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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 13:12

      16 août 1951

 

 

 

louis-jouvet.jpeg

 

 

Louis Jouvet – 16 août 1951

 

Ce seize août 1951, âgé de soixante-trois ans seulement, l'immense homme de cinéma et de théâtre Louis Jouvet vient de périr d'un infarctus au théâtre de l’Athénée, dont il était le directeur depuis 1935. Il était en pleine répétition de la pièce La Puissance et la Gloire, d'après Graham Greene, qu'il mettait en scène.

 

C'est après qu'il a été engagé par Jacques Copeau au Théâtre du Vieux-Colombier, en 1913, que Jouvet est parvenu à guérir de son bégaiement par cette diction syncopée qu'on lui connaît, magnifiée par sa voix grave. La célébrité est venue avec Knock ou le triomphe de la médecine de Jules Romains, qu'il a montée avec sa propre troupe au théâtre des Champs-Élysées et joué 1500 fois à partir de la première du 15 décembre 1923.

Fondateur en juillet 1927 du "Cartel des Quatre" (avec Gaston Baty, Charles Dullin, Georges Pitoëff) pour défendre les auteurs de théâtre contemporains, il a beaucoup travaillé avec Jean Giraudoux. Fidèle à ses engagements, il a refusé la place de directeur de la Comédie-Française qu'on lui proposait. Il a en revanche accepté la Légion d'honneur.

Au cinéma, il reste inoubliable (ainsi que certaines de ses répliques) dans, notamment, le rôle du commissaire sagace de Quai des Orfèvres de Henri-Georges Clouzot et ceux que lui a offerts Marcel Carné dans Hôtel du Nord et Drôle de drame.

 

Pendant ses dernières années, il continuait, au sein de son théâtre, d'encourager les nouveaux talents, comme Jean-Louis Barrault et Jean Vilar (fondateur du Festival d'art dramatique d'Avignon, où a triomphé Gérard Philipe). Il venait aussi de mettre en scène Le Diable et le Bon Dieu de Jean-Paul Sartre au Théâtre Antoine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Cet article est dédicacé à Florence B., exégète de Louis Jouvet.

 

Il l'est également à Emmanuel Godo, écrivain, essayiste, professeur agrégé de littérature qui a dispensé pendant ces dernières années des cours magistraux à l'Université catholique de Lille auxquels nous avons eu le privilège d'assister. Louis Jouvet y fut brillamment présenté voici 3 ou 4 ans.  

 

emmanuel-godo.png    

      Emmanuel GODO

 


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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans billets
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commentaires

Pierre 21/08/2012 13:21


On m'a rapporté ce mot de Jouvet. (Est-il authentique?)


Un jour celui-ci rendait visite à Sartre. Sur le pas de porte le secrétaire du philosophe demanda:


-Vous venez pour le maître?


et Jouvet de répondre:


-Oh non. Juste pour le voir.

Nuageneuf 20/08/2012 16:25


Bonjour Pierre,


 


Heureux de vous retrouver ici pour un commentaire comme à votre usage enrichissant. Bien sûr; Jeanson a servi d'extraordinaires dialogues à Jouvet. Ne serait-ce que
ce court extrait de Un Revenant, qui touche au ciel, mot après mot ! 


 


Mais Jouvet était obsédé par le théâtre, la mise en scène, les décors et le cinéma n'était pour lui qu'alimentaire. Tout l'argent gagné était aussitôt englouti dans
le théâtre. Et dès que le financement des investissements baissait, en plus du cinéma, il programmait Knock car cette pièce a toujours battu tous les records d'audience. 

Pierre 16/08/2012 19:28


Le théâtre doit beaucoup à Jouvet et Jouvet doit beaucoup à Henri Jeanson qui cisela pour les acteurs des dialogues splendides. Henri Jeanson dont j'avais un exemplaire de  "70 ans
d'adolescence" et que j'ai perdu je ne sais où. Dieu fasse que se soit chez une jeune femme qui en aura pris soin. Ou son mari.

endeuxmots 16/08/2012 11:16


Magnifique faute d'orthographe ! 


Lire "impressionné" au lieu de "impressionnés" suivant la règle qui dit que le participe passé utilisé avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le complément d'objet si et seulement si celui-ci
précède le verbe !  


Se relit dix fois et pourtant ... 

endeuxmots 16/08/2012 11:08


Magnifique cadeau !


Ces répliques au rythme posé et si bien contrôlé ont impressionnés nos jeunes esprits à tel point que l'on se surprend, encore aujourd'hui, sans y penser, à les imiter et parfois même, comme par
mégarde, à les citer, hélas, dans une indifférence de plus en plus générale. 


Avec mes amitiés et mes hommages à votre Muse.

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