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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 06:49

 

 Journal de l'année 1905. Extraits.

 

 

 

29 août. 


Le village dans son clair de lune comme des meubles sous une housse. 


L'escargot : vigneron avec sa hotte sur le dos, la tête traversée d'aiguilles à tricoter.

 

 

 

30 août. 


Je n'ai guère d'autres tristesses que celle que me donne un air de piano. 


 

31 août. 


Une mouche qui se frotte les mains. 


Quoique paralytique, je juge sévèrement la marche des autres. 


Tout ce que je peux faire, c'est de raccourcir mes défauts : un accès d'humeur, de rancune, de vanité, dure moins longtemps. 


Mais je crois que l'égoïsme a toujours la même longueur. 


 

 

 

à suivre...


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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 07:09

 

 

Impression fausse

 

Dame souris trotte,

Noire dans le gris du soir,

Dame souris trotte

Grise dans le noir.

 

On sonne la cloche,

Dormez, les bons prisonniers !

On sonne la cloche :

Faut que vous dormiez.

 

Pas de mauvais rêve,

Ne pensez qu'à vos amours

Pas de mauvais rêve :

Les belles toujours !

 

Le grand clair de lune !

On ronfle ferme à côté.

Le grand clair de lune

En réalité !

 

Un nuage passe,

Il fait noir comme en un four.

Un nuage passe.

Tiens, le petit jour !

 

Dame souris trotte,

Rose dans les rayons bleus.

Dame souris trotte :

Debout, paresseux !

 

 

Paul Verlaine

 

 

 

tiepolo.jpg

 

Illustration : Polichinelle amoureux. Giovanni Domenico TIEPOLO.

 

Note :       

Né et mort à Venise (1727-1804),  Giovanni est le fils aîné de Giambattista TIEPOLO et le frère de Lorenzo TIEPOLO.

 


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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 06:35

 

       Journal de l'année 1905. Extraits.

 

11 août. 


(…)

Et voilà que je fais le petit enfant. Je dis à Marinette : 


-- Tu as le petit enfant qu'il fallait à la satisfaction de tous tes instincts maternels, qui demande que d'abord on lui pardonne tout et qu'il ne faut pas qu'on gronde trop fort quand il ne travaille pas, et qui serait toujours heureux de ne jamais rien faire. 


Marinette m'a tout donné. Pourrais-je dire que, moi, je lui ai tout donné ? Il me semble bien que mon égoïsme reste intact. 


Quand je lui dis : « Sois franche », elle lit très bien dans mes yeux jusqu'où il faut aller. 


C'est le seul être que je sois sûr d'aimer, avec moi. Et, encore, moi... Je me fais faire souvent une grimace de dégoût. Oui, elle, je l'aime beaucoup, et jamais je ne la juge mal. 


Peut-être avait-elle peur de moi, et elle s'est dit : « Il n'y a qu'une manière de me sauver : c'est d'avoir en lui une confiance absolue. Je ne ferai jamais mal. Si cela m'arrive sans que je le sache, il me préviendra, et il me pardonnera. » 


Parfois, quand elle regarde ses enfants, elle semble si près d'eux qu'on dirait deux de ses branches. 


Par ses yeux on voit son coeur, un coeur rose. C'est du soleil. 


Y a-t-il, au fond de ses yeux, sur la rétine, un miroir, un petit coin que la tendresse ne voile pas, et où je ne me reflète pas en beau ? 


Ses bras nus ont frais. 


J'ai Marinette : je n'ai plus droit à rien. 


(…)

Je ne suis pas sûr qu'elle m'ait rendu meilleur, mais j'ai pris de bonnes apparences. 


A la pensée qu'elle pourrait, à cause de moi, tomber dans la misère, j'ai un serrement de coeur, mais je me dis trop vite : « Comme elle la supporterait bien ! Elle m'aimerait encore davantage. » 


- Je connais ma part, dit-elle, et je ne changerais avec aucune femme. 


 

 

 

 

à suivre...

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 06:29

 

 

      Journal de l'année 1905. Extraits.

 

 

9 août.

Et on a dit à Marinette quelque chose d'un peu sentimental, et, tout à coup, on aperçoit, de l'autre côté de la haie, un paysan qui a entendu et qui a l'air gêné. 


Relu de vieilles lettres que j'ai écrites à Marinette. On ne change pas. Migraines, rages de travail, paresses, goût de vivre, et Marinette est toujours au centre. 


Ce qui m'étonne, c'est que je n'aie pas donné plus de détails. Il me semble qu'aujourd'hui l'oeil capterait tout. J'ai un meilleur appareil. Mais on s'aperçoit qu'on a tout de même vécu, et qu'il est bien naturel que la vie passe et même finisse par finir. 


Un travail de tuteur, de rameur de pois. On soutient la vie des autres : on ne vit pas. 


(…) 


Une feuille vivante arrachée, par une vague de vent, à l'arbre où elle s'accrochait comme à un mât. 


 

 à suivre...

 

 

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 06:55

 

 

Insomnie


Les oiseaux cette nuit
sont restés chez eux ;
il a beaucoup plu au milieu de la nuit.

Quand les nuages sombres sont partis
,
les oiseaux se sont mis à voleter,
peut-être ont-ils aperçu le renard dans la lune ?

Moi j'ai pu regarder
les oiseaux de la nu
it
et aussi le renard dans la lune.
 

 

L.A.    

 

 

 insomnie----jpg

 

 


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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 06:21

 

 

 

Jules Renard (1864-1910)  j.renard.jpg

Membre de l'Académie Goncourt, auteur de romans (Ragotte), de nouvelles (Histoires naturelles) et de pièces de théâtre (Poil de Carotte, Le Pain de ménage), est particulièrement connu pour son « Journal », reflet de la vie littéraire et sociale de son époque.

