois, des torches et des flèches,

On se sauvait un peu vers des choses... plus fraîches !

Au lieu de boire goutte-à-goutte, en un mignon

Dé à coudre d'or fin, l'eau fade du Lignon,

Si l'on tentait de voir comment l'âme s'abreuve

En buvant largement à même le grand fleuve !

ROXANE

Mais l'esprit ?...

CYRANO

J'en ai fait pour vous faire rester

D'abord, mais maintenant ce serait insulter

Cette nuit, ces parfums, cette heure, la Nature,

Que de parler comme un billet doux de Voiture !

-Laissons, d'un seul regard de ses astres, le ciel

Nous désarmer de tout notre artificiel

Je crains tant que parmi notre alchimie exquise

Le vrai du sentiment ne se volatilise,

Que l'âme ne se vide à ces passe-temps vains,

Et que le fin du fin ne soit la fin des fins !

ROXANE

Mais l'esprit ?...

CYRANO

Je le hais, dans l'amour ! C'est un crime

Lorsqu'on aime de trop prolonger cette escrime !

Le moment vient d'ailleurs inévitablement,

-Et je plains ceux pour qui ne vient pas ce moment !

Où nous sentons qu'en nous une amour noble existe

Que chaque joli mot que nous disons rend triste !

ROXANE

Eh bien ! si ce moment est venu pour nous deux,

Quels mots me direz-vous ?

CYRANO

Tous ceux, tous ceux, tous ceux

Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe,

Sans les mettre en bouquets : je vous aime, j'étouffe,

Je t'aime, je suis fou, je n'en peux plus, c'est trop ;

Ton nom est dans mon coeur comme dans un grelot,

Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,

Tout le temps, le grelot s'agite, et le nom sonne !

De toi, je me souviens de tout, j'ai tout aimé

Je sais que l'an dernier, un jour, le douze mai,

Pour sortir le matin tu changeas de coiffure !

J'ai tellement pris pour clarté ta chevelure

Que, comme lorsqu'on a trop fixé le soleil,

On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil,

Sur tout, quand j'ai quitté les feux dont tu m'inondes,

Mon regard ébloui pose des taches blondes !

ROXANE, d'une voix troublée

Oui, c'est bien de l'amour...

CYRANO

Certes, ce sentiment

Qui m'envahit, terrible et jaloux, c'est vraiment

De l'amour, il en a toute la fureur triste !

De l'amour, -et pourtant il n'est pas égoïste !

Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien,

Quand même tu devrais n'en savoir jamais rien,

S'il ne pouvait, parfois, que de loin, j'entendisse

Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice !

-Chaque regard de toi suscite une vertu

Nouvelle, une vaillance en moi ! Commences-tu

A comprendre, à présent ? voyons, te rends-tu compte ?

Sens-tu mon âme, un peu, dans cette ombre, qui monte ?...

Oh ! mais vraiment, ce soir, c'est trop beau, c'est trop doux !

Je vous dis tout cela, vous m'écoutez, moi, vous !

C'est trop ! Dans mon espoir même le moins modeste,

Je n'ai jamais espéré tant ! Il ne me reste

Qu'à mourir maintenant ! C'est à cause des mots

Que je dis qu'elle tremble entre les bleus rameaux !

Car vous tremblez ! car j'ai senti, que tu le veuilles

Ou non, le tremblement adoré de ta main

Descendre tout le long des branches du jasmin !

Il baise éperdument l'extrémité d'une branche pendante.

ROXANE

Oui, je tremble, et je pleure, et je t'aime, et suis tienne !

Et tu m'as enivrée !

CYRANO

Alors, que la mort vienne !

Cette ivresse, c’est moi, moi, qui l'ai su causer !

Je ne demande plus qu'une chose...

CHRISTIAN, sous le balcon

Un baiser !

ROXANE, se rejetant en arrière

Hein ?

CYRANO

Oh !

ROXANE

Vous demandez ?

CYRANO

Oui... je...

A Christian bas.

Tu vas trop vite.

CHRISTIAN

Puisqu'elle est si troublée, il faut que j'en profite !

CYRANO, à ROXANE

Oui, je... j'ai demandé, c'est vrai... mais justes cieux !

Je comprends que je fus bien trop audacieux.

