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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 05:04

 

 

 

Pierre-CORAN.gif

 

Pierre Coran est né en 1934 à Saint-Denis en Brocqueroie, près de Mons. Instituteur, il fonde "Le Cyclope", revue autour de laquelle graviteront un groupe de jeunes auteurs. A cette époque, ses élèves estimant injuste qu'il n’écrive que pour les adultes amènent Pierre Coran à composer des poésies et des contes pour enfants, vocation devenue prioritaire par la suite et qui se poursuit aujourd'hui avec la parution de nombreux albums, traduit en une douzaine de langues.

Parallèlement, le poète se consacre à des activités de scénariste, d'animateur et de romancier.

Pierre Coran est aussi scénariste d'une centaine de bandes dessinées programmées dans toute l'Europe. Son chemin de vie, sa devise d'homme est à l’image d’un alexandrin du Prince de Ligne, si cher à l'ami Patrick Mandon :


« J’avance dans l’hiver à force de printemps. »


 

Anagrammes

 

 

 

Par le jeu des anagrammes,

Sans une lettre de trop,

Tu découvres le sésame

Des mots qui font d'autres mots.

 

Me croiras-tu si je m’écrie

Que toute neige a du génie?

 

Vas-tu prétendre que je triche

Si je change ton chien en niche?

 

Me traiteras-tu de vantard

Si une harpe devient phare?

 

Tout est permis en poésie

Grâce aux mots, l'image est magie.

 

 

 

Pierre CORAN

 

 

*   *   *

 

 

D'autres anagrammes renversantes d'Etienne Klein à retrouver

 

ici

 

 


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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 05:30

 

 

 

Je t'aime

 

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd’hui
Il y a eu toutes ces morts que j’ai franchies sur de la paille
Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne
Pour la santé
Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

 

 

Paul Eluard

 Le Phénix, 1951

 

 

 

 

 

 

Brancusi-Le-baiser.jpg 

 

Illustration : Constantin Brâncuşi. Le baiser.

 

 

Constantin Brancusi (1876-1957) est un sculpteur roumain. 


Dans Le baiser 1907, même taille dans la figure, qui s’inscrit dans un cube à la base, et des deux personnages, des deux têtes, des deux yeux se touchant presque de part et d’autre d’une verticale, l’ensemble dessinant un demi-cercle, lui-même inclus dans les bords de la chevelure. Le tracé horizontal puis oblique des bras réunit l’ensemble.

 


 


 

 


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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 05:24

 

 

 

Françoise Sagan est née le 21 juin 1935.

 

 

 

soldes.jpg

 

Pétillant et malicieux sourire de Françoise Sagan qui nous donne ce texte délicieux, ironiquement détourné, et qui, on en conviendra, lui va comme un gant ! 

 

 

 

La fourmi et la cigale

 

 

La fourmi ayant stocké

Tout l’hiver

Se trouva fort ... lire la suite

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 05:16

 

 

 

L’Examen de Minuit

           

La pendule, sonnant minuit,

Ironiquement nous engage

À nous rappeler quel usage

Nous fîmes du jour qui s’enfuit :

— Aujourd’hui, date fatidique,

Vendredi, treize, nous avons,

Malgré tout ce que nous savons,

Mené le train d’un hérétique.

 

Nous avons blasphémé Jésus,

Des Dieux le plus incontestable !

Comme un parasite à la table

De quelque monstrueux Crésus,

Nous avons, pour plaire à la brute,

Digne vassale des Démons,

Insulté ce que nous aimons

Et flatté ce qui nous rebute ;

 

Contristé, servile bourreau,

Le faible qu’à tort on méprise ;

Salué l’énorme bêtise,

La Bêtise au front de taureau ;

Baisé la stupide Matière

Avec grande dévotion,

Et de la putréfaction

Béni la blafarde lumière.

 

Enfin, nous avons, pour noyer

Le vertige dans le délire,

Nous, prêtre orgueilleux de la Lyre,

Dont la gloire est de déployer

L’ivresse des choses funèbres,

Bu sans soif et mangé sans faim !...

— Vite soufflons la lampe, afin

De nous cacher dans les ténèbres !

 

 

Charles BAUDELAIRE.

 

 

 


Nettoyons un peu nos yeux endoloris ! Profitons de la luminosité extraordinaire de cette toile de Claude Monet.

 

 

 

 

Jeanne-marguerite-Lecadre.jpg

 

 

 

 

Claude Monet, "Jeanne-Marguerite Lecadre au jardin" ou "Femme au jardin", 1866 ou 1867.

 

Note : Ce jardin serait situé à Sainte-Adresse, près du Havre, où une tante de Claude Monet possédait une demeure. Jeanne-Marguerite Lecadre serait une petite cousine de Monet. Sous toutes réserves. La toile, en revanche et sans réserves, est propriété du Musée de l'Ermitage de Saint-Petersbourg.

