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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 11:13

 

 

 

 

Les grands jours du poète

 

Les disciples de la lumière n’ont jamais inventé que des ténèbres peu opaques.

La rivière roule un petit corps de femme et cela signifie que la fin est proche. ...Lire la suite

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 05:09

 

 

 

Il était une feuille

 

 

 

Il était une feuille avec ses lignes

Ligne de vie

Ligne de chance

Ligne de coeur

 

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 06:58

 

 

 

LE LEZARD      

 

 

 

Lézard des rochers,

 

Lézard des murailles,

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 05:17

 

 

Détail tiré des Lutteurs II et représentant Kiki(*) de Montparnasse.
 

 

 

Conte de fées

 

Il était un grand nombre de fois

Un homme qui aimait une femme

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 11:39

 

 

 

 

 

 

Notre paire

 

Notre paire quiète, ô yeux !

que votre "non" soit sang (t'y fier ?)

que votre araignée rie,

 

 

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 05:45

 

      à F. 

 

Le Poème à Florence

 

 

 

Comme un aveugle s’en allant vers les frontières

Dans les bruits de la ville assaillie par le soir

Appuie obstinément aux vitres des portières

Ses yeux qui ne voient pas vers l’aile des mouchoirs

 

Comme ce rail brillant dans l’ombre sous les arbres

Comme un reflet d’éclair dans les yeux des amants

Comme un couteau brisé sur un sexe de marbre

Comme un législateur parlant à des déments

 

Une flamme a jailli pour perpétuer Florence

Non pas celle qui haute au détour d’un chemin

Porta jusqu’à la lune un appel de souffrance

Mais celle qui flambait au bûcher quand les mains

 

Dressées comme cinq branches d’une étoile opaque

Attestaient que demain surgirait d’aujourd’hui

Mais celle qui flambait au chemin de saint Jacques

Quand la déesse nue vers le nadir a fui

 

Mais celle qui flambait aux parois de ma gorge

Quand fugitive et pure image de l’amour

Tu surgis tu partis et que le feu des forges

Rougeoyait les sapins les palais et les tours

 

J’inscris ici ton nom hors des deuils anonymes

Où tant d’amantes ont sombré corps âme et biens

Pour perpétuer un soir où dépouilles ultimes

Nous jetions tels des os nos souvenirs aux chiens

 

Tu fonds tu disparais tu sombres mais je dresse

au bord de ce rivage où ne brille aucun feu

Nul phare blanchissant les bateaux en détresse

Nulle lanterne de rivage au front des bœufs

 

Mais je dresse aujourd’hui ton visage et ton rire

Tes yeux bouleversants ta gorge et tes parfums

Dans un olympe arbitraire où l’ombre se mire

Dans un miroir brisé sous les pas des défunts

 

Afin que si le tour des autres amoureuses

Venait avant le mien de s’abîmer tu sois

Et l’accueillante et l’illusoire et l’égareuse

La sœur de mes chagrins et la flamme à mes doigts

 

Car la route se brise au bord des précipices

Je sens venir les temps où mourront les amis

Et les amants d’autrefois et d’aujourd’hui

Voici venir les jours de crêpe et d’artifice

 

Voici venir les jours où les œuvres sont vaines

Où nul bientôt ne comprendra ces mots écrits

Mais je bois goulûment les larmes de nos peines

quitte à briser mon verre à l’écho de tes cris

 

Je bois joyeusement faisant claquer ma langue

Le vin tonique et mâle et j’invite au festin

Tous ceux-là que j’aimai. Ayant brisé leur cangue

Qu’ils viennent partager mon rêve et mon butin

 

Buvons joyeusement ! chantons jusqu’à l’ivresse !

Nos mains ensanglantées aux tessons des bouteilles

Demain ne pourront plus étreindre nos maîtresses.

Les verrous sont poussés au pays des merveilles.

 

4 novembre 1929 

 

 

Robert DESNOS

Corps et biens

 

 

 

 

 

Morisot.Jeune-femme.jpg

Berthe MORISOT

Jeune femme

 

Morisot.La-veranda.jpg

Berthe MORISOT

La véranda

 

Berthe-Morisot--1872.jpg

Berthe MORISOT

Femme et enfant au balcon, 1872

 


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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 04:59

 

 

 

 

À Simone

 

 

À la poste d’hier tu télégraphieras

que nous sommes bien morts avec les hirondelles.

Facteur triste facteur un cercueil sous ton bras

va-t’en porter ma lettre aux fleurs à tire d’elle.

 

 

La boussole est en os mon cœur tu t’y fieras.

Quelque tibia marque le pôle et les marelles

pour amputés ont un sinistre aspect d’opéras.

Que pour mon épitaphe un dieu taille ses grêles !

 

 

C’est ce soir que je meurs, ma chère Tombe-Issoire,

Ton regard le plus beau ne fut qu’un accessoire

de la machinerie étrange du bonjour.

 

 

Adieu ! Je vous aimai sans scrupule et sans ruse,

ma Folie-Méricourt, ma silencieuse intruse.

Boussole à flèche torse annonce le retour.

