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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 08:02

 

 

Elisabeth de Fontenay donne chaque dimanche après-midi une bien agréable émission sur France Inter, Vivre avec les bêtes. Elle y lit entre autres des textes de grands auteurs en relation avec le monde animal (Pascal, Montaigne, Yourcenar etc…). Le générique de l’émission est La Truite de Schubert dont voici une version coquine chantée par les Frères Jacques sur des paroles de Francis Blanche

 

 

 

 

 

 

 

 

Le complexe de la truite

Paroles de Francis Blanche

 

 

Elle était jeune fille

Sortait tout droit de son couvent

Innocente et gentille

Qui n'avait pas seize ans

Le jeudi, jour de visite,

Elle venait chez ma mère

Et elle nous jouait la Truite

La Truite de Schubert

 

Un soir de grand orage

Elle dut coucher à la maison

Or malgré son jeune âge

Elle avait de l'obstination

Et pendant trois heures de suite

Au milieu des éclairs

Elle nous a joué la Truite

La Truite de Schubert

 

On lui donna ma chambre

Moi je couchai dans le salon

Mais je crus bien comprendre

Que ça ne serait pas long

En effet elle revint bien vite

Pieds nus, dans les courants d'air

Pour me chanter la Truite

La Truite de Schubert

 

Ce fut un beau solfège

Pizzicattis coquins

Accords, trémolos et arpèges

Fantaisie à quatre mains

Mais à l'instant tout s'agite

Sous l'ardent aiguillon de la chair

Elle, elle fredonnait la Truite

La Truite de Schubert

 

Je lui dis: Gabrielle

Voyons, comprenez mon émoi

Il faut être fidèle

Ce sera Schubert ou moi

C'est alors que je compris bien vite

En lisant dans ses yeux pervers

Qu'elle me réclamait la suite

La suite du concert

 

Six mois après l'orage

Nous fûmes dans une situation

Telle que le mariage

Était la seule solution

Mais avec un air insolite

Au lieu de dire oui au maire

Elle lui a chanté la Truite

La Truite de Schubert

 

C'est fou ce que nous fîmes

Contre cette obsession

On mit Gabrielle au régime

Lui supprimant le poisson

Mais par une journée maudite

Dans le vent, l'orage et les éclairs

Elle mit au monde une truite

Qu'elle baptisa Schubert.

 

A présent je vis seul

Tout seul dans ma demeure

Gabrielle est partie et n'a plus sa raison

Dans sa chambre au Touquet elle reste des heures

Auprès d'un grand bocal où frétille un poisson

Et moi j'ai dit à Marguerite

Qui est ma vieille cuisinière

Ne me faites plus jamais de truite

Ça me donne de l'urticaire.

 

 

 

Le-Touquet--sunset-.JPG

Gabrielle, vue de sa chambre au Touquet

 

 


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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans Poésies diverses
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commentaires

Leegbirt 10/08/2014 11:53


Bonjour,


Voici l'histoire d'un 1° avril, époque où j'exercais le métier de garde-pêche au conseil supérieur de la pêche. J'avais constaté que la chanson comportait une infraction à la loi pêche.
J'imaginais donc le maestro diriger une partie de pêche sur l'une des plus belles rivières du département de la Drôme afin de rédiger un (vrai) pv pour le 1° avril. Pv que j'envoyais
officiellement aux administration!


http://motzigane.over-blog.com/2014/02/la-truite-de-schubert.html

Nuageneuf 31/10/2011 15:35






Par ces temps tourmentés de crise de la dette et autres menus plaisirs, vivre au rythme d’un poème par jour est un luxe dont il est bien agréable de ne pas se priver. Et à tant faire, autant le
partager, non ? Le plaisir et les poèmes.


 


Pour ce qui est de La belle vie calamiteusement interprétée, j’ai appris que l’auteur du massacre allait prochainement récidiver. Je ne manquerai pas,
cher Patrick, de vous réserver la primeur des premières interprétations, en vertu du principe que le pire n’est jamais certain.



Patrick Mandon 30/10/2011 18:27



Charpentreau, Norge, Reverdy, Francis Blanche… Vraiment, Nuageneuf est le plus beau salon de poésie, le plus finement élaboré, qui se puisse lire sur les vagues du Ouèbe. Quant à Elisabeth de
Fontenay, je me réjouis qu'une philosophe se penche avec amitié sur les animaux. J'aime qu'une intellectuelle aussi raffinée considère la détresse animale.
Cher JMT, je ne me lasserai pas de le dire : si j'excepte le choix calamiteux de l'interprétation de la chanson La belle vie, que vous fîtes il y a quelque temps, et sur laquelle je n'aurai pas
la cruauté d'insister, mais que je me dois de rappeler néanmoins, je déclare que vous êtes un homme du meilleur goût.



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