ROXANE, un peu déçue

Vous n'insistez pas plus que cela ?

CYRANO

Si ! j'insiste...

Sans insister !... Oui, oui ! votre pudeur s'attriste !

Eh bien ! mais, ce baiser... ne me l'accordez pas !

CHRISTIAN, à CYRANO, le tirant par son manteau

Pourquoi ?

CYRANO

Tais-toi, Christian !

ROXANE, se penchant

Que dites-vous tout bas ?

CYRANO

Mais d'être allé trop loin, moi-même je me gronde ;

Je me disais : tais-toi, Christian !...

Les théorbes se mettent à jouer.

Une seconde !...

On vient ! Roxane referme la fenêtre. Cyrano écoute les théorbes, dont un joue un air folâtre et l'autre un air lugubre.

Air triste ? Air gai ?... Quel est donc leur dessein ?

Est-ce un homme ? une femme ? -Ah ! c'est un capucin !

Entre un capucin qui va de maison en maison, une lanterne à la main, regardant les portes.

(…)

 

 

Cyrano de Bergerac

Acte troisième, scène VII

 

 

 

 

 

 

 

 


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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 05:04

cyrano_sorano3_1.jpg 

 

 

Daniel Sorano est sans conteste le plus grand interprète de Cyrano. Ne l’appelait-on pas Sorano de Bergerac ? Mort d’une crise cardiaque en 1962, à l’âge de 41 ans, il fut inhumé, selon son souhait, vêtu du costume de Cyrano.

 

 

 

 

 


Sainte Amandine est fêtée le neuf juillet.

 

Née en Belgique, Pauline Jeuris (1872-1900) se fit sœur Maria Amandina, franciscaine, et partit en mission en Chine.

Sa joie de vivre et sa bonté firent qu'on l'appela la "Vierge européenne qui rit toujours".

Elle fut assassinée au cours de la guerre de Boxers alors

qu'elle avait à peine 28 ans. Elle fut canonisée le 1er octobre 2000.

 

 


Quant à notre fameux poète pâtissier, ce bon Rageneau, il donne en vers sa recette des tartelettes amandines :


 

RAGUENEAU

Comment on fait les tartelettes amandines.

 

 

Battez, pour qu'ils soient mousseux,

Quelques œufs ;

Incorporez à leur mousse

Un jus de cédrat choisi ;

Versez-y

Un bon lait d'amande douce;

Mettez de la pâte à flan

Dans le flanc

De moules à tartelette ;

D'un doigt preste, abricotez

Les côtés ;

Versez goutte à gouttelette

Votre mousse en ces puits, puis

Que ces puits

Passent au four, et, blondines,

Sortant en gais troupelets,

Ce sont les

Tartelettes amandines!

 

LES POETES, la bouche pleine

Exquis! Délicieux!

 

UN POETE, s'étouffant

Homph!

 

Ils remontent vers le fond, en mangeant. Cyrano qui a observé s'avance vers Ragueneau.

 

CYRANO

Bercés par ta voix,

Ne vois-tu pas comme ils s'empiffrent?

 

RAGUENEAU, plus bas, avec un sourire

Je le vois...

Sans regarder, de peur que cela ne les trouble ;

Et dire ainsi mes vers me donne un plaisir double,

Puisque je satisfais un doux faible que j'ai

Tout en laissant manger ceux qui n'ont pas mangé !

 

Acte 2 – scène IV

 

 

 

 

Ragueneau, le bon pâtissier Ragueneau est interprété par Michel Galabru. Parmi les poètes qui se goinfrent on retrouvera Henri Tisot. Et bien sûr dans le rôle de Cyrano, Daniel SORANO !   

 

 


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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 10:31

edward-hpper-unefemme-au--soleil-61-jpg 

... Ô Soleil ! toi sans qui les choses

Ne seraient que ce qu'elles sont !


 

 

 

Hymne au soleil

 

 

Je t'adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,

Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,

Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,

Se divise et demeure entière

Ainsi que l'amour maternel !

 

Je te chante, et tu peux m'accepter pour ton prêtre,

Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu

Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,

L'humble vitre d'une fenêtre

Pour lancer ton dernier adieu !

 

Tu fais tourner les tournesols du presbytère,

Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher,

Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,

Tu fais bouger des ronds par terre

Si beaux qu'on n'ose plus marcher !