 

 

Robert Desnos 

Les Gorges froides, 1926


Extrait de C'est les bottes de 7 lieues cette phrase « je me vois » 


Ce sonnet fou, de forme très traditionnelle, laisse entrevoir un sens qui se dérobe toujours. On peut supposer qu’il s’agit d’un jeu très maîtrisé grâce auquel Desnos se joue de tout, à juste raison. Il se joue d’abord du sonnet lui-même : la forme est respectée (alexandrin), les rimes croisées des quatrains ABAB et 13 pieds au vers 7 évidemment bien choisis.

On y voit aussi et surtout une originale parodie des thèmes lyriques traditionnels de la poésie : l’amour malheureux, la douleur de l’amant délaissé, et peut-être du surréalisme lui-même puisqu’il arrive à se glisser dans les habits étroits du sonnet. Toute cette belle rigolade pourrait peut-être expliquer l’expression courante "faire des gorges chaudes"!

 

 

Albert-Marquet.-Nu-Fauve.jpg

      Les gorges froides (?)

 

Toile d'Albert MARQUET

Nu fauve.

Albert MARQUET (1875-1947) était le peintre officiel de la Marine française (!). Mais il avait heureusement d'autres talents de peintre.

 

 

Tamara-de-Lempicka.-Andromede--1929.jpg

 

Les gorges chaudes (?)

Tamara de Lempicka

Andromède, 1929

 

 

 


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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 05:00

 

 

 

Les Quatre sans cou


Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,

Quatre à qui l’on avait coupé le cou,

On les appelait les quatre sans cou.

Quand ils buvaient un verre,

Au café de la place ou du boulevard,

Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.

Quand ils mangeaient, c’était sanglant,

Et tous quatre chantant et sanglotant,

Quand ils aimaient, c’était du sang.

Quand ils couraient, c’était du vent,

Quand ils pleuraient, c’était vivant,

Quand ils dormaient, c’était sans regret.

Quand ils travaillaient, c’était méchant,

Quand ils rodaient, c’était effrayant,

Quand ils jouaient, c’était différent,

Quand ils jouaient, c’était comme tout le monde,

Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,

Quand ils jouaient, c’était étonnant.

Mais quand ils parlaient, c’était d’amour.

Ils auraient pour un baiser

Donné ce qui leur restait de sang.

Leurs mains avaient des lignes sans nombre

Qui se perdraient parmi les ombres

Comme des rails dans la forêt.

Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois

Et les idoles se cachaient derrière leur croix

Quand devant elles ils passaient droits.

On leur avait rapporté leur tête

Plus de vingt fois, plus de cent fois,

Les ayant retrouves à la chasse ou dans les fêtes,

Mais jamais ils ne voulurent reprendre

Ces têtes où brillaient leurs yeux,

Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.

Cela ne faisait peut-être pas l’affaire

Des chapeliers et des dentistes.

La gaîté des uns rend les autres tristes.

Les quatre sans cou vivent encore, c’est certain,

J’en connais au moins un

Et peut-être aussi les trois autres,

Le premier, c’est Anatole,

Le second, c’est Croquignole,

Le troisième, c’est Barbemolle,

Le quatrième, c’est encore Anatole.

Je les vois de moins en moins,

Car c’est déprimant, à la fin,

La fréquentation des gens trop malins.

 

Robert DESNOS

Les Sans Cou

 

 

 

 

Voir et écouter le poème

 

 

 

 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 10:15

 

 

 

 

desnos

 

 

 

Jamais d'autre que toi

 

 

Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes

En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit

Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien

Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit

Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand

Fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et

Des buissons d'orties je marcherai vers l'écume

Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front

Et mes yeux

Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité

 

 

L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux

De cuivre vert-de-grisés

Quelle évasion!

C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols

Dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites

Filles en présence d'une cage où s'agite un serin

Tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement

Déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud

Nous passerons d'autres lignes

Jamais jamais d'autre que toi

Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins

De banlieue seul comme le verre

Et toi jamais d'autre que toi.

Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde

Jamais d'autre que toi.

 

Robert DESNOS

Corps et biens, 1927

section Les ténèbres, XXI

 

 

 

 

Plus-tu-t-eloignes-et-plus-ton-ombre-s-agrandit.jpg

    ... Jamais d'autre que toi ...

 

 


 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 05:04

 

 

 

 

Jamais d'autre que toi

 

Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes

En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit

Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien

Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit

Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand

Fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et

Des buissons d'orties je marcherai vers l'écume

Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front

Et mes yeux

Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité

 

L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux

De cuivre vert-de-grisés

Quelle évasion!

C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols

Dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites

Filles en présence d'une cage où s'agite un serin

Tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement

Déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud

Nous passerons d'autres lignes

Jamais jamais d'autre que toi

Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins

De banlieue seul comme le verre

Et toi jamais d'autre que toi.

Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde

Jamais d'autre que toi.

 

Robert DESNOS

Corps et biens, 1927

section Les ténèbres, XXI

 

 

 

 

Plus-tu-t-eloignes-et-plus-ton-ombre-s-agrandit.jpg

    ... Jamais d'autre que toi ...

 

 


 

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