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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 07:04

 

 

 

Comprenne qui voudra

 

 

En ce temps là, pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait des filles.

On allait même jusqu’à les tondre.

 

 

 

Comprenne qui voudra

Moi mon remords ce fut

La malheureuse qui resta

Sur le pavé

La victime raisonnable

À la robe déchirée

Au regard d’enfant perdue

Découronnée défigurée

Celle qui ressemble aux morts

Qui sont morts pour être aimés

Une fille faite pour un bouquet

Et couverte

Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante

Comme une aurore de premier mai

La plus aimable bête

Souillée et qui n’a pas compris

Qu’elle est souillée

Une bête prise au piège

Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme

Voudrait bien dorloter

Cette image idéale

De son malheur sur terre.

 

Paul Eluard in Au Rendez-vous Allemand, 1944

 

 

 

 

 

Paul Eluard avait primitivement publié ce poème in Les Lettres françaises du 2 décembre 1944, avec ce commentaire :

 

 "Réaction de colère. Je revois, devant la boutique d'un coiffeur de la rue de Grenelle, une magnifique chevelure féminine gisant sur le pavé. Je revois des idiotes lamentables tremblant de peur sous les rires de la foule. Elles n'avaient pas vendu la France, et elles n'avaient souvent rien vendu du tout. Elles ne firent, en tous cas, de morale à personne. Tandis que les bandits à face d'apôtre, les Pétain, Laval, Darnand, Déat, Doriot, Luchaire, etc. sont partis. Certains même, connaissant leur puissance, restent tranquillement chez eux, dans l'espoir de recommencer demain".

 

 


 

 

Liberte-F.Leger-1953.jpeg

 

Fernand Léger illustrera des poèmes de Paul Eluard. Ici en 1953.

 

Éluard et Léger se sont rencontrés après la Seconde Guerre mondiale. Plus encore que leur engagement politique – ils étaient tous les deux membres du parti communiste – ils avaient en commun l'aspiration à la sincérité. La quintessence de leur amitié se manifestait également sur le plan artistique: Léger peignit en 1947 un portrait d'Éluard. Ce dernier écrivit à son tour pour Léger les poèmes Les constructeurs et A Fernand Léger. A la suite de quoi Léger illustra, en 1953, l'édition en accordéon du poème d'Éluard Liberté, j'écris ton nom.

 

 


 


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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans ELUARD Paul
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