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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 00:58

 

Philosophie magazine. En voilà un bel objet ! Un magazine tout en plaisirs pour l’œil et les neurones. À la une, le visage clair-obscur d’une nymphette médiévale, pour vous remémorer qui vous savez.

philo mag juin 2010

Illustration : le numéro de juin 2010.

«Crois-moi, démon aux éruptions tapageuses et infernales ! les grands événements, ce ne sont pas nos heures les plus bruyantes, mais nos heures les plus silencieuses.»  dit Nietzsche.

 

Oui, un beau magazine. À la page de l’édito, même le rédacteur en chef (Alexandre Lacroix) a de la gueule, c’est tout dire. Il a même trouvé le moyen de montrer sa belle bouille dans un petit encart en haut à droite. Pas pour rien qu’il a reçu le prix : «Élu magazine de l’année 2010». Quand la philosophie séduit, qui se plaindra ?

article_lacroix.jpg

Mais le propos est ailleurs. Dans chaque numéro, une page recto verso en fin de magazine est consacrée à quelques jeux et tests divers fort intéressants. Exemple : envoyer une légende en rapport avec une photo ou un dessin. Le mois dernier, la photo à légender était celle de Simone. On se souvient des étranglements offusqués de la gôôche germanopratine après que le Nouvel Obs sacrilège l’a mis en couverture de son numéro du 3 janvier 2008 ! « Touche pas à ma Simone ! »

simone-beauvoir-Chicago-1952-Art-Shay.jpg 

Simone de Beauvoir. Chicago 1952 . Art SHAY.

Les légendes retenues sont savoureuses. Les gagnant(e)s sont :

 1er : « Le deuxième sexe a bon dos, ne baissons pas les bras ! » Michèle Birgi.

2ème : « On a beau voir, on n’en croit pas ses idées. » Albert Woda.

3ème : « La postérité regarde toujours derrière. » Véronique Riffault

Frédéric Thellery.

ps : sexistes incultes, nous préférons la 2ème à la 1ère !

 


Annexe : L’histoire de la photo narrée au Nouvel Obs par Art Shay, si la lecture vous en dit.Ca a l'avantage de remettre quelques pendules à l'heure : (clic)

 


 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 11:24

le-chat-199x300.jpg 

 

 

 

Illustration : Léonor FINI. Une toile extraite de Miroir de chats paru en 1977.

Déjà évoquée ici, Léonor Fini a regroupé dans cet ouvrage un ensemble de tableaux, esquisses et aquarelles dédiés aux chats, sources intarissables de son inspiration.

 

 

 


Les esclaves.


Difficile de préciser le jour exact. Disons, au commencement. Au commencement donc, Dieu créa le chat à son image. Et, bien entendu, il trouva que cela était bien. Et c'était bien, d'ailleurs. Mais le chat était paresseux. Il ne voulait rien faire. Alors, plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa l'homme. Uniquement dans le but de servir le chat, de lui servir d'esclave jusqu'à la fin des temps. Au chat il avait donné l'indolence et la lucidité; à l'homme, il donna la névrose, le goût du bricolage et la passion du travail. L'homme s'en donna à coeur joie.

 

Au cours des siècles, il édifia toute une civilisation basée sur l'invention, la production et la consommation intensives. Civilisation qui n'avait en fait qu'un but secret : offrir au chat le confort, le gîte et le couvert.


C'est dire que l'homme inventa des millions d'objets inutiles, généralement absurdes, tout cela pour produire parallèlement les quelques objets indispensables au bien-être du chat : le radiateur, le coussin, le bol, le bac de sciure, le pêcheur breton, le tapis, la moquette, le panier d'osier, et peut-être aussi la radio puisque les chats aiment la musique de Tchaïkovski.


Mais de tout cela les hommes ne savent rien. À leurs souhaits. Bénis soient-ils. Et ils croient l'être. Tout est pour le mieux dans le meilleur monde des chats.