 

 

 


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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 14:25

 

 

 

L'Univers impitoyable de Gary LARSON

 

 

 

 

dog_newspaper.jpg

 

 

 

 

 

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 04:59

 

 

 

chanson-a-part.jpg 

 

 

 


Paul Valéry

Chanson à part 

 

 

Que fais-tu ? De tout.

Que vaux-tu ? Ne sais,

Présages, essais,

Puissance et dégoût...

Que vaux-tu ? Ne sais...

Que veux-tu ? Rien, mais tout.

 

Que sais-tu ? L'ennui.

Que peux-tu ? Songer.

Songer pour changer

Chaque jour en nuit.

Que sais-tu ? Songer

Pour changer d'ennui.

 

Que veux-tu ? Mon bien.

Que dois-tu ? Savoir,

Prévoir et pouvoir

Qui ne sert de rien.

Que crains-tu ? Vouloir.

Qui es-tu ? Mais rien !

 

Où vas-tu ? À mort.

Qu’y faire ? Finir,

Ne plus revenir

Au coquin de sort.

Où vas-tu ? Finir.

Que faire ? Le mort.

 


 

 

 

 

Le poème − cette hésitation prolongée entre le son et le sens.

L.A.

 

 

 

 


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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 04:51

 

 

 

 

Sous le chant des étoiles 

 

 

 

Sous le chant des étoiles

Je veux me mettre en quête

Des ardents souvenirs

Inscrire en moi la naissance du monde

Alors j’ouvre mes paumes

Aux caresses du ciel

Des plages en filigrane

Aux énigmes de l’aube

Je veux faire émerger l’image

Par le regard de l’infini

Le verbe difficile

Je ne puis que graver

Sur le carré de pierre grise

Le spectre d’une mère inféconde.

 

 

Jean-Noël Cordier    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cordier-Jean-Noel.jpeg 

Né à Paris en 1950, Jean-Noël Cordier est professeur de Lettres et, actuellement, Vice-Président de la Société des Poètes Français. 

 

 

 

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 10:49

 

 

 

 

NUAGENEUF FABRIC

 

 

 

 

L'air en conserve

 

 

Dans une boîte, je rapporte

Un peu de l'air de mes vacances

Que j'ai enfermé par prudence.

Je l'ouvre ! Fermez bien la porte

 

Respirez à fond ! Quelle force !

La campagne en ma boîte enclose

Nous redonne l'odeur des roses,

Le parfum puissant des écorces,

 

Les arômes de la forêt...

Mais couvrez vous bien, je vous prie,

Car la boîte est presque finie :

C'est que le fond de l'air est frais.

 

 

 

Jacques CHARPENTREAU

 

 

 

Jacques-Charpentreau.jpg

JACQUES CHARPENTREAU est né en 1928 aux Sables d'Olonne. Ecrivain et poète, il fut instituteur puis professeur de français à Paris. Son œuvre compte une trentaine de recueils de poésie, des contes, des nouvelles, des essais et des dictionnaires.

 

 

 

A propos de l’enseignement de la poésie à l’école primaire,

Jacques Charpentreau parle d'or :


« A l'école primaire il ne faut pas étudier la poésie, mais la connaître et l'aimer. Il faut transmettre une émotion aux élèves. L'étude viendra plus tard, qu'on la laisse aux gens du supérieur. Pour savoir lire l'heure, il n'est pas nécessaire de démonter la montre. La poésie est toujours de l'ordre de l'émotion. Savoir comment c'est fait viendra peu à peu, au collège, au lycée, au supérieur. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 11:15

 

 

Je sais maintenant que je ne possède rien

 


Je sais maintenant que je ne possède rien

pas même ce bel or qui est feuilles pourries

Encore moins ces jours volant d’hier à demain

à grands coups d’ailes vers une heureuse patrie

 

Elle fut avec eux, l’émigrante fanée

la beauté faible, avec ses secrets décevants

vêtue de brume. On l’aura sans doute emmenée

ailleurs, par ces forêts pluvieuses. Comme avant

 

je me retrouve au seuil d’un hiver irréel

où chante le bouvreuil obstiné, seul appel

qui ne cesse pas, comme le lierre. Mais qui peut dire

 

quel est son sens ? Je vois ma santé se réduire

pareille à ce feu bref au-devant du brouillard

qu’un vent glacial avive, efface. Il se fait tard.

 

Philippe Jaccottet 

L’effraie (1946-1950)

 

 

 

 

 

Gericault

 

Je sais maintenant que je ne possède rien...

 

Illustration : THEODORE GERICAULT (1791-1824)  Académie d'homme nu couché 

 

 


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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 05:04

 

 

 

 

 

 

A.M.V.H.

 

Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,

Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,

Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,

Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.

Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;

Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.

Puis le coeur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,

Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.

De ces biens passagers que l’on goûte à demi,

Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.

On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,

On s’approche, on sourit, la main touche la main,

Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,

Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain.

 

 

 

Alfred de Musset

 

 

 

                    A.M.V.H. ? à monsieur Vinctor Hugo ? ... Nous n'avons aucune assurance sur la signification exacte du titre de Musset.

 

                     Nous restons en l'attente de vos éclaircissements

 

 


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