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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 10:10

 

 

Commentaire posté ce matin par Axel.

« Mémoires de guerre » (tome 3) fut infligé à ma fille en classe de terminale en.....  littérature.

Cela avait fait couler à l’époque pas mal d’encre (virtuelle pour l’essentiel)....
« La littérature en phase terminale... » titrèrent certains...

http://www.lettresvolees.sitew.com/La_polemique.H.htm#La_polemique.H

Commentaire n°1 posté par Axel aujourd'hui à 10h13 

 


Cher Axel,

Merci de votre réaction et de l'attention bienveillante que vous portez aux publications de Nuageneuf. Voici une copie du billet consacré à ce sujet il y a juste deux ans, en juin 2010, lorsque "l'affaire" éclata !

 

N’ayant pas trouvé en son temps les mots acides pour exprimer notre réprobation aux profs assez stupides ou incultes pour avoir "sauté comme des cabris sur leurs fauteuils" en criant « c’est pas un écrivain ! c’est pas un écrivain ! c’est pas un écrivain ! », nous citons avec ravissement un article de Jérôme Garcin qui remet les clepsydres à la bonne heure !

 

 

De Gaulle n'était pas seulement un écrivain, c'était aussi un homme de lettres.


Il s'est récemment trouvé un régiment d'enseignants pour dénier au général de Gaulle le titre d'écrivain et pétitionner afin que ses « Mémoires de guerre », assimilés à un ouvrage de « propagande », ne figurent pas au programme du bac. Les mêmes voulurent voir dans cette inscription une preuve d'allégeance au pouvoir actuel alors que ces Mémoires sont, par leur ambition historique, leur lyrisme patriotique, leur morale et leur style grand siècle, comme une insulte prospective au sarkozysme.

Ce fut donc le débat le plus vain et le plus creux du printemps. Un de ces débats qui font rire les étrangers et dont seule la France a le secret. De Gaulle n'était pas seulement un écrivain, convaincu qu'on peut et doit gouverner par le verbe, c'était aussi un homme de lettres.

Il suffit, pour s'en convaincre, de feuilleter les deux premiers volumes de « Lettres, notes et carnets » du général de Gaulle (Bouquins, 32 euros chacun). Pas un brouillon qui ne soit (presque trop) bien écrit. Pas une page sans que, depuis son plus jeune âge, il n'en appelle à Virgile, Vauvenargues, Chateaubriand, Péguy ou Bernanos. Pas un moment où il ne cherche la compagnie, épistolaire ou réelle, de Malraux, Mauriac, Gary ou Kessel. Et l'on attend avec impatience le troisième tome (parution en octobre), qui couvrira les années 1958-1970.

Le préfacier, Jean-Luc Barré, nous promet une correspondance passionnée avec Pierre Jean Jouve (« Votre poésie est songe et profondeur ; il n'est que de s'y livrer »), lequel initie de Gaulle à Hölderlin ; avec Jean Cocteau, qui agonise en écrivant : « Mon général, je vais mourir et je vous aime » ; ou encore avec le jeune Le Clézio, 23 ans, dont le vieux président vient de lire « le Procès-verbal » : « A moi, qui suis au terme, vous écrivez que "le pouvoir et la foi sont des humilités". A vous, qui passez à peine les premiers ormeaux du chemin, je dis que le talent, lui aussi, en est une. » Cela ferait un très bon sujet de bac.

Jérôme Garcin

                      *             *             *

Dans la même lignée :

 

« Nous soussignés, premier échantillon d'un millier de signatures actuellement rassemblées, saluons solennellement le Syndicat National des Enseignements du second degré férocement opposé à l'inscription des Mémoires de guerre du Général de Gaulle au programme du bac littéraire.

Par son geste, cet organisme apporte à notre histoire et à notre culture une contribution si exceptionnelle, et à notre jeunesse un tel exemple d'ouverture, que nous sommes heureux, au nom du peuple français, de lui décerner le Bonnet d'âne national 2010 avec palmes (académiques), y joignant la citation légèrement modifiée d'une des plus admirables litotes de la langue française écrite par de Gaulle dans le Fil de l'Epée  et dans laquelle nous avons simplement substitué au mot « militaires » le mot « professeurs » : il est vrai que parfois, les professeurs, s'exagérant l'impuissance relative de l'intelligence, négligent de s'en servir.

 André Brincourt, Francois Broche, Marie Berneron, Jean-Marie Borzeix, Eric Deschodt, Jean-Paul Caracalla, Jean-Sebastien de Halleux, Pascale de La Loge, Françoise Sauvage, Christian Sevestre, Mathieu Walter, Georges Walter etc etc...»

 




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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans billets
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Nuageneuf 18/06/2012 15:53


Cher Axel,


 


Merci de votre franchise et du ton courtois employé dans votre argumentation. Ce dialogue fut enrichissant sans être emporté et c'est bien.


 


Avec mes amitiés


 


 

Axel 17/06/2012 13:28


C’est me faire trop d’honneur, cher Nuageneuf, que d’exhumer un ancien billet juste pour me répondre.

Je crains que sur ce sujet nos appréciations soient irréconciliables.
A l’époque je n’ai pas dû signer cette pétition, car je ne signe plus ces appels qui ne servent, au final, qu’à se donner bonne conscience à peu de frais. Ceci dit, j’avais trouvé inique un tel
choix...

Charles de Gaulle écrivain ? Oui, dans la mesure où il a écrit ses livres. Cependant, lire de grands auteurs, ne fait pas de soi un écrivain inoubliable pour autant.

Fallait-il mettre les « Mémoires de guerre » au programme de littérature en terminale L. Evidemment non. Ne serait-ce qu’au motif qu’il y a tant d’œuvres de premier plan et que les élèves (même
en L) lisent si peu. Ce fut là un véritable gâchis...

Sur l’aspect de propagande idéologique à choisir ces « Mémoires... », évidemment que cette dimension était présente.

Enfin, je viens de faire une petite expérience (ma fille n’ayant pas réussi à refourguer le livre), celle d’ouvrir une page au hasard, prendre le premier paragraphe et lire... Cela donne :

« Si, du côté britannique, il ne s’était réellement agit que d’obtenir le ‘cessez-le-feu’, on s’en serait tenu là. Mais on voulait bien autre chose. C’est pourquoi, Londres, apprenant que les
Français avaient décidé de suspendre l’emploi des armes, se hâta de déployer une mise en scène d’avance préparée en vue d’infliger à la France une humiliation publique. M. Churchill, évidemment
informé de la fin du combat à Damas, allait lancer, après coup, un menaçant ultimatum.... ». (P 229) Etc.

A chacun le soin de juger de la teneur littéraire de cette chronique....

Mais il est normal que les appréciations puissent diverger sur un tel sujet. Ce qui ne m’empêche pas de vous souhaiter un excellent dimanche, alors que le soleil perce enfin le gris du ciel.

Très cordialement

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