Fred Thellery



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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 08:30

burqaloi_0.jpg

 

DES (mauvais) GENIES, ELFES ET JINNS.

 

Excusez-moi, Monsieur, je viens tout droit d'Ispahan, et me voici tout fraîchement débarqué à Paris, la ville lumière qui semble aujourd'hui bien obscure. Peut-être pourriez-vous m'éclairer ?

 

- Mais avec plaisir, cher Monsieur.

 

- Il s'agit du voile intégral. J'ai cru comprendre que les Parisiens, et les Français dans leur ensemble, n'en voulaient pas.

 

- Voilà qui n'est pas faux.

 

- Ce voile cacherait le visage des femmes...

 

- Entre autres, oui.

 

- Il les gênerait dans leur vie de tous les jours...

 

- Leurs nuits ne nous concernent pas.

 

- Les empêcherait de conduire...

 

- Avec nos embarras de circulation...

 

- Et, ajoute-t-on, attenterait à leur dignité de femme.

 

- Il y contribue peu !

 

- Mais on dit, à Ispahan, que votre Assemblée nationale, n'a pas été unanime à voter la loi qui en interdit le port ?

 

 

- C'est vrai.

 

- S'y sont opposés, je suppose, les gens de religion, hostiles à tout changement...?

 

- Eh bien non, justement. Se sont abstenus les députés de gôche.

 

- Les députés de gauche ! Allons donc. Auriez-vous, en France, tout inversé ? Le centre est bien toujours au milieu, rassurez-moi ?

 

- Plus que jamais.

 

- Les Français auraient-ils alors changé de boussole, d'orientation ? Ou de vocabulaire ?

 

- Ils n'en ont pas changé, ils n'en ont plus, Monsieur.

 

- Mais ce doit être terrible, pour un peuple aussi cartésien !

 

- Oh, détrompez-vous, s'ils n'en ont plus, c'est qu'ils en ont trop !

 

- Cela vous dérangerait beaucoup de m'expliquer un peu...Je comprends si mal...

 

- Eh bien notre France, voyez-vous, n'a plus le droit de parler de son identité...

 

- Mais enfin qui donc l'en empêche ? Vous serait-il échu un tyran ?

 

- Si ça n'était qu'un tyran, Monsieur ! Nos ancêtres nous ont appris à nous en débarrasser. Non ! vraiment pas de tyran. Il s'agit plutôt d'un fléau contre lequel les peuples sont impuissants.

 

- Même le peuple français ?

 

- Lui plus qu'un autre, croyez moi.

 

- Que voulez-vous dire ?

 

- Eh bien...Vous pensez vous trouver dans le pays des Droits de l'Homme, n'est-ce pas ?

 

- Certainement. Cela aussi a-t-il changé ?

 

- Cela seul a changé. Vous êtes à présent dans le pays des Devoirs de l'Homme.

 

- Ma foi, je comprenais mal, je ne comprends plus goutte !

 

- C'est pourtant simple: le monde entier vient chez nous pour nous rappeler ses droits, additionnés à ceux qu'il a été persuadé s'être acquis par le passé, ce qu'il appelle des dettes - et il nous somme tous les jours de nous acquitter de nos devoirs...

 

- Et vous consentez à leurs exigences ?

 

- Il s'agit bien de consentir ! Nous y sommes contraints de façon si insidieuse !

 

- Par qui ?

 

- Eh bien par des génies, des elfes, Monsieur. Des petits génies, des purs esprits, des jinns. Ici, là, partout. Nulle part.

 

- N'êtes-vous pas en train de vous approprier les cultures exotiques, cher Monsieur, dont la mienne ?

