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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 05:47

 

 

 

 

Je t'aime tant

 

 

Je t’aime tant, je t’aime tant :

Je ne puis assez te le dire,

Et je le répète pourtant

À chaque fois que je respire.

Absent, présent, de près, de loin,

Je t’aime est le mot que je trouve :

Seul, avec toi, devant témoin,

Ou je le pense ou je le prouve.

 

Tracer je t’aime en cent façons

Est le seul travail de ma plume ;

Je te chante dans mes chansons,

Je te lis dans chaque volume.

Qu’une beauté m’offre ses traits,

Je te cherche sur son visage ;

Dans les tableaux, dans les portraits

Je veux retrouver ton image.

 

En ville, aux champs, chez moi, dehors,

Ta douce image est caressée ;

Elle se fond, quand je m’endors,

Avec ma dernière pensée ;

Quand je m’éveille, je te vois

Avant d’avoir vu la lumière,

Et mon cœur est plus vite à toi

Que n’est le jour à ma paupière.

 

Absent je ne te quitte pas ;

Tous tes discours je les devine.

Je compte tes soins et tes pas ;

Ce que tu sens, je l’imagine.

Près de toi suis-je de retour !

Je suis aux cieux, c’est un délire ;

Je ne respire que l’amour,

Et c’est ton souffle que j’aspire.

 

Ton cœur m’est tout, mon bien, ma loi ;

Te plaire est toute mon envie ;

Enfin, en toi, par toi, pour toi,

Je respire et tiens à la vie.

Ma bien-aimée, ô mon trésor !

Qu’ajouterai-je à ce langage ?

Dieu ! que je t’aime ! eh bien ! encor

Je voudrais t’aimer davantage.

 

 

Pierre FABRE d’EGLANTINE

1750 - 1794

 

 

 

 

RAZUMOV.jpg

Konstantin RAZUMOV

 

 

Razunov-2.jpg

Konstantin RAZUMOV

 

Konstantin RAZUMOV est un artiste contemporain russe né en 1974 à Moscou.

Voici une courte vidéo présentant son travail.

 

 

 

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 05:31

 

 

 

" La rêverie est le clair de lune de la pensée. "

 

 

 

Lunes-.jpg

 

 

 

 

Provenance photo : toile.

 

 

 


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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 05:30

 

 

 

 

Je n'ai songé qu'à toi ...

 

Je n’ai songé qu’à toi, ma Belle, l’autre soir.

Quelque chose flottait de tendre dans l’air noir,

Qui faisait vaguement fondre l’âme trop pleine.

Je marchais, on eût dit, baigné dans ton haleine.

Les souffles qui passaient semblaient rouler dans l’air

Un souvenir obscur et tiède de ta chair.

J’aurais voulu t’avoir près de moi, caressante,

Appuyée à mon bras dans ta grâce enlaçante,

Et lente et paresseuse, et retardant le pas

Pour me baiser sans bruit comme on parle tout bas.

L’amour vibrait en moi comme un clavier qu’on frôle

Ô câline d’amour bercée à mon épaule !

Et je t’évoquais toute avec ton grand manteau,

Et la touffe de fleurs tremblante à ton chapeau,

Et tes souliers vernis luisant dans la nuit sombre,

Et ton ombre au pavé fiancée à mon ombre.

Il est ainsi des soirs faits de douceur qui flotte,

De beaux soirs féminins où le coeur se dorlote,

Et qui font tressaillir l’âme indiciblement

Sous un baiser qui s’ouvre au fond du firmament.

 

Tes yeux me souriaient... et je marchais heureux

Sous le ciel constellé, nocturne et vaporeux,

Pendant que s’entr’ouvrait, blancheur vibrante et pure,

Mon âme - comme un lys ! - passée à ta ceinture.

 

 

Albert SAMAIN

 

 

 

 

Nikephoros-Lytras.jpg

 

Nikephoros LYTRAS

Attente.

LYTRAS est un peintre grec né en 1832 et mort en 1904.

(Provenance : Pinacothèque Nationale, Athènes)

 

 

 

NikiforosLytrasKuss.jpg

 

Le Baiser.

 

 

 

cestherdP.jpg

(...) Mon âme - comme un lys ! - passée à ta ceinture.

 

Illustration : photo toile ©estherdP

 

 

 

 


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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 05:25

 

 Louise-de-Vilmorin.jpeg

 

 

Viens

 

 

 

Viens, allons vivre en cachette,

Garde mon cœur sur ta main,

Ayons des amours secrètes :

Ne nous disons jamais rien.

 

 

Donne, donne…

 

 

Louise de Vilmorin

Le Sable du sablier, 1945

 


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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 05:52

 

 

 

 

LA JEUNE VEUVE

 

     

    La perte d’un époux ne va point sans soupirs ;

    On fait beaucoup de bruit ; et puis on se console :

    Sur les ailes du Temps la tristesse s’envole,

                Le Temps ramène les plaisirs.

