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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 06:17

 

 

 

 

L'invitation au voyage

 

 

 

Mon enfant, ma soeur,

Songe à la douceur

D'aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir,

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.

 

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

 

 

Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre ;

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Aux vagues senteurs de l'ambre,

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds,

La splendeur orientale,

Tout y parlerait

À l'âme en secret

Sa douce langue natale.

 

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

 

 

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l'humeur est vagabonde ;

C'est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu'ils viennent du bout du monde.

- Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D'hyacinthe et d'or ;

Le monde s'endort

Dans une chaude lumière.

 

 

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

 

 

Charles BAUDELAIRE

 

 

Matisse.-Luxe--calme-et-volupte-1904-05.jpg

 

Henri MATISSE

Luxe, calme et volupté, 1904-1905

©Musée d'Orsay

 

 

 


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Published by Nuageneuf nuageneuf - dans BAUDELAIRE Charles
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commentaires

Nuageneuf 30/04/2013 13:51


 


Chère Célestine, "C'est ben vrrrai, ça !' disait la mère Denis. 

Celestine 28/04/2013 18:42


C'est pourtant vrai que jamais ça ne nous lâche!

Nuageneuf 11/03/2013 10:36


 


Cher Endeuxmots,


 


La fougue du jeune Werther nous renvoie à nos chères études et à la candeur de nos sentiments en construction. Tout comme Novalis et Die Blaue Blume. Nostalgie passagère. 


Le romantisme est une vaste foutaise dont on ne peut se passer. Ou plutôt qui, quelque âge nous atteignons, ne nous lache jamais. On a l'air malin avec ça !


 


 

endeuxmots 10/03/2013 17:25


Eternel désir ...


"Mon enfant, ma soeur,


Songe à la douceur


D'aller là-bas vivre ensemble."


Goethe, sage philosophe, fit dire à Werther : 


"Nous courons, nous volons; mais hélas ! quand nous y sommes, quand le lointain est devenu proche, rien n'est changé, et nous nous retrouvons avec notre misère, avec nos étroites limites ; et de
nouveau notre âme soupire après le bonheur qui vient de lui échapper."


Pourtant nous ne nous résignons pas et l'âge ne nous guérit pas. 

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