Poésie, Poésie pour enfant, Poésie pour la jeunesse, Textes classiques et modernes, Mémoire de la Shoah,
ADIEU
Si l’humble cabaret, noirci
Par la pluie et le vent d’automne,
M’accueille, tu n’es plus ici...
Je souffre et l’amour m’abandonne.
Je souffre affreusement. Le jour
Où tu partis, j’appris à rire.
J’ai depuis pleuré, sans l’amour,
Et vécu tristement ma vie.
Au moins, garde le souvenir,
Garde mon cœur, berce ma peine !
Chéris cette tendresse ancienne
Qui voulut, blessée, en finir.
Je rirai contre une autre épaule,
D’autres baisers me suffiront,
Je les marquerai de mes dents.
Mais tu resteras la plus belle...
Francis CARCO
La bohème et mon coeur, 1912
Plus proche des artistes qui disent le monde dans ses soubresauts et ses fragiles séductions que des mystères de l'inconscient et le merveilleux prôné par le surréalisme, Francis CARCO (1886 - 1958) milite pour une poésie proche de la chanson, de la fantaisie verbale, au rythme du coeur.