                Entre la veuve d’une année

                Et la veuve d’une journée

    La différence est grande ; on ne croirait jamais

                Que ce fût la même personne :

    L’une fait fuir les gens, et l’autre a mille attraits.

    Aux soupirs vrais ou faux celle-là s’abandonne ;

    C’est toujours même note et pareil entretien ;

                On dit qu’on est inconsolable ;

                On le dit, mais il n’en est rien,

                Comme on verra par cette fable,

                Ou plutôt par la vérité.

     

                L’époux d’une jeune beauté

    Partait pour l’autre monde. À ses côtés, sa femme

    Lui criait : « Attends-moi, je te suis ; et mon âme,

    Aussi bien que la tienne, est prête à s’envoler. »

                Le mari fait seul le voyage.

    La belle avait un père, homme prudent et sage ;

                Il laissa le torrent couler.

                À la fin, pour la consoler :

    « Ma fille, lui dit-il, c’est trop verser de larmes :

    Qu’a besoin le défunt que vous noyiez vos charmes ?

    Puisqu’il est des vivants, ne songez plus aux morts.

                Je ne dis pas que tout à l’heure

                Une condition meilleure

                Change en des noces ces transports ;

    Mais, après certain temps, souffrez qu’on vous propose

    Un époux beau, bien fait, jeune, et tout autre chose

          Que le défunt. — Ah ! dit-elle aussitôt,

                Un cloître est l’époux qu’il me faut. »

    Le père lui laissa digérer sa disgrâce.

                Un mois de la sorte se passe ;

    L’autre mois, on l’emploie à changer tous les jours

    Quelque chose à l’habit, au linge, à la coiffure :

                Le deuil enfin sert de parure,

                En attendant d’autres atours ;

                Toute la bande des Amours

    Revient au colombier ; les jeux, les ris, la danse,

                Ont aussi leur tour à la fin :

                On se plonge soir et matin

                Dans la fontaine de Jouvence.

    Le père ne craint plus ce défunt tant chéri ;

    Mais comme il ne parlait de rien à notre belle :

                « Où donc est le jeune mari

                Que vous m’avez promis ? » dit-elle.

     

 

 

JEAN DE LA FONTAINE

Fables XXI, livre sixième.

 

 

 

 

la-jeune-veuve_.jpg

La Jeune Veuve

Illustration de Gustave DORE   

 

 

W.Bouguereau.jpg 

      ... Toute la bande des Amours

   Revient au colombier ...

 

William BOUGUEREAU, 1825 - 1905

 

gerome.jpg

(...)  On se plonge soir et matin

Dans la fontaine de Jouvence. (...)

 

Jean-Léon GEROME, 1824 - 1904

 


 

...Le temps n'est-il pas le plus grand consolateur ? Apophtegme bien connu de ceux qui ont atteint l'âge de la sagesse, comme le père de la Belle et, sans doute, La Fontaine lui-même... 

 



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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 05:09

 

 

 

Guillaume-Apollinaire-Calligramme.JPG

 

 

 

 

Guillaume Apollinaire.

 

 


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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 04:55

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 05:03

18 juillet 2012    

 

A la suite des articles que nous venons de donner sur le soixante-dixième anniversaire de la Rafle, Nuageneuf est heureux et fier de partager les poèmes qui lui sont adressés. C'est aujourd'hui un poème de Patrice que nous publions ; il vient à point nommé. Espérant que chacune et chacun trouveront plaisir à le découvrir.

 


 

 

 

A l’aube de ma soixantaine, je découvre enfin Paris. Paris des poètes et des artistes, Paris du prestige et de la gloire, Paris du petit peuple et des rois, Paris la fête, Paris l’émeute. Et puis, dans le vacarme du métro, entre Belleville et Barbès, l’Histoire me rattrape. En un éclair, le destin m’offre une scène de rue, quelques instants, anodins mais uniques. Dans la nuit noire fonce et tangue le wagon. Le souvenir des heures sombres de la déportation m’étreint. Des images défilent, les rails hurlent. Pourtant, dans cet enfer, la paix s’annonce par la grâce du sourire d’une dame et l’embarras d’un enfant.

Cette vapeur d’espoir je vous la confie,vous qui entretenez avec tant de fidélité le souvenir de la folie des hommes afin que nous puissions toujours protéger l’espoir et la fraternité.

 

Patrice.

Endeuxmots

 

 

 

 

L’espoir

 


Entre Belleville et Barbès, la rame était pleine.

Entra une petite dame, poussée et hors d’haleine.

Le gamin de Pigalle, la vit et se leva.

Elle  hésita, s’assit et posa son cabas.

 

Dans la nuit noire fonce et tangue le wagon.

