Poésie, Poésie pour enfant, Poésie pour la jeunesse, Textes classiques et modernes, Mémoire de la Shoah,
Quelle bonne farce
Brusquement,
un jour d’été,
les démons ôteront leur masque et,
désignant vingt millions de cadavres alignés,
éclateront de rire :
« Hein! quelle bonne farce ! »
Aussitôt les vrais hommes
remonteront au grand jour.
Même ceux qui sont morts.
Ils parleront droit et juste,
à haute voix.
Alors il y aura de nouveau
des arbres, des pierres, des fleuves.
Tu longeras un mur :
il te répondra gentiment.
Tu prendras une branche, elle te dira:
« Je t’aime »,
tu pourras la serrer sur ton coeur.
Jean TARDIEU.
Anselm KIEFER.
L'espoir accidenté. Monumenta 2007.
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