 

 


Journal de l'année 1905. Extraits.

* * *

 

7 août. 


Connaissez-vous un âne à vendre ? 


-- Moi ! dit un pauvre homme en pleine détresse. 


Et on l'aurait eu pour pas cher. 


* * *

L'égalité, c'est de l'envie. Oui, mais nous la supprimerons en supprimant nos raisons d'orgueil. 


* * *

La vitalité du chat qui a l'air si paresseux ! Ses oreilles et ses yeux travaillent toujours. Il a toujours en lui des bonds préparés et, sous lui, des griffes prêtes. 


* * *

Comme homme, le Christ est admirable. Comme Dieu, il laisse dire : « Quoi ! C'est tout ce qu'il a pu faire ? » 


 

 

9 août. 


Dans le sol léger la charrue glisse comme un petit bateau. 


* * *

Ils sont envieux, non pas du château, mais du voisin qui a réussi. 


 

 

10 août. 


La rêverie : le lierre de la pensée, qu'il étouffe. 


* * *

Promenade. Toujours cette nature émouvante et ce mystère de la création. 


Amitié de ces deux grands ormes isolés qui se ressemblent. 


(…)

 

à suivre...

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 11:46

15 août 1967 - 15 août 2011

 

 

magritte_la_reproduction_interdite.jpg

 

La reproduction interdite, 1937.

 

 

La reproduction interdite montre un homme, vu de dos et se tenant devant un miroir, un livre est posé sur le rebord de ce qui paraît être un foyer. Dans le miroir, le reflet de l'homme est en fait un double de celui-ci, toujours vu de dos, alors que celui du livre est normal, présentant le reflet inversé de son titre.

 

 

 René MAGRITTE s'est éteint le 15 août 1967.

 

 


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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 06:54

 

 

 

 

Max Ernst

 

Illustration : La Vierge donnant une fessée à l’Enfant Jésus.

 


Max Ernst a peint cette « provocation » et les deux personnages qu’il représente derrière la petite fenêtre à gauche sont ses amis André Breton et Paul Éluard. Comme les autres surréalistes qu’étaient Magritte, Miro ou Dali, il imaginait déjà un monde plus vivant, plus humain, dont commençait à rêver une société qui refusait de se figer dans une pensée unique.

 

Et si Marie ne ressemble pas du tout aux incroyables statues douceâtres et asexuées de nos églises, c'est qu'elle est une mère vivante et passionnée. Elle a gardé son auréole, mais elle est vêtue d’un corsage rouge violent que le vert de sa jupe fait encore ressortir et, assise de biais sur un cube de pierre, la main qu’elle lève est puissante et redoutable.

 Max Ernst les a représentés dans la chaude lumière d’un soleil méditerranéen, dans le feu de couleurs vives : souffrance et difficulté de l’existence. Enthousiasme aussi. Inquiétude et insatisfaction. Courage, force, douleur, lutte de la vie.

 Alors tant pis si des théologiens bien pensants, dans leurs vieux livres poussiéreux, clament qu’il convient de penser autrement. Qu’on se rassure : Jésus se relèvera de sa fessée, il remettra son auréole, sa mère le consolera avec affection et tendresse et tout ira bien dans le meilleur des mondes possibles, comme dit si bien en excipit Pangloss à Candide :

 

« Toute la petite société entra dans ce louable dessein; chacun se mit à exercer ses talents. La petite terre rapporta beaucoup. Cunégonde était à la vérité bien laide; mais elle devint une excellente pâtissière; Paquette broda; la vieille eut soin du linge. Il n’y eut pas jusqu’à frère Giroflée qui ne rendît service; il fut un très bon menuisier, et même devint honnête homme; et Pangloss disait quelquefois à Candide: « Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles; car enfin, si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de Mlle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. — Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »

 

 


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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 07:02

 

 

 

 

A la profonde rose

 

 

SOMBRE ET PROFONDE ROSE, ANTRE D'OMBRE ODORANTE,

Ô Rose de plaisir, dont le plaisir est pleur,

Rose humide d'espoir d'une caresse errante

Sur ses bords de calice où la chair se fait fleur,

 

 

D'une eau délicieuse, ô molle Rose, enivre,

Jusqu'à l'excès divin du bonheur animal,

Un coeur fuyant l'affreuse aventure de vivre

Qui boive ce poison de son étrange mal...

 

 

Laisse fondre sur toi la lèvre favorite

Dont l'oeuvre toute tendre et sinueuse irrite

Plus, toujours plus en toi, toujours plus de douceur ;

 

 

Tandis que la beauté qui te porte palpite

Et palpitante inspire une tendresse soeur

Que son soupir appelle et qui se précipite...

 


Paul VALERY  in  Corona et Coronilla

(Ed. Fallois, 2008 - p. 49)

 

 

 

 

convergence-1.JPG

Illustration : CONVERGENCE 1 - Photo aimablement offerte par J.-M.D.

 

convergence-2b.jpg

Illustration : CONVERGENCE 2 - Photo aimablement offerte par J.-M.D.

 

 


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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 07:18

 

 

 

Depuis quelques semaines, une statue format géant de Marylin est exposée sur le Magnificent Mile à Chicago. Haute de 8 mètres, elle est l’œuvre du sculpteur Seward Johnson. La statue est installée sur une immense bouche de métro.

 

Marilyn-Chicago-copie-1.jpeg

 

 

 

 

marilyn-monroe-chicago-855x1024.jpg

 

 

 

 

marilyn chicago-copie-1

 

 

 

 

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