 

Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !

Sois béni parmi l'herbe et contre les portails !

Dans les yeux des lézards et sur l'aile des cygnes !

Ô toi qui fais les grandes lignes

Et qui fais les petits détails!

 

C'est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre

Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit,

De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,

A chaque objet donnant une ombre

Souvent plus charmante que lui !

 

Je t'adore, Soleil ! Tu mets dans l'air des roses,

Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !

Tu prends un arbre obscur et tu l'apothéoses !

Ô Soleil ! toi sans qui les choses

Ne seraient que ce qu'elles sont !

 

 

Edmond ROSTAND

Chanteclerc, 1908

 

 

 

 

 

 

Joseph-DeCamp-Soleil-de-juin-1902.jpg

Joseph DeCamp

Soleil de juin, 1902

 

 

edward-hopper-morning-sun.52.jpg 

Edward Hopper

Morning sun,1952

 

edward-hpper-unefemme-au--soleil-61-jpg

Edward Hopper

Une femme au soleil, 1962

 

 


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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 09:03

cyrano-de-bergerac-copie-1.jpg

 

 

 

(…) ROXANE

Nous parlions de... de... d'un...

CYRANO

                                              Baiser. Le mot est doux !

 

 

 

 

 

Dans l’acte 3 – scènes VII et X (extraits choisis)

 

ROXANE

Mais l'esprit ?...

 

CYRANO

                      Je le hais, dans l'amour ! C'est un crime

Lorsqu'on aime de trop prolonger cette escrime !

Le moment vient d'ailleurs inévitablement,

-Et je plains ceux pour qui ne vient pas ce moment !

Où nous sentons qu'en nous une amour noble existe

Que chaque joli mot que nous disons rend triste !

 

ROXANE

Eh bien ! si ce moment est venu pour nous deux,

Quels mots me direz-vous ?

 

CYRANO

                                   Tous ceux, tous ceux, tous ceux

Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe,

Sans les mettre en bouquets : je vous aime, j'étouffe,

Je t'aime, je suis fou, je n'en peux plus, c'est trop ;

Ton nom est dans mon coeur comme dans un grelot,

Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,

Tout le temps, le grelot s'agite, et le nom sonne !

De toi, je me souviens de tout, j'ai tout aimé

Je sais que l'an dernier, un jour, le douze mai,

Pour sortir le matin tu changeas de coiffure !

J'ai tellement pris pour clarté ta chevelure

Que, comme lorsqu'on a trop fixé le soleil,

On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil,

Sur tout, quand j'ai quitté les feux dont tu m'inondes,

Mon regard ébloui pose des taches blondes !

 

ROXANE, d'une voix troublée

Oui, c'est bien de l'amour...

 

CYRANO

                                                 Certes, ce sentiment

Qui m'envahit, terrible et jaloux, c'est vraiment

De l'amour, il en a toute la fureur triste !

De l'amour, -et pourtant il n'est pas égoïste !

Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien,

Quand même tu devrais n'en savoir jamais rien,

S'il ne pouvait, parfois, que de loin, j'entendisse

Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice !

-Chaque regard de toi suscite une vertu

Nouvelle, une vaillance en moi ! Commences-tu

A comprendre, à présent ? voyons, te rends-tu compte ?

Sens-tu mon âme, un peu, dans cette ombre, qui monte ?...

Oh ! mais vraiment, ce soir, c'est trop beau, c'est trop doux !

Je vous dis tout cela, vous m'écoutez, moi, vous !

C'est trop ! Dans mon espoir même le moins modeste,

Je n'ai jamais espéré tant ! Il ne me reste

Qu'à mourir maintenant ! C'est à cause des mots

Que je dis qu'elle tremble entre les bleus rameaux !

Car vous tremblez ! car j'ai senti, que tu le veuilles

Ou non, le tremblement adoré de ta main

Descendre tout le long des branches du jasmin !

Il baise éperdument l'extrémité d'une branche pendante.

 

ROXANE

Oui, je tremble, et je pleure, et je t'aime, et suis tienne !

Et tu m'as enivrée !

 

CYRANO

                                    Alors, que la mort vienne !

Cette ivresse, c’est moi, moi, qui l'ai su causer !

Je ne demande plus qu'une chose...

