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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 05:07

 

Lors de cette journée sans école, profitons-en pour voir ou revoir, petits et grands, cette nouvelle de James THURBER. On trouvera d'abord la vidéo en anglais et une traduction en français (au cas où).

 

 

licorne.png 


Le dessin est (aussi...) de James Thurber.

 

«-Darling,There is a unicorn

in the garden.»

 

« Chérie, il y a une licorne

dans le jardin. »

James Thurber -1939-

 

 

 

Le dessin animé

 

* *

Une traduction 

Un beau matin, un homme assis devant son petit-déjeuner quitta des yeux ses œufs brouillés pour voir qu’une licorne blanche avec une corne d’or au milieu du front paissait paisiblement les roses du jardin. L’homme se rendit dans la chambre à coucher où sa femme dormait encore et la réveilla. « Chérie, il y a une licorne dans le jardin, dit-il. Elle est en train de manger les roses. » Sa femme ouvrit un œil hostile et le regarda. « La licorne est un animal mythique », dit-elle, et elle lui tourna le dos. L’homme descendit lentement les marches qui conduisaient au jardin. La licorne était toujours là. A présent, elle broutait les tulipes. « Tiens, licorne », dit l’homme et il arracha un lys qu’il lui tendit. La licorne le mangea d’un air grave. Le cœur plein d’allégresse parce qu’il y avait une licorne dans son jardin, l’homme remonta au premier et tira à nouveau sa femme de son sommeil. « Chérie, la licorne, dit-il, a mangé un lys. » Sa femme s’assit dans son lit et le regarda froidement. « Tu es dingue, dit-elle, et je vais t’expédier dans une maison de dingues. » L’homme, qui n’avait jamais beaucoup aimé les mots « dingue » et « maison de dingues », et qui les aimait d’autant moins par un matin ensoleillé où il y avait une licorne au jardin, réfléchit un instant. « Nous verrons », dit-il. Il regagna la porte. Puis il retourna au jardin regarder la licorne, mais la licorne était partie. L’homme s’assit au milieu des roses et s’endormit.
Dès que son mari eut quitté la maison, la femme se leva et s’habilla aussi vite que possible. Elle était tout excitée, elle avait le regard triomphant. Elle téléphona à la police puis à un psychiatre ; elle leur demanda de venir chez elle immédiatement et d’apporter une camisole de force. A leur arrivée, les policiers et le psychiatre prirent place dans des fauteuils et la regardèrent avec grand intérêt. « Mon mari, dit-elle, a vu une licorne ce matin. » Les policiers regardèrent le psychiatre et le psychiatre regarda les policiers. « Il m’a dit qu’elle a mangé un lys », dit-elle. Le psychiatre regarda les policiers et les policiers regardèrent le psychiatre. « Il m’a dit qu’elle a une corne en or au milieu du front », dit-elle. Sur un signe du psychiatre, les policiers bondirent de leur fauteuil et s’emparèrent de la femme. Ils eurent du mal à la maîtriser car elle leur opposait une résistance farouche, mais à la fin ils y parvinrent. Au moment où ils lui passaient la camisole de force, le mari rentra à la maison.
« Avez-vous dit à votre femme que vous avez vu une licorne ? » lui demandèrent les policiers. « Non, bien sûr, répondit le mari. La licorne est un animal mythique. » « C’est tout ce que je voulais savoir, dit le psychiatre. Emmenez-la. Monsieur, je suis désolé, mais votre femme est folle à lier. » Ils l’emmenèrent donc, toute jurante et hurlante, et l’enfermèrent dans une institution. Le mari vécut heureux pendant très longtemps.

La morale de l’histoire : gardez pour vous vos idées farfelues tant qu’elles ne sont pas au point.

 

 

 


 

 Quelques mots sur Thurber.

 

James Thurber (1894-1961) est un éditorialiste, humoriste et écrivain américain.

Ses ouvrages en langue française sont difficiles à trouver, à l’exception peut-être de La Dernière fleur, parabole en image traduit en 1952 par… Albert Camus !


Dans son œuvre particulièrement prolifique, « La Vie secrète de Walter Mitty » est sans doute la plus célèbre, en tout cas, la plus connue. Le recueil compte vingt-trois nouvelles et six fables animalières ; il présente des personnages fantasques et naïfs empêtrés dans des situations d'une absurdité cosmique comique. Tel Walter Mitty, le héros de la nouvelle dont est tirée le titre, qui après avoir roulé en silence jusqu'à Waterbury et déposé sa femme chez le coiffeur, part faire quelques courses et se jette dans des divagations toutes plus loufoques les unes que les autres. Devenant tour à tour capitaine de navire, médecin ou tireur d'élite, il nous place en témoin privilégié de ses vies secrètes.

 

Rappelons que cette nouvelle délirante et si réelle à la fois fut lue (par Jean Rochefort, si notre souvenir est exact) au cours de l’émission La Grande Librairie, à laquelle nous avons déjà fait référence et dont nous avons indiqué les liens internet.

 


 

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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans poésies étrangères
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commentaires

Nuageneuf 20/05/2012 09:52


Bonjour JPR,


 


Bienvenue sur Nuageneuf et merci beaucoup pour vos encouragements ! A très bientôt, vous êtes ici chez vous.

Jean-Paul Raffel 19/05/2012 12:50


Merci pour ce spages emplies d'humour, de poésie, de culture. 


A bientôt. 
JPR 

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