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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 06:20

 

 

Illustration : Betty - Récitation : Mireille

 

 

 

 

 

Le Hérisson

 

 

Bien que je sois très pacifique,

Ce que je pique et pique et pique,

Se lamentait le hérisson.

Je n'ai pas un seul compagnon.

Je suis pareil à un buisson,

Un tout petit buisson d'épines

Qui marcherait sur des chaussons.

J'envie la taupe, ma cousine,

Douce comme un gant de velours

Émergeant soudain des labours.

Il faut toujours que tu te plaignes,

Me reproche la musaraigne.

Certes, je sais me mettre en boule

Ainsi qu'une grosse châtaigne,

Mais c'est surtout lorsque je roule

Plein de piquants sous un buisson,

Que je pique et pique et repique,

Moi qui suis si, si pacifique,

Se lamentait le hérisson.

 

Maurice CAREME

 

 

 

 

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 06:00

 

 

 

 

 

L'enfant qui a la tête en l'air

 

 

 

 

L'enfant qui a la tête en l'air

 

Si on se détourne, il s'envole.

 

Il faudrait une main de fer

 

Pour le retenir à l'école.

 

 

 

L'enfant qui a la tête en l'air

 

Ne le quittez jamais des yeux:

 

Car dès qu'il n'a plus rien à faire

 

Il caracole dans les cieux.

 

 

 

Il donne beaucoup de soucis

 

A ses parents et à ses maîtres:

 

On le croit là, il est ici,

 

N'apparaît que pour disparaître.

 

 

 

Comme on a des presse-papiers

 

Il nous faudrait un presse-enfant

 

Pour retenir par les deux pieds

 

L'enfant si léger que volant.

 

Claude Roy

 

Dechainement.jpg

... Comme on a des presse-papiers

 

Il nous faudrait un presse-enfant ...

musee_fabre.jpg
Nul besoin de presse-enfant pour les retenir. Une expo Soulages, comme ici au musée Fabre de Montpellier.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 05:17

 

  

 

Mon cartable

 

 

 

Mon cartable a mille odeurs,

Mon cartable sent la pomme,

Le livre, l'encre et la gomme

Et les crayons de couleurs.

 

Mon cartable sent l'orange,

Le bison et le nougat,

Il sent tout ce que l'on mange

Et ce qu'on ne mange pas.

 

La figue, la mandarine,

Le papier d'argent ou d'or,

Et la coquille marine,

Les bateaux sortant du port.

 

Les cow-boys et les noisettes,

La craie et le caramel,

Les confettis de la fête,

Les billes remplies de ciel.

 

Les longs cheveux de ma mère

Et les joues de mon papa,

Les matins dans la lumière,

La rose et le chocolat.

 

 

 

Pierre Gamarra

 

 

cartable.jpeg

 

Illustration : crédit photo Heps Veyrune.

 


Pierre Gamarra est un écrivain français né à Toulouse le 10 juillet 1919 et décédé à Argenteuil  le 20 mai 2009. D'abord enseignant, puis journaliste, il est romancier, poète et critique. Il est également l'auteur d'essais et de pièces de théâtre. Son œuvre pour la jeunesse (récits, théâtre et poèmes) est fréquemment enseignée dans les écoles.

Pierre Gamarra est salué comme un des plus intéressants auteurs français pour la jeunesse, que ce soit en prose ou en poésie. Ses fables et ses poèmes sont particulièrement connus de bien des écoliers. En effet, les enseignants et les manuels de littérature et de français puisent souvent dans son œuvre poétique, trouvant notamment chez lui des assonances mnémotechniques aux airs de comptines :

 

Quoi, quoi, quoi ? c'est moi l'oie

Et je voudrais que l'on me croie.

 

Cette partie de son travail correspond à un souci pédagogique constant : celui de donner aux écoliers le plaisir du texte et des mots.

 

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 06:09

 

 

 

Nuit de Noël
 

La terre est noire ;
L’église, blanche.
Que cache-t-elle
Pour être ainsi
Tellement belle
Dans l’air noirci ?
Rien qu’un enfant
Qui vient de naître
Entre deux bêtes
Si ingénues
Que, dans leur  l’ombre,
Il tient le monde
Dans son poing nu.
 

Maurice Carême
Tambour battant

 

 

 

NicolasdeStael-Paris-LaNuit-1954.jpg

La terre est noire ;
L’église, blanche.

 

 

Nicolas de Stael

Paris la nuit, 1954

 

 


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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 05:51

 

 

 

Le silence est d'or

 

 

"Oui, le silence est d'or",
Me dit toujours maman.
Et pourquoi pas alors,

 

On lira la suite ici


Maurice Carême
Fleurs de soleil
© Fondation Maurice Carême
 

 

 

 

 

silence.jpg

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 05:29

 

 

Alphabet.jpg

 

 

 

Alphabet

A c'est l'âne agaçant l'agnelle,
B c'est le boulevard sans bout,
C la compote sans cannelle,
D le diable qui dort debout.
E c'est l'école, les élèves,
F le furet féru de grec,
G la grive grisant la grève,
H c'est la hache et l'homme avec.
I c'est l'ibis berçant son île,

 J le jardin sans jardinier,

K le képi du chef kabyle,
L le lièvre fou à lier.
M c'est le manteau bleu des mages,
N la neige bordant le nid,
O l'oranger pris dans l'orage,
P le pain léger de Paris.
Q c'est la quille sur le quai,
R la rapière d'or du roi,
S le serpent qui s'est masqué,
T la tour au-dessus des toits.
U c'est l'usine qui s'allume,
V le vol du vent dans la voile,
W le wattman de lune,
X le xylophone aux étoiles.
Y c'est les yeux doux du yack
ublié dans le zodiaque,
Z le zigzag brusque du zèbre
Qui s'enfuit dans les ténèbres,
Malheureux parce qu'il est
Le dernier de l'alphabet.

