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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 05:06

 

 

 

 

Le douloureux travail de mémoire des entreprises allemandes.


Le P-DG du groupe agroalimentaire Dr. Oetker a reconnu le passé nazi de son père. Le dernier aveu en date d'une longue série.

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August Oetker, actuel président du groupe, se dit soulagé des révélations sur les convictions nazies de son père, mort en 2007. © Sipa

 

 

Les cadavres finissent toujours par ressortir du placard. Dans un entretien au journal Die Zeit, le président du groupe agroalimentaire allemand Dr. Oetker a reconnu que son père était un nazi. "Mon père était un national-socialiste, a avoué August Oetker, qui produit notamment des pizzas surgelées ainsi que des gâteaux et des desserts à préparer. Il ne voulait pas parler de cette période. Il disait : "Enfants, laissez-moi en paix.". Le patron de ce groupe très présent en France a expliqué que Rudolf-August Oetker, décédé en 2007, avait été influencé par son propre beau-père, Richard Kaselowsky, fervent supporteur d'Adolf Hitler. Cet "aveu" fait suite à la décision de la compagnie de financer les recherches d'un historien dont les travaux viennent d'être publiés dans un ouvrage intitulé Dr. Oetker et le national-socialisme. August Oetker avoue que ce livre a retiré un poids qui pesait sur ses épaules. "J'ai maintenant le sentiment que je connais les faits, résume-t-il. Le brouillard est désormais levé."

Cette société familiale n'est pas la première à faire table rase de son lourd passé. Depuis quelques années, les groupes allemands sont de plus en plus nombreux à avouer leur participation au régime nazi. En 2011, Hugo Boss avait lui aussi choisi de financer la publication d'un livre de Roman Köster, historien à l'université de la Bundeswehr à Munich. Le chercheur a enquêté pendant trois ans sur la vie d'Hugo Ferdinand Boss, créateur en 1924 d'une petite usine d'habillement dans le Bade-Wurtemberg. Les conclusions du chercheur dans son ouvrage intitulé Hugo Boss 1924-1945. L'histoire d'une usine d'habillement pendant la République de Weimar et le IIIe Reich n'ont pas cherché à édulcorer la triste réalité. Au bord de la faillite, Hugo Ferdinand Boss est entré au parti nazi afin de décrocher un gros contrat : celui de la fabrication de chemises brunes... Même si l'historien estime qu'il n'y a "pas d'indication que la société Hugo Boss ait joué un rôle déterminant dans la fabrication des uniformes nazis, ni qu'elle ait été impliquée dans leur conception", ses révélations font plutôt mauvais genre. L'usine du groupe a de surcroît utilisé sur ses chaînes des travailleurs forcés.

L'indemnisation des travailleurs forcés et de leurs descendants

L'actuel directeur général de la célèbre marque de costumes pour hommes, Claus-Dietrich Lahrs, avait auparavant travaillé pour Delton AG, la holding appartenant à Stefan Quandt. Celui-ci pointe à la 81e place au classement des plus grosses fortunes mondiales selon le magazine Forbes avec un patrimoine estimé à 11,9 milliards de dollars. Il est le propriétaire de 17,4 % du capital de BMW, qu'il a hérité de son grand-père. Lequel, selon un livre publié récemment, "faisait partie du régime" nazi . En accédant aux archives de la famille bavaroise, l'historien a découvert que Günther Quandt avait exploité, parfois jusqu'à la mort, plus de 50 000 travailleurs forcés afin de fabriquer les armes indispensables à Hitler.

Hormis certains exemples emblématiques, comme ceux de Krupp et Flick, qui avaient été condamnés au tribunal de Nuremberg, ou encore de la société Degesch, filiale de Degussa, qui produisait le Zyklon B utilisé dans les camps d'extermination, la plupart des entreprises allemandes sont parvenues à cacher leur collaboration avec le régime nazi au lendemain de la guerre. Mais ces dernières années, plusieurs groupes comme Deutsche Bank, Allianz, Dresdner Bank, Commerzbank, Daimler Benz ou Volkswagen ont accepté de lever le voile sur leurs activités durant le IIIe Reich et ont financé les travaux d'historiens.

En 2000, une loi a mis en place la Fondation Souvenir, Responsabilité et Avenir (Erinnerung, Verantwortung und Zukunft). Doté d'un capital de 5,2 milliards d'euros financé pour moitié par l'État fédéral, pour le reste par près de 6 500 entreprises, cet établissement d'intérêt public a déjà indemnisé plus de 1,66 million de travailleurs forcés et victimes du national-socialisme ou leurs descendants.

 

©LePoint.fr- Publié le 18 octobre 2013 à 13h42

Par ©FREDERIC THERIN (à Munich)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans SHOAH
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commentaires

Nuageneuf 24/10/2013 08:02


 


Chers icilondres & Max,


 


Merci de vos passages très fidèles et de vos avis/témoignages. Bien cordialement



Max 23/10/2013 12:59


http://www.wat.tv/video/louis-chedid-anne-ma-soeur-6hitz_2eyrb_.html


 


Pour compléter mes propos, ... je ne suis donc pas la seule à le penser!


Max

Max 21/10/2013 12:43


Il fut un temps où l'on ne parlait pas de ces choses génantes. Mes géniteurs ont nié. J'ai découvert ces horreurs à 25 ans.... Mes cinq enfants ont vu "la liste d'Oscar Schindler" vers 13 ans,
avec leurs parents.


Oui, c'est une bonne chose que le devoir de mémoire, mais, je me demande parfois pourquoi aujourd'hui, on laisse faire ailleurs?Comment choisissons-nous donc nos représentants??? 


Le traité de Versailles si injuste, selon moi, est à la base de toutes ces choses terribles et innimaginables.(...)


Max


 


 

icilondres 21/10/2013 07:43


Pour nous aussi, le travail de mémoire qui impliquait le devoir de ne jamais s'endormir fut tout simplement douloureux et le demeure.

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