Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 06:58

 

 

 

J'ai trempé mon doigt dans la confiture

turelure

Ca sentait les abeilles

Ca sentait les groseilles

Ca sentait le soleil

J'ai trempé mon doigt dans la confiture

Puis je l'ai sucé

Comme on suce les joues de bonne grand-maman

Qui n'a plus mal aux dents

Et qui parle de fées...

Puis je l'ai sucé

Sucé

Mais tellement sucé

Que je l'ai avalé.

 

René de Obaldia in  Les innocentines

 

 Obaldia.jpeg

 

obaldia.png 

 

 

L'atelier de René de Obaldia

Dimanche après-midi, sur France Inter, Vincent Josse rendait visite à René de Obaldia en son appartement parisien. Il sonne. Obaldia lui ouvre. Josse : - Vous fumez !... Obaldia : - Oui, je fume, je bois, je respire, je vis !...Mais écoutons donc l'émission. Elle dure une trentaine de minutes. Voici le lien :

  

http://www.franceinter.fr/emission-l-atelier-l-atelier-de-rene-de-obaldia

 

 


Après avoir rappelé que René de Obaldia a 93 ans...voici de courts extraits d'un entretien qu'il donna à François Busnel il y a quelques temps :

 

R.De Obaldia La littérature rime avec aventure. Il faut qu’écrire soit une nécessité. Les surréalistes posaient la question : « Pourquoi écrivez-vous ? » C’était une grande question. On peut renverser la question et demander : « Pourquoi n’écrivez-vous pas ? » C’est encore autre chose... À  la question « Pourquoi écrivez-vous ? », certains affirmaient : « J’écris pour être riche, pour être célèbre. » François Mauriac répondait à peu près : « J’écris pour emmerder ma famille. » André Breton déclarait : « J’écris pour faire des rencontres. » Je prends cette formule à mon compte. Borges disait : « J’écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps. » C’est superbe, ça ! J’ai écrit pour communiquer, pour dire des choses sans penser que je pourrais avoir de l’argent, parce que c’était naturel chez moi, parce que c’était une nécessité.

 

F.Busnel : Lorsque, en des temps sans doute plus durs que d’autres, vous avez été fait prisonnier de guerre et que vous avez passé quatre ans au stalag, vous avez écrit les Innocentines. Mais il s’agit de pièces très gaies, pas du tout tragiques. Dans la littérature des camps, c’est assez inédit...


R.De Obaldia  C’était un camp de discipline en Pologne. Je n’avais rien pour écrire. C’était en 1942, un moment de barbarie totale. J’avais besoin de revenir à une certaine virginité, à une certaine innocence. C’est pour cela que j’ai eu l’idée d’écrire ce premier poème pour enfants, Innocentines, sur des sacs d’engrais. Face à la sauvagerie, aux abominations, j’ai voulu revenir à une source même de la vie, de l’émerveillement, de l’étonnement, de l’innocence. Vous vous demandez pourquoi je n’ai pas écrit quelque chose de tragique ? C’était un besoin qu’on ne peut pas expliquer.

 

 

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans DE OBALDIA René
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : nuageneuf.over-blog.com
  • : Poésie, Poésie pour enfant, Poésie pour la jeunesse, Textes classiques et modernes, Mémoire de la Shoah,
  • Contact

Recherche

Pages