 

CHRISTIAN, sous le balcon

Un baiser !

 

ROXANE, se rejetant en arrière

Hein ?

 

CYRANO

Oh !

 

ROXANE

Vous demandez ?

 

(…)

 

 

ROXANE, s'avançant sur le balcon

C'est vous ?

Nous parlions de... de... d'un...

 

CYRANO

                                     Baiser. Le mot est doux !

Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;

S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?

Ne vous en faites pas un épouvantement

N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,

Quitté le badinage et glissé sans alarmes

De sourire au soupir, et du soupir aux larmes !

Glisser encore un peu d'insensible façon

Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !

 

ROXANE

Taisez-vous !

 

CYRANO

Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?

Un serment fait d'un peu plus près, une promesse

Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,

Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;

C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,

Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,

Une communication ayant un goût de fleur,

Une façon d'un peu se respirer le coeur,

Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !

 

 

 


gustave-klimt-04 

Illustration : Le Baiser (1907)

Le Baiser est la plus célèbre des ceuvres de Gustav Klimt, et on le considère généralement comme le sommet de la « période dorée » du peintre. Klimt est parvenu ici à maintenir l'équilibre grâce à une représentation des personnages pleine de force et de sensualité : la position agenouillée du couple, l'étreinte puissante de l'homme et le visage extasié de la femme donnent aux deux amants une présence extraordinaire. Autour d'eux se déploie un cadre fastueux de feuilles d'or et d'argent : ils reposent sur un magnifique tapis de fIeurs. Le manteau de l'homme est orné de rectangles noirs et blancs qui s'opposent aux motifs ronds et plus colorés de la robe de la femme.

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 05:58

 

Cyrano de Bergerac. Nous sommes tout au début de la pièce, en l’hôtel de Bourgogne. Les lustres sont encore baissés au milieu du parterre. La salle est dans une demi-obscurité et le public se presse pour venir écouter et voir jouer La Clorise… On fait les présentations. Ecoutons ce qui se dit alors :

 

 

 

CYRANO DE BERGERAC  - ACTE I, SCENE 2

 

les mêmes, Christian, Lignière, puis Ragueneau

et Le Bret.

                  Cuigy

Lignière !

                  Brissaille, riant.

                  Pas encore gris ? ...

 

                  Lignière, bas à Christian.

                                                     Je vous présente ?

(signe d' assentiment de Christian.)

Baron de Neuvillette.

(saluts.)

                  La Salle, acclamant l' ascension du premier

lustre allumé.

                                      Ah !

                  Cuigy, à Brissaille, en regardant Christian.

                                               La tête est charmante.

 

                  Premier Marquis, qui a entendu.

Peuh ! ...

                  Lignière, présentant à Christian.

           Messieurs De Cuigy, De Brissaille...

                  Christian, s’inclinant.

                                                                          Enchanté !...

                  Premier Marquis, au deuxième.

Il est assez joli, mais n'est pas ajusté

Au dernier goût.

                  Lignière, à Cuigy.

                               Monsieur débarque de Touraine.

                  Christian

Oui, je suis à Paris depuis vingt jours à peine.

J'entre aux gardes demain, dans les Cadets.

                  Premier Marquis, regardant les personnes qui

entrent dans les loges.

                                                                          Voilà

La présidente Aubry !

                  La Distributrice

                                        Oranges, lait...

                  Les Violons, s'accordant.

                                                                   La... la...

                  Cuigy, à Christian, lui désignant la salle qui

se garnit.

Du monde !

                  Christian

                                Eh ! Oui, beaucoup.

                  Premier Marquis

                                                                 Tout le bel air !

(ils nomment les femmes à mesure qu' elles entrent,

très parées, dans les loges. Envois de saluts,

réponses de sourires.)

                  Deuxième Marquis

                                                                                Mesdames

De Guéménée...

                  Cuigy

                               De Bois-dauphin...

                  Premier Marquis

                                                                 Que nous aimâmes...

 

 


 

cyrano_caleche.jpg 

Note : La présidente Aubry est bien entendu une de nos chères précieuses. Il s’agit de Françoise de Villandry, qui tenait salon rue Saint-Thomas du Louvre, en l’Hôtel de Rambouillet. Mais chut… Une fois « voiturées les commodités de la conversation », voici que nos précieuses Barthénoïde, Urimédonte, Cassadance, Félixérie, Arthénice (anagramme de Catherine) s’apprêtent à lire chez Clomire le Discours sur le Tendre

 

 


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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 05:36

 

 

...Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,

Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,

Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,

Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,

Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,

Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ! 

