Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 05:09

 

 

 

               Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne,

               Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,

               Et t'aime d'autant plus, belle, que tu me fuis,

               Et que tu me parais, ornement de mes nuits,

               Plus ironiquement accumuler les lieues

               Qui séparent mes bras des immensités bleues.

              

 

               Je m'avance à l'attaque, et je grimpe aux assauts,

               Comme après un cadavre un choeur de vermisseaux,

               Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !

               Jusqu'à cette froideur par où tu m'es plus belle !

 

 

 

Charles BAUDELAIRE

Les Fleurs du Mal

Spleen et idéal, XXIV

 

 

 

Van-Dongen.jpg

(...) Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !

     Jusqu'à cette froideur par où tu m'es plus belle !

 

 

 

 

Kees Van Dongen

Portrait de Madelaine Grey à la rose, 1929

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Nuageneuf nuageneuf - dans BAUDELAIRE Charles
commenter cet article

commentaires

Nuageneuf 27/04/2013 22:51


 


Chère Célestine,


 


Insondable Baudelaire, il ne cesse de laisser sans voix.

Celestine 26/04/2013 00:40


Un poème trop triste pour moi. Mais néanmoins très beau, de cette âpre beauté des déserts de pierre.

Présentation

  • : nuageneuf.over-blog.com
  • : Poésie, Poésie pour enfant, Poésie pour la jeunesse, Textes classiques et modernes, Mémoire de la Shoah,
  • Contact

Recherche

Pages