Maurice Carême

©Fondation Maurice Carême

 

 

pont-copie-1.jpg

... J Le jardin sans jardinier, ...

 

Claude MONNET

Bassin aux nymphéas, 1899

 

 

Giverny

Ce qui n'était à l'origine qu'un verger normand d'herbe et de pommiers devient, avec la contribution de toute la famille, un jardin historique. C'est un travail de patience que Monet poursuit avec amour. Même quand la tâche devient trop grande pour qu'il puisse l'assumer seul, il supervise son équipe de jardiniers.

Monet achète des graines et des plantes partout où il va, conclut des échanges avec d'autres jardiniers. C'est lui qui parcourt les catalogues et passe les commandes, que ce soit des graines, des pots, des cloches à melon où de ces indispensables paillassons en paille de seigle pour protéger les châssis.

En 1893, il commence l'aménagement de son célèbre "jardin d'eau" avec l'étang aux nymphéas.

En 1899, Monet étudia pour la première fois le sujet des nymphéas (espèces de nénuphars)
: Les nymphéas blancs (1899). Le pont japonais (1899), Nymphéas (1914), (1917), furent les thèmes principaux de ses dernières oeuvres. 

 


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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 09:06

#512    

 

 

 

Le secret

 

Sur le chemin près du bois

J’ai trouvé tout un trésor :

Une coquille de noix

Une sauterelle en or

Un arc-en-ciel qu’était mort.

 

À personne je n’ai rien dit

Dans ma main je les ai pris

Et je l’ai tenue fermée

Fermée jusqu’à l’étrangler

Du lundi au samedi.

 

Le dimanche l’ai rouverte

Mais il n’y avait plus rien !

 

Et j’ai raconté au chien

Couché dans sa niche verte

Comme j’avais du chagrin.

 

Il m’a dit sans aboyer :

" Cette nuit, tu vas rêver. "

La nuit, il faisait si noir

Que j’ai cru à une histoire

Et que tout était perdu.

 

Mais d’un seul coup j’ai bien vu

Un navire dans le ciel

Traîné par une sauterelle

Sur des vagues d’arc-en-ciel !

 

René de Obaldia, in Innocentines, Poèmes pour enfants et quelques adultes.

 

 

obaldia-le-secret.jpg

 

...Mais d’un seul coup j’ai bien vu

Un navire dans le ciel

Traîné par une sauterelle

Sur des vagues d’arc-en-ciel !

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 23:00

le-jeune-apprenti-modigliani.jpg

Illustration : Le jeune apprenti, peinture d’Amadeo Modigliani. © Musée de l’Orangerie - RMN

 

On a souvent comparé les poètes à des enfants. C’est heureux. Car comme eux, ils ont la faculté de s’émerveiller, de découvrir. En ces temps de préparation aux examens ou compositions de fin d’année, respirons ces poèmes de François Villon, de Clément Marot, d’Arthur Rimbaud et de Jacques Prévert …

 

 

Bien sais, se j'eusse estudié,

Ou temps de ma jeunesse folle,

Et a bonnes meurs dedié,

J'eusse maison et couche molle,

Mais quoi? Je fuyoie l'escolle,

Comme fait le mauvais enfant.

En escripvant cette parolle,

A peu que le cuer ne me fent.

 

Ce qui donne en français d’aujourd’hui à peu près ceci :

 

Je sais bien que si j'avais étudié,

Au temps de ma jeunesse folle,

Et si j'avais été sage,

J'aurais une maison et un bon lit,

Mais quoi ? Je fuyais l'école,

Comme fait le mauvais enfant.

En écrivant cette parole,

Mon coeur se brise presque.

 

François Villon (1431 – mort vers 1463) in Le Grand Testament

 

Le premier des grands poètes français exprime ses regrets de n’avoir pas étudié quand il était jeune.

 


 

 

L’enfance de Marot

 

 

 

Sur le printemps de ma jeunesse folle,

Je ressemblais l'hirondelle qui vole,

De çà, de là : l’âge me conduisait

Sans peur ni soin, où le cœur me disait.

En la forêt, sans la crainte des loups,

Je m'en allais souvent cueillir le houx,

Pour faire glu à prendre oiseaux ramages,

Tous différents de chants et de plumages.

Oh! que de fois aux arbres grimpé j'ai,

Pour dénicher ou la pie ou le geai,

Ou pour jeter des fruits jà mûrs et beaux

A mes copains qui tendaient leurs chapeaux.

 

Clément Marot (1496 – 1544)


 

 

Enfance

 

Extrait III

 

 

Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.

   Il y a une horloge qui ne sonne pas.

   Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.

   Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.

   Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis, ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.

   Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisière du bois.

   Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse.

 

 

Arthur Rimbaud in Les Illuminations (1873-1875)


 

Le cancre

 

Il dit non avec la tête

Mais il dit oui avec le coeur

Il dit oui à ce qu'il aime

Il dit non au professeur

Il est debout

On le questionne

Et tous les problèmes sont posés

Soudain le fou rire le prend

Et il efface tout

Les chiffres et les mots

Les dates et les noms

Les phrases et les pièges

Et malgré les menaces du maître

Sous les huées des enfants prodiges

Avec des craies de toutes les couleurs

Sur le tableau noir du malheur

Il dessine le visage du bonheur.

 

Jacques PRÉVERT in Paroles

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