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ELUARD. Leurs yeux toujours purs.

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Illustration : « Au rendez-vous des amis »  Max Ernst (1922)

 

Derrière, de gauche à droite : Soupault, Arp, Morise, Sanzio, Eluard, Aragon, Breton, Di Chirico, Gala Eluard.


Au premier plan : Crevel (assis, de dos), Ernst, Dostoïevski, Fraenkel, Paulhan, Péret, Baargeld, Desnos.


 

Paul Eluard nous a quittés il y a juste cinquante-huit ans, le 18 novembre 1952, victime d’une crise cardiaque à son domicile de Charenton-le-Pont. Il repose au cimetière du Père-Lachaise.

 

 

Leurs yeux toujours purs

 

 

 

Jours de lenteur, jours de pluie,

Jours de miroirs brisés et d’aiguilles perdues

Jours de paupières closes à l’horizon des mers,

D’heures toutes semblables, jours de captivité.

 

Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles

Et les fleurs, mon esprit est nu comme l’amour,

L’aurore qu’il oublie lui fait baisser la tête

Et contempler son corps obéissant et vain.

 

Pourtant, j’ai vu les plus beaux yeux du monde,

Dieux d’argent qui tenaient des saphirs dans leurs mains,

De véritables dieux, des oiseaux dans la terre

Et dans l’eau, je les ai vus.

 

Leurs ailes sont les miennes, rien n’existe

Que leur vol qui secoue ma misère

Leur vol d’étoile et de lumière

Leur vol de terre, leur vol de pierre

Sur les flots de leurs ailes,

 

Ma pensée soutenue par la vie et la mort.

 

Paul Eluard in Capitale de la douleur. 1926.


Ce poème est le 22ème des 45 poèmes de cette section.


 

Ce poème scande le désespoir après le départ de Gala, qui le quitte pour Dali.

 

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