 

- Bien sûr que si. Vous avez l'illusion de vous trouver dans la France éternelle, une nation généreuse et accueillante, quelle erreur ! Vous êtes dans un pays que les jinns, les petits génies condamnent à renier tout ce qui fut sien, brillamment, par le passé, et à endurer en silence la lente, inexorable imprégnation de ses moeurs, de ses coutumes, par tout ce qui s'y dépose, porté par le vent des déserts, le sable du temps, et les cogitations funestes.

 

- Ce sont réellement d'invisibles esprits ?

 

- Même pas. On ne les aperçoit que trop. Leur orgueil les pousse à s'exhiber. Dans les airs d'abord, ils se suspendent à une sorte de toile, et apparaissent dans des lucarnes plus qu'étranges, où ils chantent, dansent, et, hélas, écrivent un charabia devenu notre langue. Dans des prothèses de villes, ensuite, appelées cités, où ils forment des apatries, des zones de mon-droit. Dans ce pays où, jadis, on aimait voir le beau et le grivois, comme au Moulin Rouge ou aux Folies Bergères, on entend braire les ânes et strip-teaser les belles âmes.

 

- Les belles âmes ?

 

- Oui, ces guides du peuple qui vous enduisent de Morale à tartiner à la moindre syllabe interdite, qui surveillent vos propos et ne châtient rien tant que le mot racisme.

 

Racisme ?

 

- Le racisme, oui, ce poison violent à l'état naturel, transformé par eux en tisane- mort -aux- rats pour nous faire oublier que ce que nous pensons vaut toujours que nous le disions, que la liberté sera toujours plus féconde que ses fruits, et que nous sommes ce que nous sommes pour le rester, afin de ne changer qu'en demeurant nous-mêmes.

 

- Ne pouvez-vous rien contre ces génies ?

 

- Quand l'intelligence se dilue dans sa caricature, quand les poings se cachent au bout des ailes et se font angéliques, quand on ne peut plus trouver noire l'action la plus vile, parce que c'est la discriminer, quand on ne peut plus s'élever contre qui a signé pour un siècle son contrat de victime, quand il faut s'interdire de manger des oranges cultivées sous l'étoile de David, et offrir le beurre, l'argent du beurre, et la burka de la crémière à ceux qui sont prêts à mourir pour un croissant, quand partout, l'absurde et la nuit donnent à ceux qui n'ont rien à dire le droit d'imposer silence à ceux qui tentent encore d'exister, alors, vous savez, mon bon Monsieur...

 

- Oui...J'imagine d'autant mieux qu'à Ispahan, vous savez, les choses ne sont pas  plus...

 

- Je le sais bien, mon pauvre Monsieur...C'est la mondialisation, comme ils disent. Et dire qu’il y a encore des gens qui sont curieux de ce qui se passe sur Mars...

 

- Oui...Comment disiez-vous avant d'être ...racistes ? Les cons comme la lune !

 

- Je vous laisse le dire, je ne le puis plus.

Fred Thellery

les jinns, voirlink

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 13:48

L'emploi:
On fit le monde en six jours, comme prévu. On se reposa le septième jour et le huitième jour, on créa Dieu.
Tout le monde se trouva bien ennuyé parce qu'on ne savait pas trop quoi en faire. Puis quelqu'un se leva et dit:
- Si on donnait Dieu aux Terriens ? Ils lui trouveront bien un emploi.
Et il en fut ainsi.
 

 

Fred Thellery

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 10:51

matisse.jpg

Illustration : La mer. Henri Matisse. 1946.

 

Le tapis.

 
L'enfant avait placé une vaste caisse au fond de la chambre, et, depuis quelques heures déjà, il naviguait ainsi, brassant le vide, dévisageant l'horizon enfoui dans le mur, le tapis figurant l'océan, la caisse un voilier de gros tonnage.

Vers six heures, comme chaque soir à cette heure, le père rentra du travail.

Il pénétra dans le salon, il eut le temps de désapprouver l'idée de son fils, il atteignit à cet instant le tapis, coula à pic et se noya.
 

 

Fred Thellery

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