 


15 avril 2010 - 15 avril 2012. Aujourd'hui, deux années se sont écoulées depuis la création de Nuageneuf. Un peu plus de 750 poèmes, textes en prose ou billets illustrés d'un peu plus de 800 toiles de maîtres ont été publiés. Petit à petit, jour après jour, des ami(e)s sont venus. Ex nihilo. Cela reste très mystérieux. (Presque) tous sont restés. Mieux encore, quelques sites d'universités françaises (Lyon II, Nancy, Grenoble etc...) et québécoises (Montréal, Québec etc..., l'université du Manitoba...), une vingtaine de collèges, de classes ou de professeurs nous référencent ou nous citent ou, fort heureusement, nous corrigent. Ces encouragements aussi inattendus qu'inespérés sont autant de chaleureuses incitations à poursuivre notre cheminement en poésie, à tenter de faire partager nos découvertes, nos élans ou nos émerveillements malgré les temps mauvais et les ciels d'avenir qui s'obscurcissent. Nous proposons à l'occasion de ce deuxième anniversaire la tirade des "Non merci" extraite de l'Acte II, scène VIII de Cyrano de Bergerac.

 


 

LE BRET


Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire,

La fortune et la gloire...

 

CYRANO


                                  Et que faudrait-il faire ?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,

Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc

Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,

Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ?

Non, merci ! Dédier, comme tous ils le font,

Des vers aux financiers ? se changer en bouffon

Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,

Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?

Non, merci ! Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ?

Avoir un ventre usé par la marche ? une peau

Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?

Exécuter des tours de souplesse dorsale ?...

Non, merci ! D'une main flatter la chèvre au cou

Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,

Et donneur de séné par désir de rhubarbe1,

Avoir son encensoir, toujours, dans quelque barbe ?

Non, merci ! Se pousser de giron en giron2,

Devenir un petit grand homme dans un rond,

Et naviguer, avec des madrigaux3 pour rames,

Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?

Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy4

Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !

S'aller faire nommer pape par les conciles

Que dans des cabarets tiennent des imbéciles ?

Non, merci ! Travailler à se construire un nom

Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non,

Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes5 ?

Être terrorisé par de vagues gazettes6,

Et se dire sans cesse : "Oh ! pourvu que je sois

Dans les petits papiers du Mercure François" ?...

Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,

Préférer faire une visite qu'un poème,

Rédiger des placets7, se faire présenter ?

Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter,

Rêver, rire, passer, être seul, être libre,

Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre,

Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,

Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers !

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,

À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !

N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,

Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,

Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !

Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,

Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,

Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,

Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,

Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,

Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

 

LE BRET

 


Tout seul, soit ! mais non pas contre tous ! Comment diable

As-tu donc contracté la manie effroyable

De te faire toujours, partout, des ennemis ?

 

CYRANO

 


A force de vous voir vous faire des amis,

Et rire à ces amis dont vous avez des foules,

D'une bouche empruntée au derrière des poules !

J'aime raréfier sur mes pas les saluts,

Et m'écrie avec joie : un ennemi de plus !

 

 

(...) 


LE BRET

après un silence, passant son bras sous le sien

 

Fais tout haut l'orgueilleux et l'amer, mais, tout bas,

Dis-moi tout simplement qu'elle ne t'aime pas !

 

CYRANO

vivement

 

Tais-toi ! 

 

 

 

 

Notes pour les plus jeunes :


1. Et, donneur de séné par désir de rhubarbe : ce vers vient d'une expression " proposer la rhubarbe pour avoir le séné ", qui signifie s'entendre à l'amiable mais de façon malhonnête : Cyrano n'accepte pas les arrangements louches.

2. giron : partie du corps qui s'étend de la ceinture au genoux quand on est assis ; ici, signifie "lieu protecteur ".

3. madrigaux : le madrigal est une petite pièce de vers exprimant une pensée fine, tendre ou galante.

4. le bon éditeur de Sercy : puisque cet éditeur publiait à compte d'auteur, cela signifie qu'il éditait des gens sans doute de peu de talent qui payaient pour se faire remarquer.