 

«Merci beaucoup», dit-elle, de sa voix humble et belle

Et, dans un beau sourire, «Choukran»* ajouta-t-elle.

Rachid rougit sous le regard de son copain.

Il baissa ses yeux doux. Hurlaient les roues du train.

 

Dans la nuit noire fonce et tangue le wagon.

 

Momo, le p’tit marrant, agaçait une fille.

Rachid gêné fixait le sol et la sortie.

Pourquoi une vieille portait-elle sur son poignet

Un horrible tatouage, un code secret ?

 

Dans la nuit noire fonce et tangue le wagon. 


A l’école, plus tard, lors d’un triste anniversaire,

Il vit un très vieux film rescapé de la guerre.

Sous le regard des cameras, un petit gars

Retroussait sa manche, tendait son avant-bras.

 

Dans la nuit noire fonce et tangue le wagon.

 

L’enfant triste montrait gravé sur sa peau tendre

Le numero maudit qui finirait en cendres.

Douce dame de Belleville comment pouviez-vous

Encore aimer, sourire, être aimable avec tous ?

 

Dans la nuit noire fonce et tangue le wagon.

 

Depuis lors, Rachid a noté, pour ses vieux jours :

«A dank !»**, comme un trésor, petit baiser d’Amour.

 

 

Patrice

Endeuxmots   

 

 

 

 

*= «Merci» en arabe

**= «Merci» en Yiddish, langue des Juifs d’Europe Centrale et Orientale

 

 

      ___________

On rappellera que Patrice a tenu pendant un temps un blog très sensible que l'on trouve ici.    

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 05:58

16 juillet 2012

 

Vent printanier    

 

Instructions de M. Hennequin, directeur de la police municipale de Paris, aux agents de police lors de la Rafle du Vél' d'Hiv' à Paris, 16-17 juillet 1942 :


 

1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l'identité des Juifs qu'ils ont mission d'arrêter, n'ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux [...]

2. Ils n'ont pas à discuter non plus sur l'état de santé. Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire.

3. Les agents chargés de l'arrestation s'assurent lorsque tous les occupants du logement sont à emmener, que les compteurs à gaz, de l'électricité et de l'eau sont bien fermés. Les animaux sont confiés au concierge. [...]

7. [...] Les opérations doivent être effectuées avec le maximun de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire.

8. Les gardiens et inspecteurs chargés de l'arrestation rempliront les mentions figurant au dos de chacune des fiches :

Indication de l'arrondissement ou de la circonscription du lieu d'arrestation ;

« Arrêté par », en indiquant les noms et services de chacun des gardiens et inspecteurs ayant opéré l'arrestation ;

Le nom de la personne à qui les clés auront été remises ;

Au cas de non-arrestation seulement de l'individu mentionné sur la fiche, les raisons pour lesquelles elle n'a pu être faite et tous renseignements succincts utiles ;

 

Et selon le tableau ci-après :

SERVICE :

Agents capteurs :

Nom..............................................

Nom..............................................

Service..............................................

Service..............................................

Clés remises à M. ..............................................

No ..............................................

rue ..............................................

Renseignements en cas de non-arrestation

Paris, le 12 juillet 1942

Le Directeur de la Police Municipale

Signé HENNEQUIN 

 

 


 

      Bref rappel sur la Rafle

 

Ces 16 et 17 juillet 1942, 1 129 hommes, 2 916 femmes et 4 115 enfants ont été arrêtés par la police française et enfermés au Vélodrome d’Hiver.

Simultanément, 1 989 hommes et 3 003 femmes, couples sans enfants et célibataires, avaient été arrêtés et enfermés dans le camp de Drancy.

 

La quasi-totalité des 13 152 raflés furent déportés après séparation brutale dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers des enfants en bas âge, environ 3 000, de leurs parents qui furent déportés les premiers.

 

Quant aux enfants, transférés à Drancy, ils en furent déportés entre le 17 et le 31 août 1942, mélangés à des adultes juifs en provenance de la zone libre où ils avaient également été arrêtés par les forces de police vichystes.

 



La seule photo existante 

42.jpg

 

1942 - 1995 ... Le grand silence.

Enfin une voix se lève :

    

Extrait du discours de Jacques CHIRAC, Président de la République, prononcé le 16 juillet 1995 devant le monument commémoratif de la Rafle,

Square de la place des Martyrs Juifs du Vélodrome d’Hiver.

 

 

« Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français.

Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 4 500 policiers et gendarmes français, sous l'autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis.

Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblés dans les commissariats de police.


 

(…)



La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. »

 

 

Place-des-Martyrs-Juifs-du-Velodrome-d-Hiver-Paris-15.jpg

Il est utile de rappeler une fois encore que le texte du discours du président de la République a été rédigé par Christine Albanel, à l'époque ministre de la Culture et plume du président.

