Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 07:46

Ambivalence dans ce chant de rupture, celle d'Apollinaire et de Marie Laurencin : fluidité de l'eau, fixité de la pierre ? Ambivalence des mots : "Et comme l'espérance est violente" où violente peut s'entendre "vie - eau - lente " ?

 

 

 

Le pont Mirabeau 

 

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé 
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

 

Guillaume Apollinaire in Alcools - 1912 -

 

 

marie-laurencin-copie-1.jpg

Illustration : Marie Laurencin. Le pont, 1940.


 

Note :

Paul Celan s'est suicidé le 20 avril 1970 en se jetant dans la Seine. Plusieurs biographes pensent qu'il se serait jeté du pont Mirabeau.

Par nuageneuf - Publié dans : APOLLINAIRE Guillaume
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