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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 05:04

 

 

 

 

Jamais d'autre que toi

 

Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes

En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit

Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien

Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit

Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand

Fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et

Des buissons d'orties je marcherai vers l'écume

Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front

Et mes yeux

Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité

 

L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux

De cuivre vert-de-grisés

Quelle évasion!

C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols

Dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites

Filles en présence d'une cage où s'agite un serin

Tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement

Déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud

Nous passerons d'autres lignes

Jamais jamais d'autre que toi

Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins

De banlieue seul comme le verre

Et toi jamais d'autre que toi.

Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde

Jamais d'autre que toi.

 

Robert DESNOS

Corps et biens, 1927

section Les ténèbres, XXI

 

 

 

 

Plus-tu-t-eloignes-et-plus-ton-ombre-s-agrandit.jpg

    ... Jamais d'autre que toi ...

 

 


 

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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans DESNOS robert
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commentaires

nuageneuf 21/10/2012 16:23


Chère Virginie,


 


Est-ce une statue ? Est-ce une belle endormie (*) ?


 


Il semble en effet bien rassurant qu'autant de sensations bénéfiques irradient le poème flamboyant de Desnos qui n'écrit jamais mieux que les vers adressés à ceux
qu'il aime par dessus tout : les enfants en premier bien sûr et les femmes de sa courte vie.


 


 


(*) cf. Les Belles endormies de KAWABATA



Le chêne parlant 20/10/2012 19:59


Une statue en parfait accord - cher Nuage -  avec la température ambiante.


 L’énorme soufflerie du vent  dispense un courant d’air mélancolique ; suffisant pour maintenir quelques sensations bénéfiques, dit-on, pour la conservation de l'âme sensible des
pierres. 


Très amicalement, Virginie.


 

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