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 05:45

youki et desnos 

YOUKI et Robert DESNOS    

 

 

Lettre à Youki

 

 

 

 

15 juillet 1944.

 

 

 

Mon Amour,


Notre souffrance serait intolérable si nous ne pouvions la considérer comme une maladie passagère et sentimentale. Nos retrouvailles embelliront notre vie pour au moins trente ans. De mon côté, je prends une bonne gorgée de jeunesse, je reviendrai rempli d'amour et de forces ! Pendant le travail un anniversaire, mon anniversaire fut l'occasion d'une longue pensée pour toi. Cette lettre parviendra-t-elle à temps pour ton anniversaire? J'aurais voulu t'offrir 100 000 cigarettes blondes, douze robes des grands couturiers, l'appartement de la rue de Seine, une automobile, la petite maison de la forêt de Compiègne, celle de Belle-Isle et un petit bouquet à quatre sous. En mon absence achète toujours les fleurs, je te les rembourserai. Le reste, je te le promets pour plus tard.

 

Mais avant toute chose bois une bouteille de bon vin et pense à moi. J'espère que nos amis ne te laisseront pas seule ce jour. Je les remercie de leur dévouement et de leur courage. J'ai reçu il y a une huitaine de jours un paquet de J.-L. Barrault. Embrasse-le ainsi que Madeleine Renaud, ce paquet me prouve que ma lettre est arrivée. Je n'ai pas reçu de réponse, je l'attends chaque jour. Embrasse toute la famille, Lucienne, Tante Juliette, Georges. Si tu rencontres le frère de Passeur, adresse-lui toutes mes amitiés et demande-lui s'il ne connaît personne qui puisse te venir en aide. Que deviennent mes livres à l'impression? J'ai beaucoup d'idées de poèmes et de romans. Je regrette de n'avoir ni la liberté ni le temps de les écrire Tu peux cependant dire à Gallimard que dans les trois mois qui suivront mon retour, il recevra le manuscrit d'un roman d'amour d'un genre tout nouveau. Je termine cette lettre pour aujourd'hui.


Aujourd'hui 15 juillet, je reçois quatre lettres, de Barrault, de Julia, du Dr Benet et de Daniel. Remercie-les et excuse-moi de ne pas répondre. Je n'ai droit qu'à une lettre par mois. Toujours rien de ta main, mais ils me donnent des nouvelles de toi; ce sera pour la prochaine fois. J'espère que cette lettre est notre vie a venir. Mon amour, je t'embrasse aussi tendrement que l'honorabilité l'admet dans une lettre qui passera par la censure. Mille baisers. As-tu reçu le coffret que j'ai envoyé à l'hôtel de Compiègne ?

Robert

 

 

note : lettre écrite par R.DESNOS depuis le camp de Royallieu, où il est prisonnier en attente de départ et ma déportation vers l'Allemagne.

 

 


Foujita--Youki.jpg

 

FOUJITA

Youki

 

 

 

 

Lucie Badoud, baptisée Youki par Foujita et appelée "la sirène" par Desnos, est née en 1903 à Paris.

Jeune, elle devint une des reines de Montparnasse grâce entre autre à la toile Nu allongé du peintre japonais Foujita. Elle eut d'ailleurs le coup de foudre pour le peintre à qui elle servit de modèle à de nombreuses reprises et dont elle devint la maîtresse. C'est Foujita qui la baptisa Youki, qui signifie neige rose en japonais.

Quand Youki fit la connaissance de Robert Desnos, elle était toujours la compagne de Foujita. C'était en 1928. Desnos devint un très bon ami du couple mais tomba profondément amoureux de Youki, se rapprochant de plus en plus d'elle tout en s'éloignant d'Yvonne George dont l'amour ne fut jamais partagé.

Foujita.-Au-cafe.-1949.jpg

FOUJITA

 Au café, 1949

 

Bientôt, ce devint un triangle amoureux, Foujita se rendant bien compte des sentiments qui liaient Youki et Desnos. Mais Foujita trouva un nouvel amour en la personne de la jeune et jolie Mady Dormans. Il quitta Youki en lui disant qu'il la laissait entre de belles mains et qu'il pouvait partir confiant, la sachant auprès de Desnos. Youki aurait, tant qu'à elle, souhaité garder ses deux amants et accepta difficilement l'abandon de Foujita.

Desnos gagna le coeur de sa "sirène" mais fut plutôt malheureux dans cette relation, Youki étant reconnue pour être volage et assez écervelée. Plusieurs des poèmes de Desnos racontent sa tristesse, ses attentes et ses espoirs envers Youki. 

Desnos lui fut toujours fidèle et durant sa déportation, il ne cessa de lui écrire des lettres d'espoir...

 

 

Les 33 poèmes de Robert Desnos déjà publiés sont ici

 


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