5. mazette : personne qui manque de force, d'habileté, d'énergie.

6. gazette : journal.

7. placet : écrit qui a pour but de demander une grâce, une faveur.

 


 nuageneuf.jpg

Nuageneuf remercie tout particulièrement Pik

de lui avoir adressé ce photo-montage.

 


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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 15:12

800px-botticelli venusIllustration : La naissance de Vénus (ou Vénus anadyomène) – Sandro Boticelli – vers 1485 – Offices de Florence.

Elle est entourée à gauche par Zéphyr et Aura, dieux du vent, et à droite par Heure, déesse du printemps.

Note : Vénus anadyomène (littéralement : sortant de l’eau) est le titre d’un célèbre poème dans lequel Rimbaud détourne  la beauté de Vénus pour en faire une affreuse femme qui sort de sa baignoire. Mais ceci est une autre histoire.

 


 

 

Pour le week-end, on vous sort, telle Vénus de sa coquille Saint Jacques, cet extrait de l’acte III, scène V, nommé “scène du baiser” où Christian, après qu’il a refusé l’aide de Cyrano, dévoile tout seul comme un grand sa flamme à Roxane.

 

 

 

 

 

Acte III - Scène V

 

(…) Roxane voit Christian.

C'est vous !...

Elle va à lui.

                                                            Le soir descend.

Attendez. Ils sont loin. L'air est doux. Nul passant.

Asseyons-nous. Parlez. J'écoute.

 

CHRISTIAN,

s'assied près d'elle, sur le banc. Un silence.

                                           Je vous aime.

ROXANE, fermant les yeux

Oui, parlez-moi d'amour.

CHRISTIAN

        Je t'aime.

ROXANE

C'est le thème.

Brodez, brodez.

CHRISTIAN

                                  Je vous...

ROXANE

        Brodez !

CHRISTIAN

Je t'aime tant.

ROXANE

Sans doute. Et puis ?

CHRISTIAN

Et puis... je serai si content

Si vous m'aimiez ! -Dis-moi, Roxane, que tu m'aimes !

ROXANE, avec une moue

Vous m'offrez du brouet quand j'espérais des crèmes !

Dites un peu comment vous m'aimez ?...

CHRISTIAN

Mais... beaucoup.

ROXANE

Oh !... Délabyrinthez vos sentiments !

CHRISTIAN,

qui s'est rapproché et dévore des yeux la nuque blonde

Ton cou !

Je voudrais l'embrasser !...

ROXANE

                Christian !

CHRISTIAN

Je t'aime !

ROXANE, voulant se lever

Encore !

CHRISTIAN, vivement, la retenant

Non, je ne t'aime pas !

ROXANE, se rasseyant

     C'est heureux.

CHRISTIAN

Je t'adore !

ROXANE, se levant et s'éloignant

Oh !

CHRISTIAN

         Oui... je deviens sot !

ROXANE

Et cela me déplaît !

Comme il me déplairait que vous devinssiez laid.

CHRISTIAN

Mais...

ROXANE

Allez rassembler votre éloquence en fuite !

CHRISTIAN

Je...

ROXANE

           Vous m'aimez, je sais. Adieu.

Elle va vers la maison

CHRISTIAN

Pas tout de suite !

Je vous dirai...

ROXANE, poussant la porte pour rentrer

                                            Que vous m'adorez... oui, je sais.

Non ! non ! Allez-vous-en !

CHRISTIAN

Mais je...

Elle lui ferme la porte au nez.

CYRANO,

qui depuis un moment est rentré sans être vu

C'est un succès.

 

 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 08:58

 

Nous sommes tout au début de la pièce, en l’hôtel de Bourgogne. Les lustres sont encore baissés au milieu du parterre. La salle est dans une demi-obscurité et le public se presse pour venir écouter et voir jouer La Clorise… On fait les présentations. Ecoutons ce qui se dit alors :

 

 

 

CYRANO DE BERGERAC  - ACTE I, SCENE 2

 

les mêmes, Christian, Lignière, puis Ragueneau

et Le Bret.

                  Cuigy

Lignière !

                  Brissaille, riant.

                  Pas encore gris ? ...

 

                  Lignière, bas à Christian.

                                                     Je vous présente ?

(signe d' assentiment de Christian.)

