Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 06:39

 

 

 

 

La Naissance

Trois fois trois jours la cloche des douleurs t’éveilla et ton visage prit la couleur qui m’avertissait. Toute ta chair se hâtait vers ce dernier travail.

L’éternel miracle était encore une fois à notre porte.

La grande poussée victorieuse libéra le poisson tout luisant de sa mère. Il était là, dangereux à tenir, et nous ne savions pas s’il était déjà lui ou encore nous.

C’est alors que nos yeux se reconnurent. Nous échangeâmes nos joies d’avoir mené la tâche, nos vigueurs d’avoir résisté à d’autres tentations, nos confiances de nous connaître.

Notre poisson restait là, endormi, après le grand effort de ses poumons et nous ne savions pas encore si son âme était arrivée.

 

Gabriel COUSIN

 

Ces poèmes extraits de divers recueils sont inclus dans l'anthologie Dérober le feu

 

 

dali-Enfant-geopolitique-observant-la-naissance-de-l-homme-.jpg

DALI

Enfant géopolitique observant la naissance de l'homme nouveau 


Partager cet article

Repost 0
Published by Nuageneuf http://nuageneuf.over-blog.com/ - dans COUSIN Gabriel
commenter cet article

commentaires

Nuageneuf 13/03/2013 17:55


 


 


Votre témoignage vibrant, chère Célestine, ne soutient aucun commentaire
de ma part, ou de notre part, minuscules hommes que nous sommes et que nous resterons à jamais. 


 



Celestine 13/03/2013 17:23


La naissance est un mystère complet et divin que j'ai eu la chance et le bonheur  de vivre trois fois, et de toutes mes fibres. Je veux dire sans le secours de techniques anesthésiantes. Et
les mots sont de bien pâles relais de l'émotion qui étreint une mère au moment d'arracher de son corps une partie de soi dont elle gardera toujours au fond d'elle l'empreinte comme celle d'une
main dans le plâtre frais de l'espérance originelle.

Nuageneuf 13/03/2013 16:01


 


Bonjour et bienvenue Stella !


 


Merci de l'intérêt que vous portez à Gabriel Cousin et à sa poésie. Votre commentaire éclaire d'un jour différent ce poème en prose.


Tout comme d'ailleurs l'époustoufflante toile de Dali qu'il onvient de bien détailler tant elle nous ébranle.


Revenez souvent, vous êtes ici chez vous.


 


 





 


 

Stella No. 12/03/2013 09:18


Ces deux oeuvres donnent vraiment une vision très réaliste de ce que sont l'accouchement et la naissance.


La première sur un versant plus doux, et plus dans la découverte de ce que c'est que de donner la vie. Je trouve très juste cette phrase: "nous ne savions pas si il était déjà lui ou encore
nous".


La second exprime plutôt le déchirement (de l'acte évidemment) mais aussi de la séparation. Cette extipation sauvage et brutale que l'on ne peut contenir. Parce qu'au fond, la naissance c'est
beau, mais pour la femme, avoir son enfant pour soi et en soi, c'est magnifique aussi. Il nous appartient jusqu'à la naissance et personne ne peut nous en séparer jusque là.


Très bel article!

Présentation

  • : nuageneuf.over-blog.com
  • : Poésie, Poésie pour enfant, Poésie pour la jeunesse, Textes classiques et modernes, Mémoire de la Shoah,
  • Contact

Recherche

Pages