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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 06:22

 

 

 

Parler d’autre chose.

 

 

 

 

marée basse. Nous avons vu

les balanes, vu

les bernicles, vu

les ongles sur nos mains.

Personne n’a découpé le mot dans la paroi de notre cœur.

 

(Traces du crabe des plages, le lendemain,

sillons de rampants, galeries d’habitation, dessin

du vent dans la vase

grise. Sable fin,

sable gros,

détaché des parois, auprès

d’autres parties dures, dans les

débris.)

 

Un œil, aujourd’hui,

l’a donné à son frère, tous deux,

fermés, ont suivi le courant jusqu’à

leur ombre, déchargé

la cargaison (personne

n’a découpé le mot dans — —), fait ressortir

le harpon — une langue de terre, devant

un silence

minuscule et non navigable.

 

Paul Celan             

Grille de parole

Traduction de Martine Broda, 2001

 

 

 

Anselm-Kiefer-Burning-Rods-84-87.jpg

 

Anselm KIEFER

Burning rods, 1984/1987

 

 

“J'ai toujours eu une passion pour la littérature et surtout pour la poésie. J'aime Rimbaud, Mallarmé, Genet... Pour moi, les poèmes sont comme des bouées posées dans l'abîme ; je nage de l'un à l'autre. Sans eux, je suis perdu. Je lis d'ailleurs tous les matins, c'est ma première activité. Je descends dans ma bibliothèque et je prends un livre, presque à l'aveuglette. J'aurais pu aussi devenir écrivain. A 17 ans, j'avais reçu un prix pour un journal que j'avais rédigé. J'ai hésité à suivre cette voie. Cela ne s'est pas réalisé, car on ne peut pas faire profondément deux choses en même temps dans la vie, mais j'ai continué d'écrire mon journal. Quand je suis bloqué sur une oeuvre, l'écriture m'inspire.” 

A.KIEFER

 

 


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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans CELAN Paul
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commentaires

Nuageneuf 21/12/2012 14:55


 


Cher Endeuxmots,


 


Merci une fois encore pour vos commentaires toujours si instructifs et passionnés. Ils constituent un véritable complément et un enrichissement certains.


 


Je ne peux lire CELAN sans y associer les résonances de Anselm KIEFER... mais je crois que c'est assez criant dans les publications
!


 


Bien à vous et merci encore.

endeuxmots 21/12/2012 10:21


 


 





 


Personne n’a découpé le mot dans la paroi de notre cœur.


 


D’où vient donc cette douleur ? 


D’où est surgi ce harpon ? 


Silence minuscule non navigable...


 


 


Par ailleurs, je me retrouve beaucoup dans la déclaration de A. Kiefer. Choisir c’est renoncer.


C’est un bonheur de lire votre billet chaque matin.


 


 

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