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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 06:05

 

 

 

 

                                                       

À mon frère

 

    Il était une fois un roi qui, d’une lyre

    Faisait couler, bondir et voltiger des sons...

    C’est à peine s’il connaissait quelques chansons,

    Il était doux, naïf, et ne savait pas lire.

     

    Et sous ses doigts vibraient d’harmonieux accords,

    Et le rythme toujours était plaintif ou tendre,

    Et le soir, il allait dans ses bois pour entendre

    Sangloter au lointain l’appel cuivreux des cors...

     

    Il ne s’occupait pas du tout de son royaume ;

    On le voyait errer, silencieux fantôme,

    Sa lyre entre les mains... avec des yeux de fou !

     

    Un jour on le trouva — sans le chercher du reste —

    Étendu mort sur l’herbe, avec encor le geste

    Qu’il avait, d’effleurer les cordes...

                                                      Voilà tout.

     

Jean COCTEAU  

1907

 

 

 

 

Le nouveau musée Jean Cocteau à Menton.

Séverin Wunderman fit fortune en Amérique dans l'horlogerie de luxe et  collectionna dès l'âge de 19 ans des dessins de Cocteau. En 2005 il donne à la  ville de Menton 1 800 œuvres dont 990 de Jean Cocteau. Il pose une condition : ces œuvres doivent être exposées dans un musée.

 

Cocteau.-Musee-.jpg 

Le musée Cocteau de l'architecte Rudy Ricciotti © Agence Rudy Ricciotti

 

C'est un écrin blanc aux formes méandreuses conçu par R.Ricciotti qui abrite la plus  grande collection publique mondiale du poète : dessins, peintures, céramiques,  tapisseries, livres, manuscrits, photographies de Cocteau, œuvres de ses amis  (Picasso, Modigliani, Foujita, De Chirico).

« Un objet difficile à ramasser »

C'est ainsi que l'artiste qualifie lui-même son œuvre éclectique.

"Cocteau détestait les musées, qui tuaient selon lui la vitalité d'une  œuvre", explique la conservatrice Célia Bernasconi. La sélection de 250  œuvres se veut "une promenade" à travers une vie intensément créative  (1889-1963). Quatre collections sont exposées tour à tour pendant un an.

Homme de lettres et dandy anti-conformiste, Cocteau a exploré tous les  genres, de la poésie à la prose. Homme de spectacle, il s'est mué en metteur en  scène, acteur, décorateur, librettiste. "Il ne faut pas taxer Cocteau de "dispersion", juge l'expert François Nemer  dans un article du catalogue, "sa recherche profonde et parfaitement cohérente  touche précisément à la synthèse des arts". Cocteau conçoit par exemple en 1917 un livret pour les Ballets russes,  "Parade", sur une musique de Satie et avec des décors de Picasso !

« Un poète qui dessine »

Le musée expose beaucoup de dessins et de caricatures, souvent  réalisés à la plume avec "virtuosité, une grande économie de moyens, et un  aspect cristallin", rapporte la conservatrice. "Il dira qu'il est un poète qui dessine".

 
A voir : de nombreux autoportraits, parfois sans visage, reflets narcissiques  de sa longue quête d'identité. Même un portrait réalisé par son ami Modigliani  en 1916, le présente avec des traits effacés.
 Après le décès prématuré en 1923 de son grand amour Raymond Radiguet  (auteur du "Diable au corps"), Cocteau se réfugie sur la côte d'Azur, à  Villefranche-sur-Mer, où il devient fumeur d'opium et réalise 31 autoportraits  tourmentés.
 "C'est le poète qui se regarde dans le miroir et s'interroge sur son  activité". Obsédé par le mythe d'Orphée, il traverse les miroirs vers la mort à  la recherche d'Eurydice (et de Radiguet…).

Les Japonais aiment Cocteau

"Cocteau est aujourd'hui plus reconnu en France pour ses écrits que pour  ses dessins, mais ses dessins font un retour en  force depuis une décennie", grâce entre autres à une exposition en 2003 au Centre  Georges-Pompidou. Prisée au Japon ou aux Etats-Unis, "son œuvre représente une certaine idée  de la France. Les Japonais aiment son sens de la spontanéité, qui peut être  rapprochée de la calligraphie et ils ont adoré le film La Belle et la Bête" (1946) avec son compagnon  acteur Jean Marais, exemple de "réalisme irréel, qui va devenir la quête de son art" rappelle Célia Bernasconi

Cocteau et la ville de Menton : une vieille histoire d'amour

Dans les années cinquante, Cocteau réside essentiellement chez son amie et mécène Francine Weisweiller, dans une villa de Saint-Jean-Cap-Ferrat où il  dispose d'un atelier.
 Le maire de Menton  lui demande en 1956 de décorer la salle des mariages de  l'hôtel de ville d'immenses fresques murales, "tatouages" inspirés du mythe  d'Orphée. La ville offre aussi à son citoyen d'honneur un vieux bastion pour  y loger ses œuvres méditerranéennes. Cocteau y consacre trois ans de  réflexion, mais meurt avant l'ouverture en 1966 de son premier musée mentonnais.

MUSEE JEAN COCTEAU - Collection Séverin Wunderman. Menton.

 

 

 PortraitCocteau-1910.jpg

      Portrait de COCTEAU

Ce portrait de Cocteau est l'œuvre du peintre espagnol Federico de Madrazo de Ochoa(1875-1934), il a été peint en 1910/1912.

 

 

 


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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans Poèmes à Lyre
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commentaires

Nuageneuf 08/01/2013 11:04


 


 


Bonjour et bienvenue sur Nuageneuf Cécile,


Le portrait de Cocteau est l'œuvre du peintre espagnol Federico de Madrazo de Ochoa
(1875-1934). Il a été peint entre 1910 et 1912.


 


Bien cordialement.


 


 

Cécile de Quoide9 07/01/2013 20:36


Sais tu de qui est ce superbe portrait de Cocteau ?

endeuxmots 04/01/2013 20:37


Il est vrai que zébreuse me paraît plus adéquat.


Bizz

Le chêne en mal de palmiers 04/01/2013 19:10


En deux mots : tout est dit, merci.


 


Meilleurs vœux.


 


Nota : Formes méandreuses ou zébrures ? 

endeuxmots 04/01/2013 18:26


Cocteau : " Etonnez-moi !" . Bien réussi cher Nuage.


Belle page. Une belle fable sur le pouvoir et ensuite une manne d'informations à vous faire perdre la tête.


Quel délice de découvrir tant de culture alors que ce début 2013 nous assaille de tant de médiocrités. De l'oxygène, nous avons besoin d'oxygène. 


 

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