Poésie, Poésie pour enfant, Poésie pour la jeunesse, Textes classiques et modernes, Mémoire de la Shoah,
Poème écrit par Endeuxmots pour Nuageneuf
Ce souvenir.
Un rêve,
comme un souvenir,
qui revient.
Un baiser parfumé,
Une porte qui claque,
Une auto qui s’éloigne,
Sur la taie une larme,
«Viens, Rachel, il est temps. Viens...»
L’école, le catéchisme,
La tarte aux pommes,
Les socquettes de Fanny,
Le chien du voisin.
La mare aux merveilles,
Le silence sur la neige,
La poule sous le couperet,
Le retour en char à foin.
La pétoire du vieux Maurice,
Les genoux de l’institutrice,
La p’tite goutte du soir,
La salamandre à l’étable.
Et puis, ce rêve,
comme un souvenir,
qui toujours revient.
Un baiser parfumé
Une porte qui claque
Une auto qui s’éloigne
Sur la taie une larme
«Viens, Rachel, il est temps. Viens...»
La rondelle de boudin,
Les billes de la récré,
La course d’escargots,
Les crêpes confiture.
Le cierge pour les pauvres,
La prière pour la paix,
Soeur Agnès en cornette,
Les joueurs de quilles.
La boîte à boutons,
Les culottes de l’épicière,
Les friandises du comptoir,
Le pet du gros Louis.
Et puis, ce rêve,
comme un souvenir,
qui toujours revient.
Un baiser parfumé
Une porte qui claque
Une auto qui s’éloigne
Sur la taie une larme
«Viens, Rachel, il est temps. Viens...»
La malle au grenier,
La maraude au verger,
La pêche à la bouteille,
La tartine de quatre heures.
Le bain du samedi,
L’oncle à la cocarde fière,
La lettre de tante Adèle,
La queue du coq en boîte.
Les cris du goret,
Le seau de lait tiède,
L’eau glacée de la fontaine,
Des histoires de brigands.
Et puis, ce rêve,
comme un souvenir,
qui toujours revient.
Un baiser parfumé
Une porte qui claque
Une auto qui s’éloigne
Sur la taie une larme
«Viens, Rachel, il est temps. Viens...»
Le portrait du maréchal,
L’oeil profond du cheval,
Papy et son journal,
La cafetière au coin du poêle.
Le rideau sous le vent.
Ce rêve,
Un souvenir ?
Encore. Toujours.
Un baiser,
Une porte,
Une auto,
Une larme,
Et ce «Viens...»
Endeuxmots
14 mai 2012
Femmes et enfants juifs hongrois arrivent sur la rampe du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau le 26 mai 1944. Les femmes et les enfants étaient gazés dès leur arrivée au camp.