Baron de Neuvillette.

(saluts.)

                  La Salle, acclamant l' ascension du premier

lustre allumé.

                                      Ah !

                  Cuigy, à Brissaille, en regardant Christian.

                                               La tête est charmante.

 

                  Premier Marquis, qui a entendu.

Peuh ! ...

                  Lignière, présentant à Christian.

           Messieurs De Cuigy, De Brissaille...

                  Christian, s’inclinant.

                                                                          Enchanté !...

                  Premier Marquis, au deuxième.

Il est assez joli, mais n'est pas ajusté

Au dernier goût.

                  Lignière, à Cuigy.

                               Monsieur débarque de Touraine.

                  Christian

Oui, je suis à Paris depuis vingt jours à peine.

J'entre aux gardes demain, dans les Cadets.

                  Premier Marquis, regardant les personnes qui

entrent dans les loges.

                                                                          Voilà

La présidente Aubry !

                  La Distributrice

                                        Oranges, lait...

                  Les Violons, s'accordant.

                                                                   La... la...

                  Cuigy, à Christian, lui désignant la salle qui

se garnit.

Du monde !

                  Christian

                                Eh ! Oui, beaucoup.

                  Premier Marquis

                                                                 Tout le bel air !

(ils nomment les femmes à mesure qu' elles entrent,

très parées, dans les loges. Envois de saluts,

réponses de sourires.)

                  Deuxième Marquis

                                                                                Mesdames

De Guéménée...

                  Cuigy

                               De Bois-dauphin...

                  Premier Marquis

                                                                 Que nous aimâmes...

 

 

cyrano_caleche.jpg 

Note : La présidente Aubry est bien entendu une de nos chères précieuses. Il s’agit de Françoise de Villandry, qui tenait salon rue Saint-Thomas du Louvre, en l’Hôtel de Rambouillet. Mais chut… Une fois « voiturées les commodités de la conversation », voici que nos précieuses Barthénoïde, Urimédonte, Cassadance, Félixérie, Arthénice (anagramme de Catherine) s’apprêtent à lire chez Clomire le Discours sur le Tendre

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 10:02


 

 

L'histoire

En 1900, Rostand, atteint de pneumonie, se rend à Cambo, une station recommandée aux poitrinaires. Le charme du lieu le touche, à tel point qu'il achète plusieurs hectares sur la colline surplombant la vallée de l'Arraga pour y faire bâtir une maison. En 1906 sa construction est achevée : l'"Arnaga" est prête à abriter son propriétaire.

 

La propriété

Dans le somptueux intérieur emblématique de la Belle Epoque, conçu comme "un décor de théâtre", c'est le bureau de l'écrivain, tapissé de miroirs, qui retient l'attention. Au rez-de-chaussée, on trouve une salle à manger de style Louis XVI, avec une niche ornée d'une fontaine en rocaille, et la bibliothèque de l'écrivain. Sur les rayons, Rostand a déposé des ouvrages fictifs : Quiquengrogne de Hugo ou Corambé de George Sand.

Un grand escalier de pierre blanche en colimaçon mène au premier étage. Les trois pièces donnant sur le jardin abritaient les chambres de ses fils et de son épouse Rosemonde ; elles sont désormais consacrées au théâtre de Rostand, et les dessins des costumes de Chanteclerc y sont exposés.

 biblio-copie-1.jpg

 

Quant aux jardins, entretenus par une foule de jardiniers, ils ont du temps de l'auteur fait l'objet d'un soin méticuleux : un jardin à la française, à la géométrie parfaite et au centre duquel trône un grand bassin entoure le devant de la villa d'inspiration basque. Une petite porte derrière la maison conduit à un jardin à l'anglaise où notre poète a laissé la nature déployer ses beautés plus librement.

 152-jardinfran1.jpg.jpg

La maison accueillit les nombreux et illustres amis de Rostand : Sarah Bernhardt, Anna de Noailles, Gabriele d'Annunzio, Jean Cocteau. Rostand la quitta lorsque son mariage prit fin, vers 1915.

Dès 1913, il devint l’amant de Mary Marquet avec laquelle il partagera une grande passion jusqu’à sa mort en 1918.

 

L'Arnaga fut acquise par la ville de Cambo en 1961, pour y installer le musée Edmond Rostand.

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